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La langue d’enseignement peut-elle influencer le domaine d’études?

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Philippine de Tinguy - Métro

Chaque année, les élèves québécois sont amenés à faire des choix déterminants pour leur avenir.

Et si le dilemme du programme d’étude est source d’angoisse pour plusieurs, d’autres doivent aussi composer avec un autre paramètre: la langue d’enseignement.

Selon un rapport du ministère de l’Éducation publié en 2011, une grande majorité d’élèves anglophones et francophones choisissent naturellement de poursuivre leur formation collégiale et universitaire dans le même idiome qu’au secondaire. Du côté des allophones, l’écart se creuse légèrement, ces derniers étant davantage influencés par la langue utilisée au sein du foyer, ainsi que par leurs origines.

Alors, quels sont les critères qui entrent en ligne de compte chez ceux qui décident de faire le saut?

D’après une enquête sur les comportements linguistiques des étudiants du collégial (ECLEC), publiée en 2010 et menée par l’Institut de recherche sur le français en Amérique (IRFA), les facteurs déterminants sont sensiblement les mêmes d’une langue à l’autre.

Pour celle de Shakespeare, c’est donc l’idiome qui se hisse au premier rang, les anglophones préférant étudier dans une langue qu’ils maîtrisent déjà, les francophones et les allophones étant plus motivés par le désir d’inscrire le bilinguisme à leur cheminement professionnel. La réputation de l’établissement et les spécificités du programme font également partie de l’équation.

Et le constat est le même du côté de la langue de Molière, même si la qualité du programme semble tout de même primer.

«Après l’obtention de mon baccalauréat français, j’ai décidé de venir à McGill, essentiellement pour y apprendre l’anglais, se souvient Alexia Maschowsky. Et comme le domaine que j’ai choisi est l’économie, je trouvais ça d’autant plus pertinent de maitrîser les termes qui y sont liés dans le but d’être plus flexible par la suite.»

Julia Delrieu, dont la langue maternelle est l’anglais, mais qui a suivi un parcours scolaire en français, s’est elle aussi tournée vers la prestigieuse université. «Après un baccalauréat en science politique à l’UQAM et à Concordia, je me suis inscrite à la maîtrise en urbanisme à McGill, qui a la réputation d’être la meilleure au Canada.»

«Après avoir fait le tour des programmes en environnement, c’est celui de McGill qui m’intéressait le plus en raison de son volet social et communautaire, continue Gabrielle Immarigeon, qui est francophone. Mes choix ont toujours été guidés par la qualité de l’enseignement plutôt que par la langue. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai poursuivi ma maîtrise en urbanisme à l’Université de Montréal.»

Les deux jeunes femmes reconnaissent par contre que, malgré leurs excellentes aptitudes en anglais, ce passage à McGill leur a permis d’en améliorer la qualité, essentiellement à l’écrit.

De son côté, Ghita Eljihad, francophone d’origine marocaine, a préféré partir en quête du bon programme. «Je ne voulais pas intégrer une université anglophone à tout prix, malgré les croyances populaires qui nous poussent vers cette voie-là. J’ai fait le tour de toutes les écoles, toutes langues confondues, pour finalement choisir ce qui me convenait le mieux, à l’ESG UQAM.»

Vox pop

Est-ce que la langue d’enseignement a influencé votre choix d’études postsecondaires?

Camera 360Gabrielle Immarigeon, titulaire d’un baccalauréat en environnement à McGill et d’une maîtrise en urbanisme à l’Université de Montréal.
«La langue d’enseignement n’a pas influencé mon choix puisque je maitrisais déjà l’anglais. Par contre, je me suis perfectionnée à l’écrit, et j’ai eu la chance de me faire des amis anglophones.»

Alexia MashowskyAlexia Maschowsky, titulaire d’un baccalauréat en économie à McGill
«Maitriser l’anglais était primordial pour moi. Et dans ce domaine, je considère que c’est un atout d’avoir les mêmes références, peu importe où l’on se trouve dans le monde.»

Ghita EljihadGhita Eljihad, étudiante au baccalauréat en administration, concentration Finance à l’l’École des sciences de la gestion de l’UQAM
«La langue d’enseignement n’était pas ma priorité puisque je maîtrise suffisamment l’anglais. Par contre, le matériel que nous utilisons pour certains cours comme la finance est très souvent en anglais, très pratique pour maîtriser parfaitement la matière!»

Julia DelrieuJulia Delrieu, titulaire d’une maîtrise en urbanisme à McGill
«Je me suis tournée vers l’anglais puisque j’y ai trouvé une plus grande diversité, entre autres dans les d’idées. Pour moi, les professeurs étaient plus pertinents et davantage tournés vers la pratique.»

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