Ahuntsic-Cartierville

Les piétons appelés à la prudence

Les piétons appelés à la prudence
Photo: Amine Esseghir/Courrier AhuntsicLes personnes âgées, notamment à mobilité réduite, ont besoin de plus de temps pour traverser certaines intersections.

Un accident survenu le premier novembre à l’angle du boulevard Crémazie et de l’avenue de Chateaubriand à Ahuntsic a rappelé les risques qu’encourent les piétons à traverser à certains endroits. Plus que jamais, la prudence est de mise, notamment pour les personnes âgées.

La dernière victime, un homme de 59 ans a été heurté de plein fouet par un VUS. Il a été transporté inconscient à l’hôpital. C’est le cinquième accident grave impliquant des piétons en six mois dans l’arrondissement.

«Nous avons eu deux décès malheureusement cette année», souligne le commandant Dany Diotte, du poste de quartier (PDQ) 27.

Les accidents sont localisés souvent aux mêmes endroits. Dans le jargon policer, on appelle cela les lieux «accidentogènes». «C’est les intersections sur Crémazie, notamment avec Saint-Laurent. Il y a aussi Papineau -Sauvé, Papineau – Henri-Bourassa», énumère entre autres le commandant Diotte. On peut y ajouter la rue de Salaberry, surtout près des galeries Normandie.

«Ce qui est en cause, c’est la fluidité et le grand nombre de véhicules qui circulent sur ces rues», explique le commandant Diotte.

Les aînés vulnérables

Des cinq accidents de la circulation impliquant des piétons à Ahuntsic-Cartierville ces derniers six mois, on compte trois victimes âgées de 60 ans et plus. L’une d’elles est décédée. «L’année passée, 58% des piétons décédés à Montréal étaient âgés de plus de 65 ans», assure Georges Turner de l’organisme de sécurité publique Tandem Ahuntsic-Cartierville. Il y a eu 18 accidents de la circulation lors desquels des piétons ont perdu la vie dans la métropole en 2018.

À 66 ans, Diane Dauphinais, résidente d’Ahuntsic-Cartierville, avoue que traverser une intersection relève de la performance physique. «J’ai peur de me faire frapper alors je marche vite», indique-t-elle.

Le problème du temps de traverse est montré du doigt. Or, l’intervention sur ce seul élément ne réglerait pas tout. «Si on ajoute 15 secondes de temps de traverse, on risque de créer un Mile de bouchon de voitures en plus à l’heure de pointe», relève M. Turner. Il plaide surtout pour une meilleure prise de conscience des risques aux endroits les plus dangereux.

Une information plus efficace

«Quand on parle aux gens dans les résidences pour personnes âgées, on se rend compte que beaucoup ne sont pas au courant du fonctionnement des feux de circulation par exemple», relève M. Turner.

Le commandant Diotte assure qu’il n’a pas attendu les accidents pour informer la population des risques. «Nous faisons des opérations de prévention toute l’année. Nos agents vont dans les résidences pour personnes âgées et sont à la sortie des pharmacies ou des cliniques médicales.»

La Ville de Montréal a mis aussi en branle son plan Vision zéro. Il vise à réduire le nombre de morts sur les routes à néant. «C’est un plan ambitieux, reconnaît Émilie Thuillier, mairesse de l’arrondissement. Mais on ne peut pas fixer un autre objectif que cela. Un décès dans un accident est un décès de trop.»

Ce plan à long terme est destiné à protéger les piétons et les cyclistes notamment les enfants et les personnes âgées. «Cela inclut aussi une éducation aux piétons et aux automobilistes, convient M. Turner. Le besoin d’informer est permanent. Il faut rappeler et expliquer tout le temps.»

Outre les actions de communication qu’il suppose, la Ville veut aussi imprégner de sa philosophie les aménagements urbains et les dispositions réglementaires.

À Ahuntsic-Cartierville, l’esprit de Vision zéro sera au centre du plan de déplacement de l’arrondissement à venir en 2020. «On le verra se concrétiser notamment sur la future piste cyclable de 7,5 km sur Sauriol et Prieur», promet Mme Thuillier.