Meilleur accès aux études supérieures pour les étudiants handicapés
Pratiquement absents des cégeps et des universités il y a à peine 10 ans, les étudiants handicapés font leur grande rentrée dans le milieu postsecondaire.
En effet, ces établissements d’enseignement assistent à un véritable boom, le nombre d’étudiants handicapés ayant pratiquement doublé au cours des cinq dernières années. «En 2003 et en 2004, on comptait 1 607 étudiants handicapés dans les universités québécoises. Aujourd’hui, ils sont 2 773, et ça ne cesse d’augmenter», constate Jocelyne Boulanger, de l’Association québécoise interuniversitaire des conseillers aux étudiants ayant des besoins spéciaux (AQICEBS).
Les services d’accueil et d’intégration des cégeps et des universités, qui se perfectionnent au fil des ans, n’y sont pas pour rien. «Les étudiants qui en ont bénéficié en parlent autour d’eux et stimulent d’autres personnes handicapées à poursuivre leurs études», estime Mme Boulanger.
Sur mesure
Ces services, financés par des allocations du ministère de l’Éducation, varient en fonction du handicap de l’étudiant et du programme auquel il est inscrit, et sont déterminés dès son admission. Il peut s’agir de l’aide d’un preneur de notes, de services de navette entre les pavillons, de temps supplémentaire pour compléter les examens, de la traduction de livres en braille, d’un logiciel facilitant la lecture ou d’une meilleure accessibilité aux locaux.
«Tout est mis en place afin d’amener l’étudiant à être au même niveau que tous les autres étudiants», indique Daniel Fiset, coordonnateur du Service d’aide à l’intégration des élèves du Cégep du Vieux Montréal (SAIDE).
Alors que les étudiants souffrant d’un handicap visible ont longtemps été les plus nombreux à bénéficier de ces services, on dénote également l’apparition d’une «clientèle émergente», composée d’étudiants présentant un trouble envahissant du développement (par exemple, l’autisme), un trouble de santé mentale (par exemple, la dépression) ou un déficit d’attention.
Persévérance!
Malgré tout, le passage aux études postsecondaires se fait rarement sans obstacle. Roxane, 22 ans, en sait quelque chose. Atteinte de l’ataxie de Friedreich, elle se déplace en fauteuil roulant et requiert, notamment, l’aide d’un preneur de notes et d’un accompagnateur pour les besoins d’hygiène. «Au collège, comme c’était la première année où j’avais droit à l’aide financière, j’ai dû foncer pour obtenir ce dont j’avais besoin. J’ai fini par l’obtenir, mais j’ai dû me battre pour y arriver», relate-t-elle.
De même, sa première demande d’inscription à l’École du show-business a été refusée, faute d’infrastructures permettant d’accueillir une personne en fauteuil roulant. L’école n’a toutefois pas tardé à rajuster le tir en lui fournissant, l’année suivante, une entrée et une salle de bain adaptées.
Quant à Laurence Parent, 23 ans, le fait de se déplacer en fauteuil roulant ne l’a pas empêchée de compléter un baccalauréat à l’UQAM et d’en entreprendre un second à l’Université de York. «Le problème ne vient pas nécessairement de l’école. Ce sont les facteurs extérieurs qui posent le plus grand défi. Nous avons aussi besoin d’aide à la maison, indique-t-elle. Si j’ai réussi, c’est essentiellement grâce au support de ma famille et de mes amis.»