Débats

Une invitation à faire la différence à l’éducation des adultes et à la formation professionnelle

Photo: izusek/iStock
Josée Scalabrini - Collaboration spéciale

Les élections municipales arrivent à grands pas, et ce palier démocratique est primordial pour la gestion des services de proximité. Bien que l’éducation des adultes et la formation professionnelle soient dans le champ de compétences du Québec, et non dans celui des municipalités, je me permets, avec un peu d’audace, de m’adresser aux milliers de candidates et candidats aux élections municipales afin de leur lancer une invitation. 

Et si vous alliez à la rencontre de vos électrices et électeurs qui fréquentent les centres d’éducation des adultes et de formation professionnelle de votre territoire? Vous pourriez sûrement y voir comment améliorer leur situation, ainsi que celle des enseignantes et enseignants qui font une différence dans leur vie, et conséquemment, dans celle de toute votre communauté. 

Ces élèves sont des adultes qui terminent leurs études ou qui étudient en vue d’obtenir une qualification professionnelle. Ce sont des gens motivés, volontaires, déterminés, mais qui ont besoin de tout le soutien possible pour compléter leur démarche de formation. Et si vous tentiez une « petite séduction » afin d’attirer et de garder cette future main-d’œuvre, et ainsi bénéficier des compétences de ces jeunes – et moins jeunes – et de leurs familles dans votre communauté? Avez-vous déjà tâté le pouls du personnel enseignant compétent et passionné qui travaille dans ces centres afin d’avoir des pistes pour améliorer sa rétention? Vous avez en main une multitude de leviers pour contribuer significativement au parcours de toutes ces personnes en leur offrant des solutions aux obstacles qu’elles peuvent rencontrer. 

En effet, si elles ne sont pas déjà implantées chez vous, plusieurs mesures peuvent être mises de l’avant pour attirer et garder ces futurs travailleurs et travailleuses dans vos municipalités. Ainsi, est-ce que la pénurie de main-d’œuvre qui vous affecte pourrait vous inciter à offrir, par exemple : 

  • un congé de taxes ou un rabais-logement significatif, pour les élèves d’un centre, permettant d’attirer suffisamment d’élèves pour démarrer des cohortes dans certains programmes? 
  • des services de francisation aux travailleurs immigrants embauchés par de nombreuses entreprises, facilitant d’autant leur intégration dans votre communauté? Cette organisation se ferait conjointement avec le centre de services scolaire de votre territoire. 
  • une contribution, par l’octroi de permis, de terrains ou différents incitatifs, à établir un service de garde à proximité des centres, ce qui aiderait grandement le retour aux études d’élèves qui sont aussi parents?
  • du transport collectif ou en commun gratuit pour les élèves de ces centres, ou encore une offre de rabais significative à cet effet? 
  • des lieux publics pour donner à ces élèves des accès gratuits à Internet? 

Pour les personnes du troisième âge, il est possible de briser l’isolement ou d’améliorer leurs conditions de vie et leur engagement au sein de leur communauté grâce aux services offerts dans les centres d’éducation des adultes. Vous serait-il envisageable de contribuer afin d’enrichir cette offre de formations, et ainsi, les maintenir actifs et mobilisés dans la mise à jour de leurs compétences? Les cours de langues ou d’informatique sont généralement prisés dans les milieux pour parfaire ces connaissances, et les centres peuvent être des alliés de taille pour y parvenir. 

Tout le monde le sait, le dynamisme d’une municipalité se mesure bien au-delà du béton et des grosses entreprises. Il peut aussi se mesurer dans une panoplie de petites actions à échelle humaine qui donnent envie de s’enraciner dans un coin de pays et d’y faire sa vie. J’invite donc les candidats aux élections municipales à aller à la rencontre des élèves et des enseignants des centres afin de mieux connaître leurs besoins et la façon de les soutenir dans leur parcours de formation générale pour les uns et dans leur formation professionnelle pour les autres. 

Josée Scalabrini, présidente de la FSE-CSQ

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