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L’école anglaise dès le primaire, pour qui, pourquoi?

«École bilingue»: il y en a des dizaines dans la région de Montréal. Qu’y a-t-il derrière cet énoncé, et qui peut fréquenter ces écoles?

La grande banderole qui flotte au-dessus de l’entrée de l’école Bancroft attire l’œil. «Les parents du quartier viennent spontanément pour y inscrire leurs enfants», explique la directrice, Dorothy Ostrowicz. Chaque année, elle refuse pourtant de 20 à 25 demandes. Non pas faute de place, mais plutôt parce que ces aspirants ne correspondent pas aux critères d’admissibilité.

N’étudie pas en anglais qui veut. La loi 101 définit précisément les conditions d’inscription à l’école anglaise. En perte de vitesse en termes d’effectifs, les commissions scolaires anglophones de la province ont misé, ces dernières années, sur l’excellence de l’enseignement du français. Mais les programmes bilingues et ceux d’immersion (70% de l’enseignement est dispensé en français) n’en deviennent pas plus accessibles aux enfants qui ne répondent pas aux critères d’admissibilité.

À l’échelle du Québec, les écoles anglaises affichent un taux de réussite aux examens finaux globalement supérieur à celui des écoles françaises. Elles n’en restent pas moins tributaires du cadre légal. À l’école Bancroft, on le déplore. À la fin du primaire, les élèves sortent avec une connaissance équivalente de l’anglais et du français, assure Mme Ostrowicz. Les matières sont enseignées à parts égales dans les deux langues, de la prématernelle à la sixième année.

Aux yeux de l’enseignante Josie Sabelli, pouvoir poursuivre ensuite leurs études dans la langue de leur choix représente un atout de taille pour ces élèves. Les efforts faits pour assurer la qualité de l’enseignement du français devraient, selon elle, suffire à rassurer les parents dont les enfants sont admissibles à l’école anglaise, mais qui les inscrivent dans le réseau français, en disant qu’ils vivent dans une province francophone.

Pour Mme Ostrowicz, c’est l’aspect multiculturel qui fait la richesse de son établissement, au-delà de la maîtrise des deux langues officielles. Les 235 élèves de l’école Bancroft sont d’une quinzaine d’origines différentes, et 50% d’entre eux évoluent dans un environnement familial où ni l’anglais ni le français n’est la langue utilisée: devant une telle réalité, le vrai défi pour l’école est de rendre trilingues des élèves allophones à leur arrivée.

Faits saillants
Deux commissions scolaires anglophones desservent le Grand Montréal:

  • English Montreal (CSEM) et Lester B. Pearson (CSLBP).
  • Elles chapeautent au total 75 écoles primaires, dont 28 qui offrent un enseignement bilingue et 37 un programme d’immersion en français.

Qui peut y étudier?

  • Les enfants dont un des parents, citoyen canadien, a reçu la majeure partie de son enseignement primaire ou secondaire en anglais au Canada.
  • Les enfants présentant de graves difficultés d’apprentissage.
  • Les enfants séjournant temporairement au Québec.
  • Les enfants en situation grave, pour des questions d’ordre familial ou humanitaire.

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