Soutenez

Jonathan Kelsey : Pour les filles

Kenya Hunt - Metro World News

Alors que beaucoup d’enfants nés à la fin des années 1970 regardaient Sesame Street en sautillant dans leur Underoos, le petit Jonathan Kelsey fouillait dans la garde-robe maternelle, s’emparant de sa collection de chaussures.

«Je ne les portais pas ni rien, précise-t-il en riant. Je ne faisais que les tenir et je les examinais.» Il se souvient particulièrement d’une paire de bottes de cuir de couleur tan. «C’était en 1978, et ma mère avait ces bottes qui ressemblaient à des cavalières, mais avec un talon de bois, se rappelle-t-il. J’avais environ quatre ans et je parlais de chaussures avec ma mère!»

Toute la suite d’inconditionnelles du designer peut donc remercier maman Kelsey pour le cuir tan, qui est devenu la marque de commerce de sa ligne de chaussures. Dans son studio londonien, nous avons fait un petit arrêt question de parler de ses muses et de la controverse entourant les talons vertigineux.

Qu’est-ce qui fait que les femmes s’attachent autant à leurs chaussures?
Je pense que c’est probablement parce qu’on peut rehausser une tenue, voire la transformer, simplement en portant certains souliers. Une petite robe noire agencée avec des ballerines aura l’air complètement différente si on y associe des talons très hauts. Alors que le sac à main est placé sous la table, les chaussures restent avec vous toute la soirée, ce qui entraîne aussi un attachement physique. Et s’il faut choisir entre une magnifique pièce de prêt-à-porter et une paire de chaussures, rappelez-vous que vos pieds ne risquent pas de grandir soudainement…

Ces dernières saisons, la critique s’est mise à se plaindre des talons hauts de plus en plus vertigineux. Prévoyez-vous un retour du balancier?
Je crois que nous en verrons davantage et pour tous les goûts. Je veux dire qu’il faut avoir des talons vraiment hauts pour les magazines et les défilés. C’est ce qu’on veut. Mais ces tendances ne doivent pas nécessairement se retrouver dans la garde-robe des consommatrices. J’essaie donc d’offrir des modèles pour toutes.

Vous élaborez chaque collection en fonction d’une fille imaginaire ou encore d’une muse. Pourquoi?
Pour la toute première collection, je pensais au film Edward Scissorhands et j’ai imaginé le personnage en fille. Que porterait-elle? À partir de là, j’ai commencé à créer une fille pour chaque saison avec chaque collection. Ce printemps, c’est une geisha guerrière jolie et tendre en apparence, mais véritablement dure et sexy. Cet automne, elle est un mélange de Siouxsie Sioux et de Joan Jett, avec des souliers décorés de fermetures éclair, des chaînes et des rivets.

Certaines chanteuses vous ont beaucoup inspiré. Vous avez même dessiné un modèle pour Amy Winehouse. D’où cette influence musicale vient-elle?
Je crée la plupart du temps à la maison. Et quand je dessine, j’écoute toujours de la musi­que dans le tapis. La musique finit donc par ressortir dans le produit fini.

Qui vous fait vibrer actuellement?
J’aime beaucoup Lady GaGa. J’adore son petit côté sauvage. Je suis aussi fan de Roisin Murphy.

Vous avez récemment créé un sac en édition limitée inspiré par Estelle. Pensez-vous éventuellement créer une ligne de sacs?
C’était amusant. Pour le moment, il est un peu tôt pour penser lancer autre chose, mais ça fait partie de mes plans. J’aimerais avoir une collection de chaussures très, très forte avant de prendre de l’expansion.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.