Hébergement touristique: plus de 300 « illégaux » sur le Plateau
C’est ce que révèle une étude qu’elle a réalisée au cours de la dernière année, pour le compte de l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal. En opposition, on y dénombre huit résidences et 11 gîtes touristiques homologués par la Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ).
« Le Plateau-Mont-Royal fait fermer des résidences légales, sans rien faire pour enrayer le problème des illégaux, déplore Patryck Thevenard, président de l’AGTM. En novembre 2011, on a été mandaté pour faire une étude pour trouver les contrevenants. Celle-ci a été déposée en avril dernier, et depuis ce temps, rien. On n’a pas de nouvelles. »
Il regrette que la réglementation en place ne prévoie rien pour freiner les activités des établissements illégaux.
« On doit faire face à une concurrence déloyale qui est phénoménale. J’ai un gîte touristique. Je suis incapable de louer une chambre à 60 $, mais eux, les illégaux, ils le font, tout inclus, car ils n’ont pas tous les frais à payer. [NDLR: En plus de payer une cote à la CITQ et de percevoir une taxe d’hébergement de 3,5 % aux visiteurs, les propriétaires déclarés doivent acquitter à la Ville-centre une taxe appliquée aux gîtes et résidences de tourismes.]
« C’est une catastrophe car il n’y a personne qui veut bouger. J’ai fait des propositions au ministère et aux municipalités pour changer la réglementation. Lorsque l’on dit que rien ne peut être fait, c’est de la grosse poudre aux yeux politique. C’est aberrant, car dans ce cas-ci, la loi municipale prévaut sur la loi provinciale », soutient M. Thévenard.
Impacts
La présence d’établissements touristiques non déclarés entraîne une pression supplémentaire sur le parc locatif du Plateau-Mont-Royal.
Alors que les appartements abordables sont quasi-inexistants et que les locataires peinent à se trouver un chez-soi, des centaines de logements sont loués à gros prix à des voyageurs de passage.
M. Thévenard soutient également que ce commerce illicite fait perdre plusieurs millions de dollars en revenus à la Ville de Montréal mais aussi aux gouvernements provincial et fédéral. Il estime qu’à lui seul, Tourisme Montréal, qui relève de Tourisme Québec, est amputé d’une enveloppe de 4,2 M$.
Un chiffre que ne peut pas confirmer Pierre Bellerose, vice-président des relations publiques chez Tourisme Montréal.
Selon lui, cette situation n’est pas propre au Plateau-Mont-Royal, ni même à Montréal: il s’agit d’un phénomène occidental accentué par les plateformes Internet. Il soupçonne également que plusieurs contrevenants (ceux qui louent leur appartement de façon ponctuelle, et non sur une base régulière) ignorent qu’ils se trouvent dans l’illégalité.
M. Bellerose estime donc que la solution passe tout d’abord par de la sensibilisation, puis ensuite de la répression. Pour ce faire, une collaboration plus étroite devrait se faire entre les municipalités et Tourisme Québec, plaide-t-il.
Lors d’une assemblée publique de consultation tenue le 31 janvier, Richard Ryan, qui présidait la séance, s’est dit « sensible » à la question des gîtes et des résidences illégaux, mais a indiqué que les pouvoirs de l’arrondissement en la matière étaient limités.
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