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Programme BLUES: le nombre d’étudiants double à Calixa-Lavallée

Une quarantaine d’élèves, deux fois plus que l’année dernière, ont montré des symptômes dépressifs dans un test de dépistage du programme BLUES mené auprès de la totalité des étudiants de secondaire 3 à l’école Calixa-Lavallée.

Pour Vincent Courtemanche et Magaly Huaracha, psychoéducateurs à l’école de Montréal-Nord, cette augmentation était à prévoir.

«La motivation scolaire est plus difficile, on voit plus d’absentéisme. L’anxiété de performance, le stress, la panique, tout ça se multiplie dans le contexte et affecte la concentration des jeunes. Une jeune fille a perdu trois membres de sa famille au COVID-19, elle est à l’école aujourd’hui»– Magaly Huaracha

«Certains élèves ont plus de difficulté d’adaptation en raison de leur situation socio-économique. La pandémie augmente encore d’un cran ces difficultés», affirme M. Courtemanche.

D’après les deux psychoéducateurs, leurs étudiants sont bien outillés avec le programme d’intervention qui fait ses preuves depuis 5 ans à l’école Calixa-Lavallée.

D’origine américaine, le programme traduit et adapté au Québec par l’organisme Boscoville offre des résultats enviables aux écoles qui en font usage. «La démarche BLUES réduit de 6 à 8 fois les risques de faire une dépression sévère», affirme Jessica Comeau Audigé, responsable du programme.

Jeunes invisibles

L’étape du dépistage est primordiale dans le processus d’intervention : aucun jeune n’est laissé à lui-même. «On remet à tous les jeunes de secondaire 3 un formulaire à remplir qui vise à évaluer sa condition psychologique. Si on ne faisait pas cela, personne ne saurait que plusieurs souffrent en silence. Ça nous permet de dénicher les cas autrement invisibles», affirme Magaly Huaracha.

Six cohortes de 6-7 élèves ont été assemblées avec les jeunes à risque de développer une dépression. Au cours de six ateliers de 1h15, les élèves participent à des activités visant à les outiller à affronter leur situation.

«C’est une approche cognitive comportementale. On amène nos jeunes à changer leurs pensées négatives en leur montrant à voir les choses différemment. Ces jeunes-là n’ont souvent pas d’endroits où s’exprimer ouvertement», affirme Mme. Huaracha.

«On veut qu’ils agissent sur leurs pensées et leurs comportements, qu’ils se réactivent en faisant des choses qu’ils aiment. Dans ces ateliers, les jeunes vont s’entraider en recadrant les pensées des autres», ajoute M. Coutemanche.

L’âge déterminant

Les élèves de secondaire 3 sont exclusivement visés par le programme BLUES à l’école Calixa-Lavallée. Les recherches démontreraient que l’impact d’une intervention comme celle-ci est particulièrement marqué à cet âge, selon le psychoéducateur.

«Pour tous les autres jeunes, nous avons créé un important filet de sécurité. Les parents, les enseignants, les psychoéducateurs et des organismes sociaux comme Jeunes en Tête assurent que tous les étudiants aient accès à des ressources dans ces temps difficiles», conclut Vincent Courtemanche.

En attendant le retour à la normale, les élèves de premier cycle se rendent à l’école toute la semaine alors qu’au deuxième cycle, c’est un jour sur deux. Le poids sur leurs épaules cependant, est là à temps plein.

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2020: année de la solitude, y compris pour les professionnels de la santé

En cette année difficile, la solitude aura fait partie des épreuves à surmonter pour plusieurs personnes. Certaines en ont pris l’habitude, d’autres le vivent plus mal, au point où cela peut affecter leur santé mentale — y compris des professionnels de la santé mentale.

«Exaspération, colère, irritabilité et déprime; le manque de soutien social affecte tout le monde, y compris les professionnels dont la tâche est de nous aider à aller mieux». C’est ce que résume la professeure du département de psychologie et directrice du laboratoire Trauma et résilience de l’Université du Québec à Montréal, Pascale Brillon.

Elle a mené une recherche visant à mesurer le niveau de détresse chez ces professionnels — psychologues, travailleurs sociaux, psychiatres, psychoéducateurs, intervenants en relation d’aide — par rapport à celui de la population générale, en ces temps de Covid.

