Sabrina et Claudia Barilà: Deux artistes engagées
En deux ans, les sÅ“urs Sabrina et Claudia Barilà se sont forgé une réputation de designers engagées. D’une part, elles ne jurent que par la confection locale.
«C’est important, car nous sommes nées à Montréal et notre produit est ici, estime Sabrina. Même si c’est difficile et que beaucoup d’entreprises produisent en Chine, je tiens à encourager la culture montréalaise et la partager avec le monde entier. C’est comme acheter de la sauce tomate déjà faite ou des repas pour le micro-ondes. Je préfère faire ma sauce à la maison avec ma grand-mère à base d’ingrédients frais. Ça goûte meilleur, non?»
D’autre part, la griffe s’est engagée depuis ses débuts à verser une partie de ses profits à la fondation One Drop, dont la mission vise à assurer de l’eau potable à tout le monde. Pourquoi One Drop? Déjà, il faut savoir que Guy Laliberté, qui tire les ficelles de cette fondation, est l’amoureux de Claudia. «Un pour cent des profits de Barilà sont versés à la Fondation, précise Sabrina. C’est une cause qui relie toutes les autres et qui touche la planète entière.»
Printemps joyeux
Pour le printemps prochain, Barilà conserve sa facture ultra féminine et urbaine, explique Sabrina, le cerveau artistique du duo. «Bien sûr, nous évoluons toujours avec de nouvelles textures et de nouvelles techniques, mais nous demeurons toujours Barilà», fait-elle valoir.
En termes vestimentaires, cela se traduit par une collection «très colorée, tout en transparence et en fluidité, continue la designer. Nous aurons aussi du lin et des faux cuirs perforés. C’est une collection inspirée des années 1950, mais qui n’est pas trop vintage; une collection adaptée à la femme d’aujourd’hui.» Et aussi imprégnée de joie de vivre, comme beaucoup de collections printanières.
Pour créer cette mouture printemps 2010, présentée à la Semaine de mode de Montréal ce soir, Sabrina avoue s’être inspirée directement des personnages du téléfilm Grey Gardens avec Drew Barrymore et Jessica Lange. «Ça relate l’histoire d’une dame âgée et de sa fille, issues de la haute société new-yorkaise [la cousine et la tante de Jackie Kennedy, ndlr], qui s’isolent du monde et vivent de façon très excentrique, comme piégées dans le temps dans leur manoir d’East Hampton. J’ai été fascinée par ces personnages, ce qui m’a donné envie d’explorer les années 1950.»
Et après le défilé? C’est Claudia, aux commandes du marketing et des ventes, qui prendra le relais. «Nous aimerions continuer l’expansion», précise sa sÅ“ur. Elle parle pour l’instant de l’Europe et du Japon. Rien que ça!