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Donnons-nous les moyens : et si l’immigration était la solution à court terme à la pénurie de main-d’œuvre?

main d'un femme qui tient un passeport dans un aéroport
Photo: Istock/SolStock

LETTRE OUVERTE – La mise à jour économique présentée le 25 novembre dernier apporte plusieurs solutions intéressantes à la pénurie de main-d’œuvre que vit le Québec en ce moment (même si le ministre des Finances refuse de la nommer directement). Cependant, le gouvernement semble passer à côté de l’urgence de l’enjeu, avec des solutions qui sont pertinentes, mais qui s’appliquent à moyen et long terme.

Pourtant, la pénurie de main-d’œuvre, les employeurs la vivent aujourd’hui. La relance est solidement amorcée dans plusieurs secteurs et la situation était déjà sensible avant que la pandémie nous frappe. La crise sanitaire nous a d’ailleurs enlevé la première solution qu’il faut aujourd’hui envisager, considérant l’urgence à laquelle nous faisons face : l’immigration.

Nul doute que les mesures favorisant la formation et la requalification sont de bonnes solutions à long terme, lorsqu’elles sont bien utilisées. Sauf qu’elles ne servent strictement à rien à court terme. D’autre part, les mesures de rétention de nos « sages », ou pour ramener les retraités sur le marché du travail ne suffiront pas non plus.

Les mesures visant à privilégier la formation d’un plus grand nombre de personnes dans les secteurs névralgiques, comme celui des TI, vont avoir un impact seulement dans quelques années. Il est vrai qu’elles ont le mérite d’apporter une solution durable. Mais il faut aussi quelque chose d’immédiat. Cela était déjà connu et réclamé avant la pandémie. Cependant, nous avons pris du retard, d’abord en abaissant les seuils d’immigration, puis en arrêtant tout pour les motifs sanitaires, aussi justifiés soient-ils. Or, le budget ne prévoit rien en ce moment pour tenter de rattraper le temps perdu.

Quant à la requalification de la main-d’œuvre, si elle est pertinente, elle peut aussi devenir pernicieuse, en plus de prendre du temps, comme pour la formation. Il ne faut pas non plus dégarnir les rangs dans les secteurs qui vivent encore aujourd’hui des jours difficiles, mais qui ont le potentiel de reprendre de l’altitude. S’il fallait, par exemple, offrir aux travailleurs de l’hôtellerie ou de la restauration de se requalifier ailleurs, on ne ferait alors que déplacer le problème.

Si le Québec veut se donner les moyens de réaliser ses ambitions et de solutionner la pénurie de main-d’œuvre efficacement et rapidement, il ne faut pas passer par quatre chemins. Il faut, d’une part, augmenter les seuils d’immigration et, d’autre part, rendre cela plus facile pour les entreprises d’aller chercher les employés à l’étranger. Ouvrir les portes, mais aussi laisser les entreprises choisir les candidats dont ils ont besoin, pour que l’immigration soit ciblée.

Une autre piste à explorer, même si elle n’est pas instantanée : l’automatisation, la robotisation et l’intelligence artificielle. Est-ce que la technologie peut nous aider à nous sortir du pétrin, en pourvoyant les postes dont les travailleurs ne veulent plus? S’il y a des fonctions qui peuvent être comblées par des ordinateurs, par automatisation de tâches ou par optimisation de processus, peut-être faut-il sortir des sentiers battus. L’idée n’est pas de remplacer des travailleurs – il en manque! –, mais de nous permettre de les faire travailler là où la technologie ne peut pas les remplacer.

Malgré que la situation soit particulièrement préoccupante, il y a des bonnes nouvelles à travers cela. D’une part, cela a créé un contexte pour que les travailleurs puissent améliorer leur sort significativement. D’autre part, nous avons devant nous un potentiel pour concrétiser une meilleure prospérité pour les Québécoises et Québécois. Maintenant, il faut se donner les moyens d’y arriver.

Anne-Marie Deslauriers
Présidente fondatrice de DELAN

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