Plan B – Un tournant dans la carrière de Pierre-François Legendre
On devient acteur pour jouer des personnages comme celui de Mathieu Laforest dans Plan B, estime Pierre-François Legendre. L’acteur épate dans la peau d’un homme confronté à la mort et cherchant à dompter ses démons dans l’ultime chapitre de cette enlevante série mariant habilement drame psychologique et science-fiction.
Alors que les six épisodes de la saison finale de Plan B sont maintenant déposés sur ICI TOU.TV EXTRA pour visionnement en rafale, Pierre-François Legendre nous parle de cette expérience de tournage très marquante.
Le Carlos de sa Lyne-la-pas-fineavait déjà été gâté en termes de rôles marquants au petit écran, avec, à son curriculum vitae, des titres comme, outre Les Invincibles, 30 vies, Conseils de famille, Ruptures, Toute la vie, C’est comme ça que je t’aime, District 31, La confrérie et L’appel, entre autres. Mais il y aura un «avant» et un «après» Plan B dans la carrière de Pierre-François Legendre, le principal intéressé en est convaincu.
«Ce projet-là va s’inscrire à une belle place, confirme Pierre-François en entrevue avec Métro. Je l’ai pris très au sérieux. J’ai tout mis en œuvre pour ne pas prendre ça à la légère. J’ai travaillé physiquement, j’ai dit oui à toutes les propositions sans réfléchir. Je me suis lancé tête première avec les indications du réalisateur. J’avais vraiment l’impression de faire mon métier!»
«Souvent, quand on reçoit une convocation à une audition, une description de personnage, on le sait. Parfois, on m’appelle pour un rôle, et je sais que ce n’est pas moi que la production recherche. Mais ils veulent tester des choses ou attribuer d’autres personnages. Cette fois, je sentais que le personnage de Mathieu était pour moi», poursuit l’artiste, qui considère que Plan B est «sur son podium» des meilleures séries québécoises des 10 dernières années.
Très actuel, ce dernier volet aborde en outre des questions comme l’identité de genre et le masculinisme chez les ados, de même que le polyamour.
«Je ne pouvais pas croire que ça m’arrivait. Ça m’a pris quelques jours avant de réaliser. Les Invincibles m’ont ouvert les portes du métier, et ça, c’est un autre poteau dans ma carrière», décrète Pierre-François.
Des scènes émotives
Mathieu Laforest, qu’interprète Pierre-François Legendre dans Plan B, n’est pas un mauvais garçon, mais disons qu’on aurait parfois envie de lui envoyer un pied au derrière. Infidèle, ayant raté sa vocation d’auteur, aux prises avec un complexe d’infériorité, Mathieu fait beaucoup de mal aux gens qui l’aiment, sans le vouloir.
Heureusement, il a de belles et bonnes personnes autour de lui, comme la dévouée mère de ses deux fils (Madeleine Péloquin), sa nouvelle compagne dentiste (Catherine Chabot), son amante actrice (Ines Talbi), son père propriétaire d’un concessionnaire automobile qui l’a embauché (Louis-Georges Girard) et son frère, ex-joueur de hockey, star de la famille au grand cœur et pieux catholique (Alexandre Goyette). Ses adolescents, Zackary (Louis-Julien Durso) et Arno (Yoan Charbonneau), adorent leur papa, mais sont tous deux tourmentés.
Mathieu reçoit toute une claque au visage le jour où on lui diagnostique un anévrisme sévère qui écourtera prématurément sa vie. Il pourrait être opéré, mais dans quel état quitterait-il l’hôpital?
Le mi-quadragénaire prend alors la chance d’essayer cette mystérieuse entreprise qu’est Plan B. On connaît la suite: Mathieu est balancé dans la camionnette, revient dans le passé, refait beaucoup de choses différemment pour tenter d’influer son destin, et l’effet papillon fait son œuvre. Mais pas toujours de la bonne façon. Peut-on vraiment échapper à la mort lorsque l’heure est venue?
Le pauvre Mathieu traversera ainsi bien des tumultes, allant du désespoir à la sérénité, en passant par la colère, l’euphorie… et la prise de conscience. Une vaste palette d’émotions à incarner pour son interprète!
