Vivement les élections!
La démission du maire de Montréal par intérim, Michael Applebaum, pourrait être l’occasion de clore l’ère Tremblay à l’hôtel de ville de Montréal. Nous en avons bien besoin. Besoin de tourner la page.
Pourvu que les 62 conseillers aient la sagesse de ne pas élire un autre héritier d’Union Montréal pour succéder à l’intérimaire déchu, mardi prochain.
La candidature d’Alan DeSousa, maire de Saint-Laurent, et pilier de l’administration Tremblay, doit être exclue. Surtout que l’UPAC a fait enquête dans son arrondissement au cours des derniers mois.
Quant à Harout Chitilian, autre ancien de l’Équipe Tremblay, le préféré des alliés de Denis Coderre, il servirait mieux la stabilité à l’hôtel de ville en conservant son poste de président du conseil.
Laurent Blanchard, homme expérimenté qui n’a rien à prouver, conseiller depuis 2005 dans Hochelaga, actuel président du comité exécutif, bien au fait des dossiers, représente le meilleur choix pour assurer une intendance tranquille, la stabilité et l’esprit de coalition qui règne depuis sept mois.
Montréal a besoin de se tourner vers l’avenir. Vivement les élections! Une bonne campagne électorale ouvrira les perspectives.
Les Montréalais ont besoin d’un peu d’amour, ma foi! De réconciliation. De fierté. De bonnes idées. De volonté. D’engagement.
Certes, l’un des enjeux de la campagne sera celui de l’intégrité. Mais le ménage est commencé. La Commission Charbonneau et la police poursuivent leur travail. Les réformes démocratiques sont engagées. Un plan de développement de Montréal fait l’objet de consultations. On prépare déjà le 375e anniversaire de la ville. Peut-on enfin parler, aussi, de ce que Montréal sait faire? De ce que Montréal veut faire?
Et cette campagne s’annonce intéressante, notamment parce que, contre toute attente, les candidats se bousculent au chevet de la métropole. Après Denis Coderre (qui aurait recruté comme candidat le journaliste Philippe Schnobb), Mélanie Joly s’est lancée lundi dernier, certes sans programme ni appuis, mais avec un message rafraîchissant, celui d’une génération qui veut du changement et qui est prête à assumer des responsabilités.
Richard Bergeron maintient le cap. Il sera combatif. Enfin, on attend l’annonce de la candidature du consultant Marcel Côté, ancien conseiller de Robert Bourassa et de Brian Mulroney, avec qui Louise Harel pourrait former une coalition réunissant «l’est et l’ouest» pour gouverner Montréal.
Vivement que l’on tourne la page sur l’ère Tremblay. Que les conseillers, en choisissant un successeur à M. Applebaum, nous y aident un peu… Puis, que la campagne commence. Que les idées fusent. Que Montréal respire. Et que l’on redécouvre, derrière les nuages gris de la corruption, les lumières de sa créativité.