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Le maire idéal n’existe pas

Michel Venne - Directeur général de l’institut du nouveau Monde

Quel est le portrait-robot du maire idéal pour Montréal? La Chambre de commerce a publié un avis de recherche. Or le maire parfait n’existe pas. Il n’y aura pas de sauveur pour la métropole.

À six mois du scrutin du 3 novembre, l’arrivée d’une nouvelle figure dans la course devient de moins en moins probable. Il faut du temps, de l’argent, des appuis, des militants et un programme pour faire campagne. Rien de cela ne s’improvise. Le prochain maire de Montréal sera vraisemblablement choisi parmi ceux dont on connaît les intentions.

Les critiques ont déjà décidé que la population ne voudrait pas de Louise Harel et de Richard Bergeron, et ils supputent sur la capacité de Denis Coderre (dont on attend l’annonce le 16 mai) à soulever les passions montréalaises. Et peut-être Michael Applebaum voudrait-il, après un an d’intérim, tenter sa chance.

Pour ma part, j’estime que les dés ne sont pas jetés.

Chacun des quatre candidats dispose d’un réseau d’appuis même si aucun ne s’impose pour l’heure. L’électorat sera sans doute fragmenté, comme il l’a été aux dernières élections provinciales. À ce jeu, tout est possible.

Mais le vainqueur n’aura pas rallié la majorité des électeurs. Ce qui donne un premier critère de sélection : quel candidat est le plus apte à rassembler un conseil de ville divisé?

Le principal critère d’élection du prochain maire de Montréal sera à mes yeux sa capacité à redonner confiance dans l’intégrité de nos institutions.

Nous aimerions tous avoir un maire visionnaire, qui projette pour Montréal un avenir grandiose. Mais pour le moment, ce qui va compter le plus après le dépôt du rapport de la Commission Charbonneau, ce sera de faire le ménage, d’éloigner des réseaux du pouvoir les fraudeurs, les corrompus et les mafieux qui en profitent depuis des années.

Pour faire ce travail, il faut une grande force de caractère, une capacité à affronter l’adversité, de l’expérience politique, une réputation d’intégrité et de la détermination. Il faut aussi ne rien devoir à personne.

Nous ne voudrions pas toutefois d’un maire de transition. Montréal doit continuer à se développer. Le rétablissement de la confiance et la capacité à rassembler sont deux des conditions du développement.

Pour le reste, le prochain maire devra faire deux choses : il doit d’abord être en mesure de défendre les intérêts de Montréal dans le cadre des grands projets (hôpitaux universitaires, échangeur Turcot, pont Champlain, etc.) pilotés par Québec et Ottawa.

Et puis, il doit mobiliser les Montréalais qui, déjà, dans le secteur privé, le secteur public ou les milieux communautaires, sont à l’œuvre pour faire de Montréal une métropole d’avenir.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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