Arts et spectacles

«Être actrice, c’est être humaine et plonger dans des émotions qui t’appartiennent pas»

À bientôt 20 ans, Aurélie Arandi-Longpré a déjà 8 ans d’expérience devant la caméra.
À bientôt 20 ans, Aurélie Arandi-Longpré a déjà 8 ans d’expérience devant la caméra. Photo: Gracieuseté, Émilie Hébert

Elle n’avait que huit ans lorsqu’elle a dit à sa mère: «J’aimerais ça être dans la télé.» Douze ans plus tard, Aurélia Arandi-Longpré a fait de la comédie son métier.

La jeune femme, qui aura bientôt 20 ans, vient de décrocher deux gros rôles pour des productions dont les tournages sont prévus cet automne. Si jusqu’ici elle participait notamment à des publicités et à des séries, elle atteint là un nouveau palier.

«Ce qui m’intéresse, c’est me découvrir en tant qu’actrice, aller vers des rôles différents de ce que j’ai fait, me découvrir moi-même», explique Aurélia, en entrevue avec Métro.

Lucide, elle reconnaît que c’est un métier qui vient avec beaucoup de déceptions, un métier de compétition et de travail acharné. D’autant qu’elle a commencé à évoluer dans ce milieu à un jeune âge. «C’était difficile pour l’orgueil, la confiance en soi et mon estime», indique la comédienne.

Car avant les succès, comme avec la série Les Mutants, elle a connu des bas. «La première année a été difficile, avec beaucoup de refus. […] Ça me faisait beaucoup douter de mon talent. Avec le temps, j’ai compris que des détails tellement bénins peuvent compter. Aujourd’hui, j’apprends à m’en détacher. Avec le temps, j’ai appris à ne pas douter de moi», déclare Aurélia avec simplicité.  

Jusqu’à maintenant, elle est apparue dans près d’une quinzaine de séries, à la télévision québécoise notamment.

Se plonger dans un personnage

«J’ai atteint un certain niveau, mais je considère que tu peux toujours te dépasser en tant qu’actrice», considère la jeune femme.

Aurélia aborde sa carrière avec un enthousiasme débordant. «Mon travail, c’est d’incarner n’importe qui. J’aime avoir des rôles plus loin de ma personnalité, ça demande un plus grand travail et me permet d’évoluer en tant qu’actrice», souligne la comédienne.

Être actrice, c’est être humain et plonger dans des émotions qui t’appartiennent pas.

Aurélia Arandi-Longpré

Et il peut parfois être dur de sortir du personnage quand on dit «coupez». «Ça m’est arrivé de continuer de pleurer, car j’étais encore dans l’émotion. Pour qu’un rôle soit vraiment incarné, il faut que tu vives comme le personnage, que tu te mettes dans un état désagréable», précise la jeune de 19 ans.

L’important reste de «ne pas ramener les émotions chez [soi]». Un parallèle qu’Aurélia fait avec le métier de travailleuse sociale qu’elle étudie au cégep Marie-Victorin. «Ce sont deux carrières qui se rejoignent. Dans les deux, il faut faire preuve de beaucoup d’empathie», fait-elle valoir.

À la rentrée, elle entrera dans sa 4e année. Elle souhaite ainsi avoir un plan B, consciente de l’instabilité inhérente à sa profession.

Un bon entourage

Devant la caméra depuis ses 11 ans, Aurélia Arandi-Longpré a dû jongler entre l’école et ses activités comme actrice.

Si de manière générale, sa scolarité s’est toujours bien déroulée, certains de ses professeurs ont pu considérer que le fait de rater et de devoir rattraper les cours «est de [sa] faute».

«Je leur démontre ma volonté, je préviens à l’avance», notamment pour les examens, qu’elle passe parfois en avance.

Quelle est sa plus grande source d’inspiration? «C’est probablement ma famille. Ça peut paraître abstrait, mais j’en suis très proche. Il y a eu plusieurs personnes qui ont eu un passé difficile et qui ont fait preuve de grande résilience. Ça m’apprend à passer par-dessus les obstacles», relate-t-elle. 

Entre ses nombreuses lectures, qui lui permettent de se plonger dans les émotions de personnages très divers, la jeune femme s’implique dans sa communauté. Dès son plus jeune âge, elle s’implique auprès de l’organisme Initiative 1,2,3 GO! de Rivière-des-Prairies, entre autres. Comme dans son métier, elle cherche l’humanité dans ce qu’elle fait. 

«C’est un beau quartier, jeune, vivant, c’est important que je puisse aussi aider. Un sourire, un peu d’aide, ça peut vraiment changer une journée.»

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