L’architecte qui créait des vêtements
De l’architecture au design, il n’y a qu’un pas… que Rachel Sin a franchi allègrement. La jeune designer sera de la soirée de clôture de la Semaine de mode de Montréal, ce soir.
Il y a trois ans, la Torontoise fondait la griffe qui porte son nom. Ce soir, c’est au tour des Montréalais de découvrir une marque qui a déjà séduit le public de la Ville Reine et de nombreuses adeptes du magasinage en ligne.
Pourquoi avez-vous choisi Montréal pour présenter votre collection printemps-été 2013?
J’aime l’attitude de cette ville par rapport à la mode. J’aime aussi le fait que le Québec semble offrir beaucoup de soutien aux designers. De plus, je préfère participer à des Semaines de mode où le public se sent le bienvenu, parce que je pense que la mode devrait être accessible à tout le monde.
Vous avez complété une maîtrise en architecture. Comment cette formation définit-elle votre travail en tant que designer de mode?
Je ne pense pas que je serais une aussi bonne designer de mode si je n’avais pas étudié l’architecture. Pour moi, l’architecture est à la base de toutes les formes de design; la mode n’étant qu’une expression du design à plus petite échelle. Je trouve qu’il est plus facile d’avoir le plein contrôle de ce qu’on crée en mode : le contrôle des tissus que l’on choisit, de la structure, de la forme et des détails des vêtements. Mon souci du détail et mes lignes nettes viennent de la tendance qu’ont les architectes à améliorer les choses grâce au design. Puisque l’architecture devrait toujours être fonctionnelle, la mode devrait toujours être portable.
En tant qu’architecte, je suis passionnée de design, de ce qui est bien fait, élégant. Quand je vois quelque chose de magnifique, je ne peux m’empêcher d’y penser. J’espère transposer ces qualités dans mes créations pour qu’elles deviennent des incontournables de la garde-robe.
Décrivez votre griffe en quelques mots.
Mes créations sont très architecturales en raison de mon parcours. Elles sont aussi féminines et fonctionnelles. Ce sont des pièces polyvalentes et faciles à porter.
Qu’est-ce qui vous inspire?
La vie de tous les jours. En tant que designer, je garde toujours les yeux ouverts et je prête attention à tous les petits détails dans l’environnement qui m’entoure. Je m’inspire souvent d’espaces architecturaux contemporains et j’imagine ce que les femmes pourraient porter dans un tel endroit pour être aussi intemporelles que la construction elle-même.
Qu’est-ce qui vous a particulièrement inspirée pour cette collection printanière?
Le design de la Farnsworth House, construite par Mies Van der Rohe entre 1945 et 1951 : ses lignes épurées, ouvertes sur la nature environnante, les grandes baies vitrées, la structure apparente toute blanche…
Comment ce design se traduit-il en vêtements?
Ma collection est inspirée des formes des années 1950, du glamour classique et à la fois très sensuel qui caractérisait les femmes de cette époque. On peut penser à l’image d’une femme qui travaille, un peu comme les vedettes de la série Mad Men. Elles savaient comment mettre en valeur leur féminité.
J’ai utilisé une palette de couleurs neutres tout en fraîcheur : des beiges et des noirs, mais aussi un corail.
Défilé
Vendredi, 18 h 30