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Le mouvement étudiant s'attaque au sous-financement

Le sous-financement de l’éducation post­secondaire sera le cheval de bataille des étudiants au cours de la prochaine année.

Le mouvement étudiant ne provoquera pas autant de remous que les années passées. Aucune grève n’est prévue pour le moment à l’agenda. Mais il ne sera pas invisible pour autant. Les différentes organisations sont bien décidées cette année à réclamer davantage de ressources pour remédier au manque d’investissement en éducation postsecondaire.

Les fédérations étudiantes collégiales et universitaires du Québec (la FECQ et la FEUQ) s’attaqueront à l’aide financière offerte aux étudiants. Elles réclament entre autres une indexation des dépenses admises. «Actuel­lement, on calcule à 6 $ par jour les besoins alimentaires quotidiens d’un étudiant, ce qui est aberrant», mentionne le président de la FECQ, Xavier Lefebvre-Boucher.

L’an passé, Québec a bonifié de 26 M$ l’aide financière aux études, mais ce réinvestissement a été perçu par les étudiants comme une goutte d’eau dans l’océan.

«Il y a un rattrapage à faire. Il faut que cette indexation soit systématique chaque année et qu’elle soit incluse dans une loi», soutient le président de la FEUQ, David Paradis.

L’inclusion des pensions alimentaires dans le calcul de l’aide financière aux études pose aussi problème. «C’est discriminatoire puisque ces allocations servent à subvenir aux besoins de l’enfant et non à ceux du parent», ajoute M. Lefebvre-Boucher.

La privatisation

Aussi consciente du manque de ressources financières en éducation postsecondaire, l’Asso­cia­tion pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) veut entamer un large débat sur la privatisation, qui résulte, selon elle, du sous-financement des services sociaux.

«On essaie un peu d’ouvrir nos horizons, explique le porte-parole de l’ASSÉ, Alex Desrochers. On veut consulter les différents syndicats de l’éducation pour essayer de créer un manifeste sur la privatisation des services sociaux.» L’ASSÉ compte ainsi démontrer les effets néfastes de la privatisation des services en éducation.

Le financement des universités

La FEUQ veut aussi amorcer un grand débat, mais celui-ci concernera le financement des institutions universitaires. «On déplore qu’il n’y ait pas de projet à long terme de développement des universités, fait savoir David Paradis. C’est une espèce de gestion à la petite semaine, qui ne permet pas de régler les problèmes de fond.»

En ce sens, la FEUQ reviendra à la charge en demandant une loi sur l’imputabilité des établissements universitaires. Elle aimerait qu’ils soient redevables envers le gouvernement du Québec, mais aussi envers la communauté universitaire. «C’est surtout pour atteindre un équilibre entre la reddition de compte et l’autonomie universitaire», dit M. Paradis.

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