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Le Plateau récolte le plus de plaintes auprès l'Ombudsman de Montréal en 2012

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
En 2012, 1542 nouvelles plaintes ont été formulées auprès de l’Ombudsman de Montréal. De ce nombre, 104 concernaient Le Plateau-Mont-Royal, classant celui-ci en tête du palmarès des 19 arrondissements.

Des 104 plaintes reçus, les principaux sujets litigieux sont le stationnement et les vignettes (21), la voirie et les travaux publics (9), les égouts et l’aqueduc (9), l’émission de permis (8), l’application des règlements (7) et le déneigement (6).

Au total, 21 enquêtes approfondies ont été commandées – dont 13 en lien avec la Charte montréalaise des droits et des libertés –, tandis que 74 plaintes ont été référées à l’arrondissement, parce que toutes les démarches préliminaires n’avaient pas été complétées; sept ont été refusées; trois ont été jugées non fondées; et 12 ont été réglées ou sont en voie de l’être.

Le nombre de plaintes formulées en lien avec le Plateau-Mont-Royal ne surprend pas Me Johanne Savard, ombudsman. Elle soutient que celui-ci ne témoigne pas d’une mauvaise administration de la part des élus, mais découle plutôt de la nature de l’arrondissement.

« Le Plateau ne se démarque pas comme étant un mauvais élève. Ce sont pas mal toujours les trois mêmes arrondissements qui ont le plus de plaintes: Plateau, Ville-Marie et Côte-des-Neiges. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit des plus vieux arrondissements, où il y a une forte densité de population et où l’on retrouve une forte mixité entre les secteurs résidentiel, industriel et commercial. Par nature, ils sont plus susceptibles de recevoir des plaintes », explique-t-elle.

Une impression que partage la directrice de l’arrondissement, Isabelle Cadrin, qui s’occupe des relations avec l’Ombudsman de Montréal.

« Je pense qu’on est dans un arrondissement où l’expression des citoyens est très présente. Notre population suit beaucoup ce qui se passe localement. Ce qu’il faut regarder, ce n’est pas tant le nombre de plaintes que le nombre d’enquêtes menées. À ce niveau-là, on se compare aux autres arrondissements centraux », estime Mme Cadrin, qui dit ne pas s’inquiéter outre mesure à la vue de ces chiffres.

À titre indicatif, Rosemont – La Petite-Patrie a reçu 57 nouvelles plaintes donnant suite à 15 enquêtes approfondies.

« On a une réglementation particulière sur plusieurs points, notamment en ce qui à trait au patrimoine. Des fois, on approche les citoyens et on leur explique, mais ils souhaitent recevoir une validation particulière. Bien souvent, de cette manière, les dossiers se règlent. »

Le Plateau réprimandé

Un cas, celui de l’implantation de nouvelles zones de vignettes, a néanmoins retenu l’attention de l’Ombudsman. Après étude, celui-ci a statué que l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal avait « manqué de transparence envers les résidents en ne les informant pas du changement d’approche et en ne leur fournissant aucune explication ».

« La décision comme telle de l’arrondissement de mettre de côté le processus de consultation, parce que [l’implantation de vignettes] constituait une manière d’augmenter leurs revenus, relève du pouvoir des élus, et je ne suis pas intervenue là-dessus », a laissé savoir Mme Savard.

« Par contre, dans ce dossier, les gens avaient [déjà] participé à une consultation et étaient convaincus que le résultat était négatif. Ils ne comprenaient donc pas la décision de l’administration du Plateau, ni pourquoi ils n’avaient pas les résultats de l’étude. Les citoyens n’arrivaient pas à avoir de l’information, malgré plusieurs démarches. On a donc travaillé sur cet aspect de transparence. L’imposition de vignettes, c’est une décision politique, ça leur appartient [aux élus]. Je ne peux rien y faire. Toutefois, les élus doivent quand même expliquer leur choix, ils ne peuvent pas le cacher. Après ça, si les citoyens sont mécontents, ils le feront savoir aux prochaines élections. »

Dans ce dossier, Mme Cadrin a indiqué que l’arrondissement « a toujours pensé qu’il avait fait ce qu’il devait faire ».

« On s’est rendu compte que certaines informations ne s’étaient pas retrouvées sur notre site Internet. À l’implantation, on a changé le modèle de la lettre et on a mis à jour notre plateforme web, en plus de former nos employés qui répondent aux citoyens. »

Quant à la non-divulgation des résultats, point sur lequel repose la réprimande de l’ombudsman, Mme Cadrin estime qu’il n’y a pas eu de problème.

« Cet envoi-là [pour la consultation publique] s’est fait un peu par erreur, à une mauvaise période. L’information n’était pas complète. Si on n’avait pas adopté cette nouvelle méthode [budget en ligne], il aurait fallu recommencer [la consultation] de toute façon », explique Mme Cadrin.

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