Aussi déprimés que le reste de la population

Bientôt publiée, cette étude montre que les professionnels sont aussi déprimés et anxieux que tout le monde. Mais dans les zones rouges, ils le sont plus que la population générale. Ils se disent aussi plus souvent victimes d’irritations à Montréal qu’en région. «En général, ils s’en sortent mieux, car ils connaissent les ressources. Et pourtant, dans les zones à risque, ils s’en sortent aussi mal, car ils vivent des facteurs de stress importants, à commencer par la réorganisation du travail à distance», souligne la chercheuse.

Du côté de la solitude, elle constate que la majorité des 618 professionnels participants à l’étude se sentent encore plus seuls que les 712 autres personnes interrogées, peu importe dans quelle zone. Ceux de Montréal présentent aussi des taux de résilience plus bas que leurs collègues en région. La recherche a été menée avec des collègues du département de psychologie de l’UQAM, du Centre de recherche Douglas ainsi que de l’Institut universitaire de santé mentale de Montréal.

L’empreinte de la solitude dans le cerveau

Même le cerveau affiche une signature physique chez ceux qui ressentent avec acuité la solitude, révèle une autre équipe montréalaise. Leur récente étude, parue le 15 décembre dans Nature Communications, montre une forte activation de certaines régions du cerveau appelées «réseau cérébral par défaut» — des zones dédiées à la remémoration du passé et à l’évocation de souvenirs liés à la socialisation.

Une activité à laquelle se livrent plus souvent les personnes seules. «C’est une sorte de compensation en l’absence de stimulation au quotidien. Lorsque nous nous ennuyons des gens, nous nous plongeons dans notre imaginaire pour revivre des moments.» Les chercheurs ont remarqué que cette activité cérébrale était plus forte «chez les personnes âgées et les hommes», résume Nathan Spreng, professeur associé du Laboratoire du cerveau et de la cognition à l’Institut neurologique de Montréal.

En observant les données d’imagerie par résonance magnétique (IRM) de 40 000 participants de 40 à 69 ans, les chercheurs notent encore de très nombreux échanges de signaux entre ce réseau et l’hippocampe, une structure importante de la mémoire. Ils relèvent des différences au niveau des connexions neuronales et du volume du réseau cérébral par défaut. L’intégrité de ce réseau serait affectée — matière grise, matière blanche et connectivité.

Il n’existe cependant pas de lien causal avec l’isolement. Les chercheurs pensent que cette étude amène une piste de réponse quant aux changements qui se produisent dans le cerveau des personnes isolées. Le sentiment de solitude exacerbée est reconnu comme un prédicteur de nombreux problèmes de santé, de la baisse de la réponse immunitaire jusqu’aux troubles mentaux.

Rester connecté avec ses proches

Toutefois, avant de venir en aide à un proche, Pascale Brillon souligne qu’il importe de vérifier ce dont l’autre a besoin. Il faut qu’il y ait «une adéquation entre l’envie de recevoir et ce qui est reçu comme attention. Certaines personnes affirment ne pas en avoir besoin», rappelle-t-elle.

Par contre, ce n’est plus vrai que «ça va bien aller». Il faudrait plutôt affirmer aujourd’hui, après 10 mois de pandémie, que «nous allons traverser cela ensemble et prolonger notre soutien social auprès de ceux qui en ont besoin», souligne la spécialiste des traumas et de la résilience. Elle relève que le soutien social aux victimes de trauma et aux endeuillés dure généralement trois mois, une période courte et souvent insuffisante.

Car les effets négatifs de cette solitude risquent d’entraîner des impacts à long terme chez les plus isolés de la pandémie, à commencer par les personnes âgées. «Nous faisions déjà face à une pandémie de solitude avant la COVID-19. C’est extrêmement important de se sentir socialement connecté, c’est urgent de le reconnaître et d’agir à notre niveau en prenant des nouvelles par téléphone ou visioconférence des personnes les plus seules de notre famille ou de nos amis», remarque Nathan Spreng.

Sortir de l’isolement lié à la COVID-19 sera plus facile pour certaines personnes, pense le chercheur. Mais les populations vulnérables pourraient avoir besoin de soutien supplémentaire.

