Hochelaga-Maisonneuve
15:49 31 août 2020 | mise à jour le: 31 août 2020 à 19:28 temps de lecture: 3 minutes

Un rassemblement contre le démantèlement du camp de fortune 

Un rassemblement contre le démantèlement du camp de fortune 
Photo: Elena Broch/MétroDes membres de l'organisme Dopamine sont venus en soutien aux personnes en situation d'itinérance.

En réaction à l’annonce du démantèlement du camp de fortune installé sur Notre-Dame Est, aux abords du square Dézéry, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées pour montrer leur soutien aux personnes en situation d’itinérance.

À l’appel de la page Facebook Un chez soi pour tous, plusieurs citoyens et organismes se sont rassemblés ce lundi 31 août pour s’opposer au démantèlement du campement demandé par la ville de Montréal.

Sandra Cordelo, originaire d’Hochelaga est venue avec sa pancarte faite-maison pour afficher son soutien aux habitants du campement. «Ce sont des personnes qui veulent un logement comme tout le monde», insiste-t-elle.

Des propos partagés par David McDuff et Isabeau Ethier, 22 ans. «Le démantèlement n’est pas légitime, étant donné que les campeurs ici se sont organisés de manière autonome, la Ville n’a pas à intervenir là-dedans, surtout si c’est pour les envoyer dans des ressources d’hébergement», lance le jeune homme.

«Je ne suis pas contre déplacer du monde, mais ils doivent être dans un meilleur endroit, avec autant de liberté pour faire leurs trucs. Pour moi, dans les refuges, c’est pas toi qui gère tes affaires, un refuge, c’est pas un logement», pense Isabeau Ethier.

«On ne peut pas se permettre de ne rien faire»

Côté organismes, Dopamine, le comité Bails et le Frapru étaient notamment sur place en soutien aux itinérants.

Patrick Landry, membre du comité Bails Hochelaga Maisonneuve, pense que «la Ville, les gouvernements provincial et fédéral sont tous responsables de la crise du logement». C’est pourquoi il est venu ce jour «pour revendiquer du logement social». «Des gens qui se retrouvent à la rue comme ça, c’est la même chose depuis toujours, on ne peut pas se permettre de rien faire», insiste-t-il.

Magali Boudon, coordonnatrice pour l’organisme Dopamine qui soutient la population en itinérance consommatrices de drogues pense qu’un démantèlement est «extrêmement infantilisante».

«Nous ce qu’on défend, c’est pas un campement ou un hébergement, ce qu’on défend c’est que ce sont des adultes, donc ces personnes sont à même de trouver des solutions par eux-mêmes», martèle-t-elle.

Lundi après-midi, aucun signe de démantèlement n’est visible. Une quarantaine de tentes demeurent installées le long de Notre-Dame. Plusieurs citoyens et organismes craignent d’ailleurs que le démantèlement ait lieu dans la nuit voire au petit matin demain.

Quand est-ce que la Ville de Montréal procédera à l’évacuation, et de quelle façon ? Pour le moment, l’administration Plante n’a pas répondu à notre demande d’entrevue.

Actuellement en conseil municipal pour renouveler l’état d’urgence, Valérie Plante a été interpellée par Benoit Langevin, porte-parole sur l’itinérance à Ensemble Montréal.

«Comment la Ville va s’assurer d’un démantèlement pacifique si plusieurs personnes ne veulent pas aller dans un refuge?», a-t-il demandé.

«J’aimerais que M. Langevin prenne toute l’énergie qu’il met dans ce dossier-là avec son équipe pour que le gouvernement du Québec entende les préoccupations des gens qui sont dans ce camp-là [les logements sociaux, notamment]», lui a-t-elle répondu, ajoutant que «tout le monde devrait avoir droit à un toit.»

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