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Secteur aérospatial: l'environnement, moteur de croissance et d'emplois

Après avoir durement subi la crise économique en 2009, le domaine de l’aérospatiale renoue avec la croissance et s’annonce très prometteur sur le plan de l’emploi. En effet, différentes études réalisées par des professionnels du secteur montrent que, pour les prochaines décennies, l’industrie aura besoin d’énormes ressources hu­mai­nes pour assurer le renou­vellement des flottes aériennes.

De plus, l’attrait grandissant des compagnies pour des avions plus per­­formants et plus écologiques, et les réglementations internationales de plus en plus sé­vères, stimulent la deman­de pour de nouveaux appareils.

«L’environnement va dicter l’avenir de l’aérospatiale, affirme sans détour Suzanne Benoît, directrice d’Aéro Montréal, groupe de réflexion stratégique de la Grappe aérospatiale du Québec. Le développement des technologies vertes est la clé pour le Québec afin qu’il conserve sa compétitivité et fasse face à la concurrence des pays émergents comme la Chine, l’Inde ou le Brésil», poursuit Mme Benoît.

S’inspirant de l’avion CSeries de Bombardier, qui permet une réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre, les motoristes conçoivent des moteurs moins énergivores, moins polluants et moins bruyants.

Les aéronefs sont construits avec des matériaux plus respectueux de l’environnement; les trains d’atterrissage doivent également être aussi plus légers et durables. Ces évolutions technologiques transforment les mé­tiers et rendent nécessaires de nouvelles compétences, notamment au niveau de l’écoconception.

«Le virage vert s’opère à tous les niveaux de l’industrie et touche tous les corps de métier de l’aéronautique, précise Gérald Tremblay, co­directeur du comité sectoriel de main-d’œuvre en aérospatial (CAMAQ). Il n’y a peut-être pas à proprement parler de nouveaux métiers qui vont apparaître, mais des chan­­gements à différents niveaux qui vont être intégrés progressivement, des centres de formation jus­qu’aux  chaînes de production.»

Manne d’emplois
Les formations offertes au Québec sont-elles bien adaptées à cette nouvelle donne environnementale? Suzanne Benoît, d’Aéro Montréal, se veut rassurante : «Ce qui fait la force de Montréal, troisième pôle mondial de l’aérospatiale après Toulouse et Seattle, c’est la très forte concen­tra­tion d’entreprises, de centres de formation et de main-d’œuvre. Cela permet d’arrimer au mieux les formations aux besoins des entreprises.»

Suzanne Benoît précise que, même si suivre des cours com­plémentaires en environnement donne toujours un avantage à quelqu’un qui aspire à travailler en aérospatiale, «les étu­diants qui choisissent les programmes de forma­tion reconnus par l’industrie n’ont en général aucune difficulté à se trouver un emploi».

Avec plus de 40 000 em­plois directs au Québec (dont plus de 3 000 nouveaux postés cette année) et une croissance prévue de 4 % par an, les conditions d’em­bauche demeurent très favora­bles, selon CAMAQ.

Environ 40 % de ces emplois concernent des métiers professionnels. Ainsi, l’industrie est à la recherche de machinistes, d’ébénistes en aérospa­tiale, de techniciens d’intérieur d’aéronef ou encore d’assembleurs. Viennent ensuite les postes d’ingénieur, notamment les spécia­listes en électricité ou en informatique.

Enfin, les mécaniciens et monteurs d’aéronef, ainsi que les techniciens en génie mécanique sont les plus en demande dans l’aérospatiale en ce qui concerne les formations collégiales.

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