Côte-des-Neiges & NDG

Les «Idoles» de Marie-Fauve Bélanger à la Maison de la Culture

La sculpteure Marie-Fauve Bélanger sur la terrasse de la Maison de la Culture CDN. Photo: Gracieuseté – Mathieu Fecteau

Depuis le 23 juin dernier, l’exposition Idoles de Marie-Fauve Bélanger est présentée à l’extérieur sur la terrasse de la Maison de la Culture Côte-des-Neiges.

Inspirée par les différents motifs naturels des bordures maritimes du fleuve Saint-Laurent, la sculpteure dépeint dans cette exposition des fragments de paysage décomposé qui s’intensifient au coucher du soleil. Il s’agit d’une ode au ciel et à la lumière où les plexiglas rouge et vert fluorescents, semblables à des cerfs-volants et des boomerangs, s’accrochent à des branches de bois flotté que l’artiste a elle-même cueillies sur les plages.

Originaire de Lac Saint-Charles dans la ville de Québec et maintenant Portneuvoise, Marie-Fauve Bélanger, qui est passée de la peinture à la sculpture, assemble et juxtapose différentes matières, naturelles et artificielles, pour créer des formes pastiches. L’environnement et le contexte ont aussi un rôle important à jouer dans l’œuvre de l’artiste qui fut parmi les trois gagnants du Prix Émergence en métiers d’art lors du Gala des prix d’excellence des arts et de la culture en 2020. N’ayant pas eu la chance de la rencontrer en présentiel, puisqu’un vernissage ne pouvait avoir lieu, pandémie oblige, c’est par téléphone que le journal Métro a pu rejoindre cette personne à la fois douce et pétillante. 

Démarche artistique

Marie-Fauve Bélanger raconte que c’est en 2019, lors d’une résidence de création d’une durée d’un mois à la halte routière de La Pocatière, qu’une première version du projet Idoles est née. Il s’agissait de sa première résidence en tant que sculpteure parce que l’ensemble de ses outils de travail la retient normalement à son atelier. « C’est grâce au prêt d’un outil rotatif qui grave la matière que j’ai pu passer en mode nomade », explique-t-elle. En mode nomade, c’est le cas de le dire puisque, lors de cette résidence, l’artiste a vécu durant un mois dans sa tente à cette halte routière côtière où son projet est apparu sous les yeux des passants. Elle raconte que les gens, de leur voiture, voyaient les couleurs du plexiglas au loin, puis s’arrêtaient pour admirer mais aussi pour poser leurs questions.

Gracieuseté – Mathieu Fecteau

Inspirée par ce lieu, Marie-Fauve Bélanger devait également répondre à un des objectifs de cette résidence qui était de laisser une trace du projet en cours. « Deux de mes trois œuvres sont actuellement à Côte-des-Neiges, mais l’autre est partie en mer emportée par la marée », dit-elle. Et depuis cette résidence, cinq nouvelles gravures ont été créées dans le but de bonifier quelque chose que la sculpteure n’avait pas mis en texture. 

Pourquoi nommer cette exposition Idoles

Marie-Fauve Bélanger dit avoir eu ce titre en tête dès qu’elle a pris ce matériau dans ses mains pour la première fois. « Je le trouvais magique, lance-t-elle. La lumière était tellement vibrante! » Le plexiglas, qu’elle lamine habituellement avec le bois, est maintenant nu et gratté en plaques, ce qui le rend luminescent et donne l’effet d’un laser lorsque les rayons du soleil passent au travers. 

De par les marées, l’écume, les changements de température, le vent, les plantes, le sol argileux et les plus beaux couchers de soleil du Québec, l’artiste a créé des polygones dont les formes oscillent entre le naturel et l’abstraction. Une ambiance alors surnaturelle qu’elle a transportée du bord de mer vers le milieu urbain et que vous pourrez admirer à la terrasse de la Maison de la Culture Côte-des-Neiges jusqu’au 17 octobre 2021. 

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