Hochelaga-Maisonneuve
17:16 27 avril 2020 | mise à jour le: 27 avril 2020 à 17:43 temps de lecture: 4 minutes

Fin annoncée pour l’aréna du YMCA Hochelaga-Maisonneuve

Fin annoncée pour l’aréna du YMCA Hochelaga-Maisonneuve
Le centre Hochelaga-Maisonneuve compte environ 1600 abonnés.

À une semaine de sa fermeture, la pétition qui devait permettre la tenue d’une consultation publique sur la survie de l’aréna du YMCA Hochelaga-Maisonneuve n’a récolté qu’une infime portion des signatures requises. Des citoyens craignent qu’un «vide» ne se crée si l’établissement ferme pour de bon.

Exigée depuis maintenant quelques mois, la sauvegarde du centre sportif situé rue Hochelaga appert de moins en moins plausible. Au moment d’écrire ces lignes, les organisateurs de la pétition n’avaient récolté que 170 signatures. Or, les documents du genre doivent en obtenir 5000 pour que la Ville de Montréal donne son aval à une consultation citoyenne.

Lancée début-février, la pétition demande l’étude d’une «rénovation ou d’une reconstruction de l’aréna». Les citoyens de l’arrondissement ont encore jusqu’à mardi pour y apposer leur signature.

Rejoint par Métro Média, l’un des instigateurs de la pétition, l’architecte Stéfan Marquis, s’est montré déçu des résultats récoltés jusqu’ici. Celui qui a été membre du YMCA pendant plus de dix ans craint d’ailleurs qu’un «vaccuum» se crée dans l’offre sportive du quartier.

«Lorsqu’est venu le temps de mobiliser les gens pour informer le quartier, il n’y a pas eu de mouvement», laisse tomber M. Marquis, qui s’était joint à un petit groupe d’amoureux de l’aréna pour exiger sa survie.

Pandémie oblige: la distribution d’une pétition papier – un processus «moins fastidieux», selon M. Marquis – n’était pas dans les cartons.

«C’est clair que l’avènement de la pandémie a complètement éliminé toute espérance de pouvoir faire avancer les choses. On ne peut pas aller dans les bouches de métro», signale-t-il.

Les décideurs «font l’autruche»

Aux yeux de Stéfan Marquis, les élus locaux de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve «font l’autruche» dans ce dossier.

«Cet aréna, en plus d’être un équipement sportif important pour le quartier, sert aussi l’Île de Montréal. Parce que l’aréna du YMCA [Hochelaga-Maisonneuve] est la seule qui a une vocation d’Organisme sans but lucratif (OSBL)», soutient-il.

«Ça veut dire qu’il y a des ados, des adultes qui peuvent jouer librement, sans affiliation. Ça, à Montréal, c’est vraiment très difficile», ajoute-t-il.

L’organisme Jeunes sportifs Hochelaga s’était fait entendre sur l’aréna lors du dernier conseil d’arrondissement local. Selon Denis Côté, chargé projet de l’organisme, la fermeture imminente du YMCA entraînera une «baisse de l’offre en patinoires intérieures dans le quartier».

L’organisme demande que les élus du quartier permettent l’ouverture d’une autre patinoire, celle de Francis-Bouillon tout au long de l’été.

«Pression»

Lors du dernier conseil d’arrondissement, le maire Pierre Lessard-Blais avait convenu que «la disparation du YMCA entraîne une pression supplémentaire sur l’infrastructure des sports de glace dans l’arrondissement».

Selon les directives de la santé publique, MHM pourrait permettre l’utilisation des planchers bétonnés dans les arénas toujours ouverts de l’arrondissement, avait-il poursuivi.

En novembre dernier, les YMCA du Québec s’étaient vus forcés de mettre la clé dans la porte d’un de ses établissements, Guy-Favreau, en plus de considérablement réduire les activités de deux autres. Le YMCA Hochelaga-Maisonneuve avait entre autres dû dire au revoir à ses volets aquatique et activités physiques.

Selon le chargé de projet pour le redéveloppement du Y de la rue Hochelaga, Éric Trudel, les fonds manquaient tout simplement pour tenir la tête hors de l’eau. «Il n’y a plus vraiment d’avenir pour l’aréna. […] Il fallait des investissements. On n’était pas en mesure de faire nos frais avec l’aréna et le centre sportif», affirme-t-il.

Selon M. Trudel, l’arrondissement avait mis en place certains congés fiscaux, dont la location du bâtiment sans loyer.

«Mais il n’y a pas eu d’autres sommes versées pour éponger des déficits d’opération, comme le maintien d’une piscine, d’un gymnase.» – Éric Trudel, chargé de projet pour le redéveloppement du Y de la rue Hochelaga

M. Lessard-Blais n’a pas donné suite à nos demandes d’entrevue lundi.

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