«Il faut être bienveillant avec les autres et avec nous-même. Et même si cela va moins bien, il faut continuer à maintenir notre réseau social», pense Pascale Brillon. Se concentrer sur autrui et cultiver un peu d’autodérision aiderait aussi à passer à travers cette période troublée. «C’est plus facile lorsqu’on relativise ce qui nous arrive, car nous sommes tous ensemble face à l’adversité».


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Confinement n’a pas à rimer avec isolement, dit une psychologue

Confinement ne veut pas dire isolement, assure une psychologue. Pour elle, ce n’est pas parce qu’on est confiné qu’on doit se sentir isolé. Alors, comment briser ce sentiment et aller mieux? Zoom sur quelques conseils et une nouvelle initiative. 

La pandémie nous l’aura appris brutalement: les conséquences du sentiment d’isolement sur la santé mentale sont nombreuses.

Dans un récent sondage mené par l’Ordre des psychologues du Québec auprès de ses membres, 86% des psychologues constatent ainsi une hausse de la détresse chez les gens qui les consultent. 

Qui plus est, selon l’INSPQ, la crise sanitaire pourrait même aggraver des facteurs de risque de suicide reconnus. 

«Il y a une pandémie parallèle en santé mentale, explique à Métro la présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, Christine Grou. Ce qui rend les choses difficiles, c’est que cette pandémie est longue. On n’est pas capables non plus d’en prévoir la fin, et on n’a aucun contrôle sur la suite.» 

Les appels au bureau privé du psychologue Stéphane Migneault, eux, se sont multipliés ces derniers temps, au point que les gens sont désormais sur une liste d’attente. 

«C’est quand même préoccupant. Mes collègues font tout pour voir le plus de gens possible, mais il n’y a que 24h dans une journée», dit-il. 

Quand confiné ne veut pas dire isolé…

Cela dit, la psychologue Christine Grou croit qu’il est important de faire la différence entre isolement et confinement. Quand on est confiné, on a quand même la possibilité de maintenir un lien significatif avec une personne, indique-t-elle. 

Et ce lien peut tout changer, comme l’explique à son tour M. Migneault. 

«Durant la première vague de la pandémie, je discutais sur Zoom avec un ami d’enfance, tous les mardis à midi, pendant 45 minutes», raconte-t-il. Selon lui, ce genre de rituel est important. 

Même la connexion avec un animal de compagnie peut avoir un «effet protecteur», dit-il en entrevue avec Métro

«Je l’ai vu chez beaucoup de gens avec un passé difficile et qui vivaient de l’isolement. Avoir un animal de compagnie, même un poisson, peut faire la différence. Ça fait quelqu’un d’autre que soi-même dont il faut s’occuper.» -Stéphane Migneault, psychologue 

Comment aller mieux?

Outre le fait de prendre soin de son alimentation et de sortir dehors chaque jour, le psychologue Migneault ajoute que les choses les plus simples sont parfois les plus efficaces. 

«Une cliente parvenait à ne plus penser à ses problèmes en faisant des casse-têtes, dit-il. Si l’on a des colocataires, on peut aussi jouer aux cartes. Ça peut permettre de décrocher à 100%.» 

Mme Grou conseille quant à elle de ne pas oublier que cette pandémie va avoir une fin, et de vivre chaque émotion négative sans honte ni culpabilité. 

«Oui, on va être moins productif. On va peut-être manger davantage, s’entraîner moins. Mais ce n’est pas grave.» -Christine Grou, psychologue

Et les jeunes?

Du côté des jeunes, les chiffres compilés par la Direction de la santé publique de Montréal ne sont pas joyeux non plus. 

Les résultats d’un sondage effectué entre le 4 et le 14 septembre 2020 révèlent ainsi que 46% des jeunes Montréalais âgés entre 18 et 24 ans rapportent des symptômes compatibles avec l’anxiété généralisée ou la dépression majeure. 

La présidente Christine Grou croit qu’il est important pour eux de varier leurs activités: marches, vraies conversations sur FaceTime ou encore jeux en ligne. 

Quant aux réseaux sociaux, la modération est de mise. 

«Il faut se rappeler l’illusion des réseaux sociaux, et arrêter d’avoir l’impression qu’on est le seul pour qui rien ne va aujourd’hui. Parce que c’est un leurre.» -Christine Grou, psychologue 

Les vedettes se mobilisent pour aider la population

C’est dans ce contexte de confinement, et afin de briser cet isolement, qu’une nouvelle plateforme visant à rassembler des personnalités et leurs admirateurs a été lancée. 

