Hochelaga-Maisonneuve
15:29 10 mars 2021 | mise à jour le: 10 mars 2021 à 15:29 temps de lecture: 4 minutes

Plaidoyer pour la sauvegarde de l’église Saint-Clément

Plaidoyer pour la sauvegarde de l’église Saint-Clément
Photo: Jason Paré/Métro MédiaWilliam Gaudry, le directeur de l'Atelier d'histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

L’Atelier d’histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve lance un appel à la sauvegarde de l’église Saint-Clément, située sur la rue Adam dans Viauville. Inutilisés depuis 2019, le lieu de culte et son presbytère sont dans un état inquiétant à la suite de divers incidents.

L’organisme a soumis une alerte sur Memento au début mars, une plateforme créée par Héritage Montréal répertoriant le patrimoine menacé afin d’informer et mobiliser les citoyens et les pouvoirs publics.

Cependant, l’intérêt de l’Atelier d’histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve pour l’église Saint-Clément, fermée depuis 2009, ne date pas d’hier.

«On est impliqué depuis 2012 dans le Comité de sauvegarde des églises Très-Saint-Nom-de-Jésus et Saint-Clément», précise le directeur de l’Atelier, William Gaudry.

Ce comité a permis la réouverture de l’église Très-Saint-Nom de Jésus. À l’inverse, le projet résidentiel proposé pour l’église Saint-Clément n’a pas fonctionné, faute de financement.

«Il y avait un projet de résidence pour personnes âgées, mais également une ressource intermédiaire et éventuellement, une antenne du CLSC», raconte M. Gaudry.

Selon la responsable des bâtiments au diocèse de Montréal, Caroline Clermont, il est difficile de convertir une nef pour des espaces communautaires.

«C’est dommage, c’était un beau projet de développement de logement social, mais l’église était un fardeau trop gros. Il fallait réinvestir pour un espace communautaire qui dépassait les budgets, ça n’avait aucun sens. Même si on avait donné l’église, ils n’auraient pas été capables de financer ce projet.»

Le presbytère de Saint-Clément a tout de même été occupé jusqu’en 2019 par la Maison du Pharillon, un organisme de réinsertion sociale.

Une succession de problèmes

Octobre 2019, un immense dégât d’eau rend le presbytère inhabitable.

«L’électricité avait été coupée quand le projet du Pharillon a changé d’édifice. On a été coupé parce qu’Hydro-Québec demandait une avance assez énorme», raconte la coordonnatrice des activités culturelles et de l’immobilier de la paroisse, Mme Jenny DuHaime.

Ne pouvant pas assumer la somme, la paroisse se tourne vers le diocèse, mais entretemps, un gel de la tuyauterie provoque le bris.

Le presbytère est inoccupé depuis et, selon M. Gaudry, cet incident «met en danger l’existence même la paroisse Très-Saint-Nom de Jésus», aussi responsable de Saint-Clément.

La paroisse n’était d’ailleurs pas au bout de leur peine.

«Il y a le bris d’eau, mais ce n’est pas seulement ça, on a été cambriolé de tout le système de chauffage», déplore Mme DuHaime.

Métal prisé par les voleurs, le cuivre de la tuyauterie du système de chauffage a été volé. Des calorifères de l’église ont également brisé cet automne, ce qui met à risque le bâtiment à d’autres incidents.

Mme Clermont admet que les bâtiments nécessitent plusieurs réparations.

«Le presbytère est en très mauvais état et l’église est en état passable. Il y a des investissements à faire pour arrêter des infiltrations d’eau sur la toiture. Il y a des interventions à faire un peu partout sur l’église.»

Acheteurs potentiels

Construite au début du siècle, l’église Saint-Clément a été conçue par les architectes Joseph Venne et Louis Labelle. Elle se démarque entre autres par la singularité de sa voûte.

«C’est une voûte construite en béton armé, ce qui était très rare à l’époque. Elle n’a pas de colonne de soutien, la structure est construite en un seul morceau, ce qui était assez novateur à l’époque», explique M. Gaudry.

Les critères de vente de Saint-Clément demeurent les mêmes que l’église Très-Saint-Rédempteur, abordée dans un précédent article de Métro. Le diocèse priorise les acheteurs issus des autres communautés chrétiennes ou du milieu communautaire.

«Il y a des acheteurs potentiels, mais il n’y a pas de promesses d’achat sur la table», mentionne Mme Clermont.

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