«Selon moi, c’est la saison de Plan B qui est la plus axée sur l’humain, affirme Pierre-François. Ayant moi-même un fils de 17 ans et un père avec qui ça s’est bien passé, la relation père-fils est ce qui me touche le plus dans l’histoire. C’était très confrontant pour moi, de lire les répliques de mon personnage, qui se demande s’il est le père dont ses enfants auraient eu besoin. Il ne fallait pas me laisser submerger.»
Un défi physique
Sans trop en révéler, on peut mentionner que Mathieu se retrouvera diminué physiquement au fil de la tempête. Pierre-François Legendre s’est également soigneusement préparé pour l’enregistrement de ces scènes, où son élocution est très affectée.
«J’ai rencontré une orthophoniste qui travaille avec des personnes ayant été victimes de traumatismes crâniens, d’anévrismes aux cerveaux. On a survolé les grandes lignes, la base. Moi, je me disais que mon personnage était rendu à un certain niveau dans sa réhabilitation. On a essayé toutes sortes de choses. On est toujours dans l’inconnu quand on fait ce genre de choses.»
Pierre-François Legendre est aussi de la distribution de la comédie théâtrale La pièce qui tourne mal, nouvellement à l’affiche au Théâtre du Nouveau Monde (TNM), et retrouvera à l’automne son micro de La gang du matin, au 107,3 Rouge, auprès de Patrice Bélanger et Marie-Josée Gauvin.
Adaptée depuis quelques années dans des pays comme la France, la Belgique et l’Allemagne, ainsi qu’au Canada anglais, la série Plan B est entièrement disponible dans l’onglet VÉRO.TV d’ICI TOU.TV EXTRA. Incluant les quatre premières saisons mettant en vedette Louis Morissette et Magalie Lépine-Blondeau, Sophie Lorain, Anne-Élisabeth Bossé et Pier-Luc Funk.
3 questions en rafale aux auteurs de Plan B
Nous avons questionné les auteurs de Plan B, Jacques Drolet et Jean-François Asselin, ainsi que le producteur Louis Morissette.
Pourquoi arrêter l’aventure Plan B après cinq saisons?
«On a l’impression d’être allés au bout de cette idée-là. Comme auteurs, c’est un privilège de décider de « tirer la plogue » soi-même, surtout avec tout ce qui se passe actuellement en télé au Québec. Plan B était aussi de plus en plus difficile à faire, financièrement. L’une des ambitions qu’on avait, c’était de revenir très loin dans le passé, ou encore de commencer en 2050 et revenir dans un passé qui serait aujourd’hui, mais on ne pouvait pas se le payer. Et on voulait préserver la qualité de cette émission-là.» – Jean-François Asselin.
Aspiriez-vous dès le début du projet à traiter de la mort comme ultime thématique?
«Notre thème est vraiment celui d’une dernière saison. Existe-t-il un thème plus ultime que celui-là pour Plan B? Le concept de se demander ce qu’on ferait si on savait qu’on allait mourir prochainement… On savait dès le début de Plan B qu’on allait finir avec le sujet de la mort.» – Jacques Drolet.
Peu importe la saison, la fin est souvent malheureuse pour vos personnages principaux. Alors, le service Plan B… il fonctionne ou pas?
«Quand les personnages reviennent en arrière, ils apprennent quelque chose qu’ils ne savaient pas, par rapport à la problématique qu’ils essaient de régler. De façon presque systématique, ils se découvrent faisant partie du problème. Au lieu de changer juste l’environnement, ils se rendent compte de leur apport dans leur propre problème.» – Jacques Drolet.
«Tu auras beau changer les événements, si tu ne changes pas ta façon de réagir aux choses, ta personnalité, tu ne régleras rien. En gros, c’est ça. Mais je trouve que cette saison, le personnage réussit sa mort, en quelque sorte. Il part en paix. J’ai l’impression qu’il a réglé ses dossiers. On a tous peur de mourir, mais nous, on voulait un personnage qui se demande comment tu finis par accepter de mourir. La réponse, c’est quand tu réussis à te détacher de ce qui te retient ici, de tes relations… Souvent, ce qui nous retient, ce sont des conflits, des affaires pas réglées.» – Jean-François Asselin.
«Si on devait retirer quelque chose des cinq saisons de l’épopée Plan B, c’est le rapport avec la jeunesse, les traces laissées par notre éducation, l’impact des parents sur nos vies. C’est au cœur de toutes les saisons et de chacun des personnages principaux.» – Louis Morissette.