Appelée HeyAllo, celle-ci permet au public d’offrir ou de se voir offrir des messages vidéo personnalisés d’une personnalité. 

«Avec l’isolement général que nous devons vivre actuellement, l’idée nous est venue de créer une nouvelle avenue de connexion entre le public et ceux qu’ils admirent.» -Véronique Dussault, fondatrice de HeyAllo  

HeyAllo prévoit en outre d’envoyer des contenus personnalisés gratuitement aux plus isolés, comme les enfants hospitalisés, les personnes âgées ou encore les plus défavorisées. 

Jusqu’à présent, plus de 30 personnalités sont inscrites, dont Véronique Cloutier, Louis Morissette, ou encore la finaliste de Canada’s Drag Race, Rita Baga. 

Pour Stéphane Migneault, la télévision québécoise devrait sérieusement penser à concevoir une émission dans laquelle des professionnels en santé mentale viendraient donner leurs trucs et astuces pendant 90 minutes. 

«Je crois que c’est aussi important que de chercher un vaccin», dit-il.


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Changement de saison, confinement et santé mentale

Les prochains mois de l’année deviendront un peu plus sombres en raison du changement de saison. Pendant ce temps, de nouvelles mesures sanitaires forcent la population à limiter ses activités sociales. Difficile de dire si elles seront un fardeau supplémentaire pour la santé mentale.

Alors que la pandémie continuait de distraire le regard du public, l’automne a discrètement fait son arrivée le 22 septembre à 9h31. Jusqu’à l’arrivée de l’hiver, le temps d’ensoleillement diminuera progressivement. À Montréal, il passera d’environ 13h 11 minutes à 9 heures 50 minutes d’ici la fin décembre, selon les calculs du Centre national de recherches Canada.

«Je ne vois pas un rapport direct entre le fait que les journées raccourcissent et si ça va miner la santé émotionnelle des gens», croit le Dr Pierre Bleau, directeur national des services en santé mentale et psychiatrie légale au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

L’automne et l’hiver imposent par ailleurs des habitudes de vie comparables au confinement. «Il y a une restriction des activités et une diminution de certains modes d’activités qui sont en lien avec ça», indique le Dr Bleau.

La psychologue Colette St-Laurent, qui cumule 25 ans de pratique, offre un son de cloche semblable. «Ce que j’ai observé chez la clientèle qui est sensible [au changement de saison], c’est que quand les journées commencent à raccourcir et à faire plus froid, les gens commencent à se confiner eux-mêmes, en allant moins dehors, moins aller à la lumière du jour quand il y en a», explique-t-elle.

Même en confinement, «il faut quand même sortir, faire de l’exercice, marcher tous les jours, surveiller l’alimentation, insiste Dr Bleau. Au bout du compte, les déterminants qui sont majeurs, c’est comment les gens prennent en charge leur santé émotionnelle.»

Métro, boulot, dodo

La durée d’ensoleillement d’une journée et le stress causé par la pandémie ont un impact sur le sommeil, indique le Dr Thanh Dang Vu, directeur au Laboratoire de recherche en sommeil, cognition et neuroimagerie.

«La lumière est un important synchronisateur de notre rythme biologique, de notre rythme jour-nuit. Elle nous permet d’activer notre système de vigilance», souligne le Dr Dang Vu.

Un déséquilibre de cette routine peut amener son lot de fatigue supplémentaire.

En confinement, le télétravail est privilégié par plusieurs, chamboulant aussi nos habitudes. «C’est important de prendre des pauses par rapport à ça. Il faut regarder les besoins de base qu’on a», indique le Dr Bleau.

Au printemps, le MSSS a mis sur pied un programme pour soutenir la population qui pourrait être plus fragile en confinement. Près de 90 M$ ont été investis pour ajouter 300 emplois à temps plein pour augmenter les contacts directs avec la frange plus fragile de la population.

Affluence

Les effets du changement de saison ne se feraient pas sentir dans l’achalandage aux urgences ou encore dans le nombre d’hospitalisations, ajoute le Dr Bleau.

