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110 000 $ pour améliorer la cohabitation entre itinérants et habitants

Une Halte-chaleur avait été mise en place à Lachine et à Pierrefonds-Roxboro pour soutenir des personnes en situation d’itinérance pendant l’hiver avec la possibilité d’y dormir, manger, se procurer des habits, se laver et laver son linge aux heures d’ouverture. Photo: Gracieuseté, Ricochet

Ricochet, un organisme qui vise à héberger les sans-abri, va recevoir 110 258 $ pour son projet Co-Existe. Le fond vise à améliorer la cohabitation entre les personnes itinérantes et le voisinage à Lachine et Pierrefonds-Roxboro.

Lors du dernier conseil municipal de la Ville de Montréal, plus de 2 M$ ont été promis pour diverses initiatives de logement social et d’aide aux sans-abri lancées par vingt organismes à Montréal.

Répondre à un manque de services

Ricochet est le seul organisme qui veille à loger les sans-abri à Lachine, alors que l’ouest de l’île manque cruellement de ressources pour les personnes en situation d’itinérance. Une Halte-chaleur avait été mise en place à Lachine et à Pierrefonds-Roxboro pour soutenir des personnes en situation d’itinérance pendant l’hiver avec la possibilité d’y dormir, manger, se procurer des habits, se laver et laver son linge aux heures d’ouverture.

Située dans le sous-sol de l’église Très-Saint-Sacrement, rue Provost, la halte-chaleur de Lachine est un hébergement d’urgence, dont la structure était vouée à être temporaire. En-dehors des horaires d’ouverture, les personnes qui bénéficient de leurs services n’ont « pas d’endroit où aller», explique la directrice et co-fondatrice de Ricochet, Tania Charron.

Malgré le besoin pressant, la halte-chaleur avait été mal reçue par les riverains, qui ont fait preuve d’«incompréhension.». Certains estiment même que l’organisme est responsable des nuisances dont les résidents se plaignent. Mais Tania Charron insiste que l’organisme «n’a pas créé un besoin, [il] répond à un besoin».

D’après elle, «la pandémie a fragilisé les gens qui étaient en situation précaire» ce qui a contribué à un «déplacement de l’itinérance, de plus en plus vers les périphéries». «Maintenant on la voit, cette itinérance cachée», et elle ne plaît pas.

Une solution pour alléger les tensions

À la suite de plusieurs plaintes, l’appel d’offres de la Ville a présenté une opportunité pour créer un programme de cohabitation sociale qui favorise la communication entre résidents. Ricochet a rencontré les riverains pour écouter leurs griefs et formuler le projet Co-Existe.

Ce projet  vise donc à favoriser la cohabitation en sensibilisant le public aux questions d’itinérance, en encourageant le vivre ensemble, et propose en plus d’intervenir pour faire de la médiation sociale. Pour la co-fondatrice, le programme de sensibilisation est important puisqu’il répond à des « peurs et préjugés des deux côtés».  Il y a un «besoin d’un projet comme celui-là pour que tout le monde s’apprivoise», précise Mme Charron.

Deux postes seront créés cet été, l’un dans la sensibilisation, et l’autre en intervention psychosociale. L’employé de CASUAL, le Comité d’action en sécurité urbaine de l’arrondissement Lachine, et l’employé de Ricochet organiseront des activités de rapprochement. Parmi ces activités, le projet Co-Existe prévoit la collecte de récits des personnes itinérantes, un service de médiation sociale, et des opportunités pour les bénéficiaires des services de s’impliquer dans l’entretien de l’espace public, comme faire du jardinage.

C’est la première fois que la Ville de Montréal investit dans l’organisme à cette hauteur. Le projet devrait prendre forme cet été, «le plus vite possible», assure la directrice de Ricochet.

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