Actualités

Immigration: le Bloc québécois demande la fin de la «crise» du chemin Roxham

Immigration: le Bloc québécois demande la fin de la «crise» du chemin Roxham
Photo: Charles Krupa/The Associated PressLe chemin Roxham

Le Bloc québécois en a assez de la «crise» d’immigration irrégulière sur le chemin Roxham, à Saint-Bernard-de-Lacolle. Le chef du parti, Yves-François Blanchet a exigé lundi que le futur gouvernement fédéral révoque l’entente sur les «tiers pays sûrs» entre le Canada et les États-Unis .

Cette entente, signée en 2004, régit l’entrée des demandeurs d’asile au Canada en provenance du pays de l’Oncle Sam. Un immigrant qui arrive d’abord aux États-Unis doit faire sa demande d’asile dans ce pays. S’il se présente à un poste frontalier pour faire sa demande au Canada, il sera renvoyé au sud de la frontière.

Plusieurs personnes traversent donc la frontière en-dehors des postes frontaliers pour faire leur demande au Canada. Même si, dans certains cas, ils ont vécu aux États-Unis pendant plusieurs années. Le chemin Roxham est devenu célèbre comme lieu privilégié pour ce phénomène à l’été 2017.

Le Bloc québécois estime que le cadre législatif actuel entourant l’immigration avantage le «passage illégal des frontières».

«Ça fait assez longtemps que ça dure, s’est indigné M. Blanchet lundi en conférence de presse. Ottawa doit immédiatement suspendre l’entente […] pour restaurer l’ordre en retirant tout avantage au passage illégal des frontières.»

Entre les mois de janvier et août, au Canada, plus de 10 300 personnes ont fait des demandes d’asile ou ont été interceptées à la frontière, selon la Gendarmerie royale du Canada. De ce nombre, plus de 10 000 personnes sont arrivées au Québec.

Au Bloc, on propose que l’ensemble de la frontière «soit considérée comme un poste frontalier et que les migrants puissent formuler leur demande d’asile au Canada». Ce faisant, le gouvernement éliminerait «les avantages géographiques à passer par le chemin Roxham», qui reçoit une grande majorité des demandeurs d’asile provenant du Sud.

Revoir la Commission

Pour modifier la situation actuelle, le Bloc souhaite aussi une «hausse notable» au Québec des représentants de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié. Le parti cite un rapport du Vérificateur général (VG) du Canada, qui relevait, en mai, des délais importants dans le traitement des demandes d’asile.

«Ça n’a aucun bon sens de faire attendre des familles pendant des années avant de savoir si elles peuvent s’établir ici ou non», a avancé M. Blanchet, lundi.

«C’est ainsi que le Québec se retrouve avec des personnes bien intégrées qui apprennent des années plus tard qu’elles doivent refaire leur vie ailleurs. Ce sont des drames humains facilement évitables», a-t-il repris.

Dans ce dossier chaud, M. Blanchet dénonce que le poids fiscal des demandes d’asile reviennent aux contribuables québécois.

«Ce n’est pas aux Québécoises et aux Québécois d’assumer la facture», a affirmé le chef.

Dans les autres partis

Le Bloc n’est pas le seul parti à vouloir mettre fin à l’Entente sur les tiers pays sûrs. Le Parti conservateur et le Nouveau parti démocratique ont aussi fait la promesse de la revoir ou de la suspendre.

Le Parti libéral a déjà discuté d’une potentielle modification à l’Entente. Celle-ci tenait à assurer «l’évidence» d’une entrée à partir des États-Unis. Le PLC n’a toutefois pas affirmé qu’il se pencherait sur l’accord dans son ensemble.