Splendeur du mobilier russe: la vie est ailleurs
Le Groupe de poésie moderne (GPM) nous convie à son nouveau coup d’éclat: Splendeur du mobilier russe. Une quête d’un lieu imaginaire où il est question de Tolstoï, de Dostoïevski, de Gilles Vigneault et… de la station Berri-UQAM!
Pas féru des entrevues à plusieurs, où tout le monde souhaite parler sans que finalement aucune véritable rencontre n’ait lieu, l’auteur de ces lignes avait refusé cette proposition et programmé une entrevue avec une des comédiennes de la troupe, Sophie Faucher. Qu’à cela ne tienne, elle s’est pointée au café du Mile-End avec deux de ses camarades comédiens de cette pièce qui en compte cinq. «On s’impose à toi», a lancé le néanmoins sympathique Christophe Rapin, tandis que Larissa Corriveau se chargeait des breuvages.
Christophe, qu’est-ce que le Groupe de poésie moderne?
C’est la rencontre de deux auteurs, Benoit Paiement et Bernard Dion, au cours d’un marathon d’écriture en 1993. Comme ils se faisaient rire mutuellement, ils ont décidé d’écrire ensemble. Un troisième larron s’est pointé, le metteur en scène Robert Reid. Il a fait lire ces nouvelles créations à des acteurs et le GPM a commencé à offrir des présentations publiques. Les acteurs étaient tous vêtus de noir, feuilles en main, et ne faisaient aucun geste. C’était de la performance vocale. Puis, les choses ont évolué vers ce qu’on appelle la biomécanique. Une technique d’organisation du corps en scène qui évite les gestes de la quotidienneté, comme se passer les mains dans les cheveux. Cela privilégie une théâtralité corporelle. Tout geste est calibré comme l’est la parole, ce qui crée une mécanique d’horlogerie. Le texte est très construit.
Larissa, quel est le sujet de la pièce Splendeur du mobilier russe?
On va utiliser les archétypes d’une Russie grandiose révolue et s’en servir comme véhicule nous conduisant vers un lieu d’élévation spirituelle et poétique. De là la «splendeur du mobilier russe». Non, on ne parle pas de Limonov (personnage popularisé par le roman du même titre), mais il y a une référence à Laïka, la chienne qui fut envoyée dans l’espace par les Soviétiques. (Rires)
Sophie, pourquoi avez-vous décidé de vous joindre au GPM?
Quand je suis allée les voir pour la première fois, il y a quatre ou cinq ans, dans une pièce articulée autour de Borduas, je n’avais aucune attente, mais j’ai reçu ça comme une bombe. Je n’avais pas tout saisi, alors j’y suis retournée et j’en suis ressortie euphorique. Je suis allée féliciter les comédiens, que ne je connaissais pas, puis je suis rentrée chez mois sur un high! Je suis extrêmement heureuse et reconnaissante d’avoir pu me joindre à eux, car je vis tant d’émotions que cela m’aide à passer l’hiver.
Splendeur du mobilier russe
À l’Espace libre
De ce soir au 21 février