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Le chef marseillais Alexandre Mazzia, nouveau 3 étoiles du guide Michelin

Le chef marseillais Alexandre Mazzia, à la cuisine audacieuse, a été distingué de trois étoiles Michelin pour son restaurant AM, dans une nouvelle sélection France, maintenue en dépit de la fermeture des restaurants.

C’est le seul chef à être promu dans le guide 2021 à cette plus haute distinction gastronomique. Portant à 30 le nombre des chefs triplement étoilés en France.

Contrairement aux années précédentes, aucun des chefs détenteurs de trois étoiles n’a été rétrogradé dans cette sélection qui est aussi « sérieuse et rigoureuse » que les années précédentes, selon Michelin.

Le guide assure que les inspecteurs ont effectué autant de visites que d’habitude pour évaluer les tables pendant la brève réouverture des restaurants entre les deux confinements.

À la table du nouveau 3 étoiles Michelin

Anguille fumée-chocolat, framboise-harissa: Alexandre Mazzia, 44 ans, qui est né et a passé 15 ans au Congo, est le maître des mélanges détonants de produits « d’ici et du bout du monde », dans des assiettes qui font exploser les couleurs.

Dans son restaurant AM, il utilise plus de 200 épices, « colonne vertébrale » de sa cuisine.

« C’est une table qui vous transporte, elle est très singulière et se distingue par beaucoup d’aspects », a commenté auprès de l’AFP Gwendal Poullennec, directeur du guide Michelin.

L’ascension au sommet gastronomique de cet ancien basketteur, qui a ouvert son restaurant de 22 couverts en 2014, a été fulgurante.

Il a été consacré chef de l’année 2019 Gault et Millau, deuxième guide gastronomique, et son troisième macaron Michelin vient deux ans après le deuxième.

Des récompenses méritées

Si la sélection est moins étoffée que les années précédentes, chaque restaurant promu le mérite pleinement, souligne Michelin.

Marsan à Paris, de la cheffe Hélène Darroze, qui sublime les produits du Sud-Ouest dans des assiettes gourmandes et modernes, et La Merise de Cédric Deckert en Alsace, à la cuisine traditionnelle avec des sauces raffinées, sont promus à deux étoiles.

54 nouvelles adresses se voient attribuer leur première étoile et 33 établissements sont distingués avec une étoile « verte », introduite l’année dernière, pour leur démarche écoresponsable.

Quelques rétrogradations concernent les restaurants qui ont fermé ou changé de concept.

« Cette année, les chefs n’ont vraiment pas démérité (…). C’est le moment de remettre en lumière tous ces talents, d’encourager les professionnels et de garder mobilisée la clientèle des restaurants » dans l’attente d’une réouverture, conclut M. Poullennec.


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Malgré la Covid, le guide Michelin dévoilera son palmarès lundi

Une sélection en plein Covid comme si de rien n’était! En dépit de la fermeture des restaurants, le guide Michelin dévoilera lundi son palmarès en France. Celui-ci maintient les macarons de tous les chefs triplement étoilés.

«C’est une décision importante pour soutenir la profession malgré le contexte et peut-être en raison même du contexte. Il était nécessaire de maintenir cette annonce», déclare à l’AFP le directeur du guide Gwendal Poullennec, en réponse aux critiques et interrogations sur la pertinence d’une telle décision.

Une cérémonie de gala prévue à Cognac (sud-ouest de la France) a été annulée et remplacée par une annonce qui sera diffusée sur YouTube lundi depuis la tour Eiffel. Seront alors révélés les noms des 57 établissements ayant gagné leur première étoile ou promus avec un macaron supplémentaire.

Quelques rétrogradations vont concerner les restaurants qui ont fermé ou changé de concept. Mais les chefs trois étoiles, la plus haute distinction dans le monde gastronomique qui doit être revalidée chaque année par les inspecteurs au terme de plusieurs repas anonymes, peuvent souffler.

Car aucun d’entre eux ne connaîtra lundi le sort du restaurant Bocuse rétrogradé d’une étoile en 2020. Ou celui du chef Marc Veyrat, déclassé en 2019, un an seulement après avoir gagné une troisième étoile, et qui avait engagé et perdu son procès contre le célèbre guide rouge.

«Tous les établissements qui ont conservé leur étoile cette année ou qui en ont gagné sont des tables qui le méritent pleinement», souligne Gwendal Poullennec

Qualité de la table et des produits, maîtrise des techniques, harmonie des goûts, personnalité du chef exprimée dans l’assiette et régularité dans le temps et tout au long d’un menu. Les critères d’évaluation «sont les mêmes partout dans le monde et depuis toujours», ajoute-t-il. Ils n’ont pas été modifiés au vu du contexte inédit et rude pour les restaurateurs, dont de nombreux se battent pour leur survie.

Le guide Michelin se démarque

Le plus célèbre des guides agit ainsi différemment des autres. Son principal concurrent britannique, le prestigieux 50 Best, a tout simplement annulé son palmarès, jugeant que l’heure n’était pas à évaluer les restaurateurs.

D’autres ont réajusté les leurs en mettant en valeur les actions solidaires ou innovantes pendant la crise, comme le Gault et Millau ou La Liste, qui n’a pas dévoilé ses 1000 meilleurs restaurants au monde, mais a distingué les chefs qui tiennent tête à la pandémie.

La Liste a d’ailleurs critiqué le Michelin qui récompense les tables fermées depuis plusieurs mois.

«Dans certains pays, on ne peut que s’étonner de l’omniprésence d’inspecteurs de guides gastronomiques qui parviennent à récompenser des tables fermées depuis plusieurs mois (…). Au Brésil par exemple, le guide Michelin a récompensé avec deux étoiles le restaurant Alex Atala, fermé pendant sept mois selon son compte Instagram», lit-on dans l’observatoire de la gastronomie de La Liste.

Les inspecteurs ont mis «des bouchées doubles» et revu leur emploi du temps en annulant leurs vacances en été quand les restaurants ont brièvement rouvert en France entre les deux confinements, se défend Gwendal Poullennec.

«Cette sélection a été faite avec le même sérieux, les inspecteurs ont pu réaliser autant de repas que les années précédentes», dit-il.

Les inspecteurs des pays européens limitrophes et asiatiques sont venus en renfort pendant la période de réouverture des restaurants en France. «Nos inspecteurs pratiquent partout la même méthode, ils ont la capacité de participer aux autres sélections», ajoute-t-il.

«Malgré les difficultés, les chefs ont été au rendez-vous, ils ont assuré un niveau de qualité constant, parfois ils ont même réussi à continuer à progresser», conclut Gwendal Poullennec confiant dans la «combativité» des lauréats.


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