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Midnight special: Le plaisir dans les zones d’ombre

Photo: warner Bros
Matt Prigge - Metro World News

Kirsten Dunst parle de son personnage dans Midnight Special et de la raison pour laquelle même des rôles sombres sont chouettes à jouer.

Pour jouer un personnage aux nombreuses zones d’ombre, Kirsten Dunst n’a pas besoin de traverser elle-même une période plus difficile. «C’est ça qui est drôle, dit-elle à Métro. Pour bien interpréter un personnage qui vit une période difficile, il faut vraiment être dans une bonne passe soi-même. Je crois que mon meilleur travail, je l’ai effectué quand j’allais vraiment bien.»

L’actrice n’a même pas trouvé si difficile de jouer son rôle le plus sombre à ce jour – la femme en dépression qui se réjouit de la venue de l’apocalypse dans Melancholia, de Lars Von Trier. «Je me suis beaucoup amusée durant le tournage Melancholia. Je vous assure! J’étais si reconnaissante de tenir ce rôle incroyable et  de travailler avec un cinéaste fantastique!»

Une gratitude qu’elle ressent aussi à propos de Midnight Special, drame de science-fiction de Jeff Nichols (Mud). Elle y joue Sarah, une ancienne membre d’une secte séparée depuis deux ans de son jeune fils (joué par Jaeden Lieberher). Ce dernier a des pouvoirs mystérieux, ce qui le rend intéressant aux yeux du gouvernement et des fanatiques religieux. Une fois réunis, Sarah et son fils prennent la route – avec le père du petit (Michael Shannon) et son ami (Joel Edgerton) – afin d’aider l’enfant à accomplir son étrange destinée, qui pourrait le forcer à quitter ce monde pour toujours.

Dunst, qui a maintenant 33 ans, a déjà mentionné son désir de fonder une famille, mais ce n’est pas ce qui l’a inspirée quand est venu le temps de jouer une mère.

«Je ne pensais pas du tout à ça en acceptant ce rôle. Ce n’est pas du tout ce type de sentiment qu’éprouve mon personnage. Elle a un fils qu’elle n’a pas vu depuis deux ans, explique-t-elle. J’avais assez d’autres éléments de ma propre vie où puiser matière à m’identifier à ses émotions. J’ai pensé à ceux qui me sont chers. Nous vivons tous des épreuves immenses dans la vie – des décès dans la famille, tout ça. J’essaie de ne pas penser au fait que je vais mourir un jour. Mais peut-être que quand j’aurai des enfants, j’y penserai davantage.»

Dunst a aussi dû exprimer les émotions de son personnage sans beaucoup de paroles. Sarah est une femme de peu de mots, et il faut observer son visage – ravagé et sans maquillage («ce n’était pas le moment d’être vaniteuse, c’est certain», blague l’actrice)  – pour deviner ce qu’elle pense.

«Je suis comme une actrice de films muets dans ce film, sourit la comédienne. J’adore ne pas parler dans les films. Qui parle tant que ça dans la vie, de toute façon? Pas moi; c’est un peu épuisant de parler tout le temps.»

Sarah n’arrive qu’une quarantaine de minutes après le début de Midnight Special, quand elle est réunie avec son fils, et son histoire malheureuse est seulement sous-entendue.

«Elle est comme une sainte à mes yeux, dit Kirsten Dunst. Elle a dû endurer toute cette douleur, elle a été loin de son enfant pendant deux ans, et elle ne peut en parler avec personne. Elle doit vivre dans un purgatoire jusqu’à ce qu’elle le retrouve. Puis, elle doit être forte pour lui. Elle n’est pas poussée par la colère. Elle a beaucoup de grâce, comme j’en ai vu seulement chez des gens qui ont connu de grands traumatismes dans leur vie et qui ont réussi à s’en sortir.»

Midnight Special est un peu un ovni dans le paysage cinématographique : un film tourné en studio, avec une base de science-fiction, mais qui se concentre sur les personnages plutôt que sur l’action. Le rythme n’est pas effréné, et plusieurs éléments-clés et gros morceaux d’information sont tenus secrets jusque vers la fin du film. Le cinéaste fait confiance au public pour que celui-ci mette en place les pièces du puzzle peu à peu.

«Ce n’est pas un film de science-fiction déprimant ou un truc sanglant de carnage d’extra-terrestres, c’est plutôt un film où il faut mériter de connaître les personnages. Ça soulève beaucoup de questions sur la spiritualité. Pour moi, c’est ce qui fait un grand film», soutient Kirsten Dunst, qui reconnaît que la plupart des films aujourd’hui ne sont pas comme ça, et que c’est entre autres à cause du succès d’une franchise à laquelle elle a pris part dans la décennie précédente, Spider-Man. «Tout ce qu’on voit maintenant, ce sont des films de superhéros ou des films pour enfants», remarque-t-elle.

«Je suis comme une actrice de films muets dans Midnight Special. J’adore ne pas parler dans les films. Qui parle tant que ça dans la vie, de toute façon? Pas moi; c’est un peu épuisant de parler tout le temps.» -Kirsten Dunst, dont le personnage dans Midnight Special a peu de dialogues

L’importance d’être vue
Pourtant, l’actrice est réfractaire à l’idée de diluer son travail dans trop de petits films. «Personnellement, je trouve ça  difficile de m’engager dans des films indépendants, explique-t-elle. Parfois, vous travaillez très fort, vous n’êtes pas vraiment payé, et personne ne voit le résultat. Les temps sont durs pour le cinéma indépendant, c’est sûr. J’aime mieux travailler pour la télévision et savoir que les gens voient ce que je fais.»

C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles on l’a vue dans la deuxième saison de Fargo, dans un rôle qui lui a valu une nomination aux Golden Globes, celui de Peggy Blumquist. Ce ne fut pas de tout repos, mais elle a quand même été triste de dire au revoir à Peggy après seulement 10 épisodes.

«Honnêtement, dit-elle, c’était un rôle tellement formidable que j’aurais pu continuer à le jouer longtemps!»

Midnight Special
En salle vendredi

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