Or, certains psychologues sont pourtant fortement occupés. En lâchant un coup de fil à la Clinique d’anxiété de Montréal, le répondeur nous accueille: «Puisque la liste d’attente est trop élevée, elle est ouverte seulement pour les clients âgés de 17 à 25 ans disponibles de jour, soit avant 15h», entend-on.

Colette St-Laurent a vu une recrudescence des appels pour une consultation depuis le début de l’automne. «Ça peut aller jusqu’à deux ou trois demandes par jour», dit-elle.

Cela serait supérieur aux années précédentes.

89

Avant de passer le flambeau à l’hiver, l’automne durera au total 89 jours, 20 heures et 31 minutes.


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Le harcèlement en ligne réduit les jeunes filles au silence

Le 5 octobre, l’organisation internationale de défense des droits de l’enfant, Plan International Canada, a publié les résultats d’une enquête mondiale menée auprès de 14 000 filles âgées de 15 à 25 ans dans 22 pays, dont 1 002 étaient canadiennes, qui montrent que plus de la moitié (58%) ont été victimes d’abus ou de harcèlement en ligne.

Au Canada, les chiffres sont encore plus élevés: 62%.

Le rapport, intitulé Free to be online? Girls’ and young women’s experiences of online harassment (libres d’être en ligne: comment les filles et les jeunes femmes subissent du harcèlement en ligne), montre l’importance des réseaux sociaux dans la vie des jeunes et comment l’abus en ligne prive les filles de leur autonomie en les excluant d’un espace largement utilisé pour le militantisme, le divertissement, l’apprentissage, et pour rester en contact avec leurs amis et leur famille.

6 filles interrogées sur 10 au Canada ont été victimes d’abus et de harcèlement en ligne.

«Compte tenu de l’importance vitale d’Internet pendant la pandémie actuelle, en particulier du fait que de plus en plus de filles ont accès à Internet dans le monde, il est évident qu’il faudrait faire davantage pour autonomiser les filles et sécuriser les espaces en ligne», a déclaré par voie de communiqué Lindsay Glassco, présidente-directrice générale de Plan International Canada. «Les filles ont le droit de s’exprimer et de prendre part à la vie publique. Ces plateformes existent pour que leurs voix soient entendues, et non réduites au silence. Le harcèlement en ligne a des effets dévastateurs sur la capacité des filles à participer à des discussions importantes et sur leur confiance en elles pour partager leurs points de vue et leurs idées sur les plateformes de réseaux sociaux, et il crée une atmosphère de crainte et d’anxiété qui peut conduire à l’automutilation».

Peu de moyens pour prévenir le harcèlement virtuel

L’étude de Plan International Canada, la plus vaste du genre, a révélé que les filles qui utilisent les réseaux sociaux, dans les pays à revenu élevé comme dans les pays à faible revenu, sont régulièrement victimes de messages explicites, de photos pornographiques, de traque en ligne et d’autres formes d’abus inquiétants. Les outils de signalement actuels proposés par les plateformes de réseaux sociaux ne font pas assez pour prévenir le harcèlement et les abus en ligne.

«Les entreprises de réseaux sociaux doivent s’engager à faire davantage pour protéger les filles contre les abus en ligne afin de leur garantir un accès égal à ces précieuses plateformes», a affirmé dans un communiqué Ramandeep, jeune ambassadeur âgé de 15 ans de Plan International Canada. «Il reste encore beaucoup à faire pour éliminer complètement les abus en ligne.»

Des moyens drastiques

Pour éviter le harcèlement en ligne, 19% des filles interrogées au Canada ont déclaré qu’elles cesseraient de publier des contenus qui expriment leur opinion. 8% ont déclaré qu’elles quitteraient la plateforme sur laquelle elles ont été victimes de harcèlement. Près de la moitié des filles et des jeunes femmes interrogées (48%) choisiraient d’ignorer le harcèlement, tandis que 37% choisiraient de signaler/bloquer le harceleur ou d’augmenter leur niveau de protection de la vie privée. Si les plateformes de réseaux sociaux offrent certaines solutions techniques, notamment des mécanismes de signalement et d’escalade, et surveillent les contenus sur leurs plateformes, des modifications substantielles doivent être mises en oeuvre pour mieux protéger les filles.

Un appel à l’action

Plan International Canada appelle les plateformes de réseaux sociaux à prendre des mesures pour mettre fin au harcèlement en ligne, notamment en créant des mécanismes de signalement plus efficaces et plus accessibles, et en renforçant les moyens de surveillance afin d’identifier et de réagir à la cyberintimidation et au harcèlement en ligne.

Plus important encore, Plan International Canada encourage ces plateformes à travailler avec les filles et les femmes pour créer des politiques et des solutions techniques à la violence en ligne. Plus de la moitié des filles interrogées au Canada pensent que les entreprises de réseaux sociaux devraient faire davantage pour lutter contre ces problèmes sur leurs plateformes. Des filles du monde entier ont écrit une lettre ouverte à Facebook, Instagram, TikTok et Twitter, leur demandant de créer des outils plus efficaces pour signaler les abus et le harcèlement. Les personnes qui soutiennent cet appel à l’action au Canada sont invitées à lire et à signer cette lettre, qui exhortera les géants des réseaux sociaux à apporter des changements significatifs et à rendre les espaces en ligne plus sûrs pour tous.

Le 11 octobre, tout le monde est invité à prendre part aux conversations de Plan International Canada pour la Journée internationale de la fille. Rendez-vous sur Facebook, Twitter et Instagram.


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Sept astuces pour préserver sa santé mentale durant la crise

Il est normal de ressentir des émotions négatives en temps de crise: anxiété, peur, sentiment d’impuissance. Afin de préserver sa santé mentale, la plateforme Mouvement Santé mentale Québec propose sept astuces à mettre en pratique.

  1. Agir

    Agir, c’est oser, profiter de ses expériences, apprécier le bon côté des choses, s’engager socialement. On peut sentir de l’impuissance en ces moments difficiles, mais lorsqu’on arrive à donner du sens à ce que l’on vit, on se sent mieux. Qu’est-ce qui donne du sens? Faire rire les enfants, dire merci, faire de la livraison pour les popotes roulantes, appeler les gens qu’on aime…

  2. Ressentir

    Ressentir, c’est accueillir ses émotions et les comprendre pour mieux s’orienter. L’émotion, c’est un GPS intérieur qui nous aide à répondre à des besoins. Quels sont les vôtres? Besoin d’être mieux informé? D’arrêter de lire des publications nocives sur Facebook? De parler avec quelqu’un? De prendre une pause des enfants? D’un soutien financier? Dans le cadre de la Semaine nationale pour la santé mentale, qui se déroule du 4 au 10 mai 2020, Mouvement Santé mentale Québec lance sa campagne ayant pour thème «Ressentir c’est recevoir un message».

  3. S’accepter

    S’accepter, c’est avoir une bonne estime de soi. C’est reconnaître ses forces, ses capacités, ses limites et exprimer ses besoins. Vous avez peut-être l’impression de les avoir perdues. Il est temps de les mettre en valeur, d’en faire la liste et de ne pas les perdre de vue. Pourquoi ne pas l’afficher dans votre bureau, sur le frigo ou dans votre salle de bain? Elle pourrait être salvatrice dans un petit moment de déprime.

  4. Choisir

    Choisir, c’est faire des choix, les assumer et les reconsidérer. Alors que la vie telle que nous la connaissons a changé radicalement, on sent parfois que nous avons perdu le contrôle de notre quotidien. Pourtant, il est encore possible de faire des choix! Et faire des choix, c’est parfois aller chercher de l’aide, c’est faire le point sur ses priorités, c’est choisir selon ses valeurs.

  5. Découvrir

    Découvrir, c’est s’ouvrir à la vie. Percevoir le changement comme un défi, une occasion d’apprendre plutôt que comme une source de contrariété. Il est donc temps d’utiliser la force de la créativité pour faire face aux changements. Les gens curieux se sentent plus en contrôle de leur vie même lors de période de grande incertitude. Que pouvez-vous faire? Apprendre comment faire une vidéoconférence avec vos proches, essayer une nouvelle recette, apprendre une nouvelle langue, vous adonner à un nouveau passe-temps, etc.

  6. Se ressourcer

    Se ressourcer, c’est faire place à ce qui nous fait du bien. Quelle que soit la pause choisie, ce sont les effets positifs qu’elle procure qui sont importants : sentiment de bien-être, plaisir, détente, prise de contact avec son corps, son esprit, ses émotions, sa créativité et ses valeurs. Il est essentiel de se ressourcer à sa manière : aller marcher, courir, faire du vélo, respirer, lire, écouter une série télé, faire des casse-têtes, méditer…

  7. Créer des liens

    Créer des liens, c’est oser faire de nouvelles rencontres, s’entourer, aimer. Alors que nous sommes confinés depuis plusieurs semaines, certaines personnes souffrent d’isolement. Pourtant, il y a mille et une manières de créer, de développer et de renforcer des liens: se parler au téléphone ou par vidéo, retrouver des amis sur Facebook, joindre un groupe en ligne qui partage un de nos intérêts, etc. On peut aussi offrir son soutien à à une personne dans
    le le besoin.

Des trousses grandement appréciés

La bibliothèque Marie-Uguay se distingue en proposant huit trousses pour les enfants atteints de troubles sensoriels comme l’hyperactivité, spectre de l’autisme ou encore déficit d’attention. Une première au Québec. Ce projet pilote mis en place depuis janvier obtient un bon succès chez les familles.

Robyn Maler, la chef de section des bibliothèques Marie-Uguay et Saint-Henri s’est inspirée d’une conférence prononcée au printemps lors du colloque des bibliothèques publiques du Québec. Pendant ses vacances, l’été dernier, Mme Maler a visité par hasard la bibliothèque municipale de Chicago qui proposait ce projet novateur.

En janvier, son équipe composée de ses collègues Rachid Semane et Luis Olazo Baldwin ont introduit à leur tour les deux premières trousses. Dans un sac à dos, on retrouve sept objets, dont une balle anti-stress, coquille anti-bruit (ressemblant à un casque d’écoute), coussin texturé, minuteur, coussin de détente qu’on place sur les épaules.

Bienfaits

Une trousse qui aident les enfants à retrouver le calme et la concentration.
Quelques uns des objets contenus dans la trousse dont un minuteur, coussin de détente, balle anti-stress permettent d’augmenter la détente, la concentration et l’attention.

Une liste détaillée explique les bienfaits de chaque item. De plus, le sac contient un carnet de 27 activités permettant d’énergiser le corps et les neurones. Le livret donne des conseils et exercices afin de stimuler les jeunes sur le plan émotionnel et intellectuel.

«Nous présentons des objets qui vont calmer les enfants, c’est vraiment cela l’idée», explique le bibliothécaire Luis Olazo Baldwin.

La représentante de la Voix Pop en a testé quelques uns. En posant la coquille anti-bruit sur les oreilles, on constate une absence totale de son. L’effet est saisissant. De même, le coussin bleu appelé «l’amilourd» créé une véritable sensation d’apaisement.

Un autre objet, le tangle aide à renforcer les muscles des doigts en facilitant la rééducation des articulations de la main. Un gadget apprécié des parents d’enfants atteints de troubles sensoriels car ceux-ci éprouvent parfois une plus grande difficulté à tenir des objets dans la main.

Besoin

Depuis janvier, les bibliothécaires constatent les répercussions positives de leur projet. «On: ne s’attendait pas à autant d’intérêt et déjà d’autres bibliothèques nous demandent des informations», précise Robyn Maler.

Ses collègues estiment que la trousse répond à un véritable besoin. «Les gens empruntent les trousses et on peut lire les commentaires positifs sur les réseaux sociaux», ajoute Luis Olazo Baldwin.

Enfin, M. Baldwin a l’impression que le travail de son équipe suscite un impact pour la société. «De façon générale, je pense que les bibliothèques publiques comme la nôtre améliorent la qualité de vie des citoyens», conclut-il.

Troubles sensoriels

Les personnes atteintes de troubles sensoriels réagissent à des stimulis comme le bruit, la lumière ou un toucher. En conséquence, cela déclenche des troubles de l’humeur ou de comportement. À l’heure actuelle, la sensibilisation aux troubles de traitement sensoriels n’est pas reconnue comme une affection et ne figure pas au Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM). Toutefois, une campagne est en cours pour faire reconnaître officiellement les troubles de traitement sensoriels comme l’état pathologique nommé « Dysfonction du traitement de l’information sensorielle ».

Source : www.esantementale.ca/

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