« Il faut une équipe de soutien en urgence psychosociale »
« Lorsqu’une cinquantaine de filles travaillent sur une base régulière dans les rues de nos quartiers, cela signifie que les femmes résidant dans Hochelaga se font harceler, que des actes sexuels se déroulent dans les ruelles et les cours arrières de nos citoyens, que les prostituées se battent entre elles pour les clients et que l’on retrouve de multiples condoms et seringues souillés sur le domaine public », souligne Laurent Blanchard, conseiller de Hochelaga.
Depuis quelques années, l’arrondissement et le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) tentent de contenir la prostitution à l’extérieur des corridors scolaires, des milieux résidentiels, des zones commerciales. Des policiers arpentent les principales artères commerciales de Hochelaga-Maisonneuve, patrouillent, interviennent et mènent des opérations de sensibilisation. Malgré tout, le problème perdure et l’action policière a ses limites.
Cet été, un concept de zone de tolérance a même été évoqué. La formule ne semble pas avoir donné les résultats escomptés.
« Lorsque nos agents interviennent auprès des prostituées en situation de crise, leurs actions se trouvent limitées, voire improductives sans l’assistance d’infirmières, de travailleurs sociaux ou travailleurs de rue.
« Avec une équipe de soutien multidisciplinaire, leurs chances augmentent considérablement d’être dirigées vers des ressources appropriées », indique François Cayer, commandant du PDQ 23.
Les divers organismes communautaires font un travail colossal, assure Réal Ménard, maire de l’arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve.
« Il faut une équipe de soutien en urgence psychosociale pour maximiser les résultats. Celle-ci devra favoriser le travail multidisciplinaire.
« Les policiers, travailleurs de rue, infirmières et travailleurs sociaux conjugueront leurs expertises pour faire une intervention commune et adaptée auprès des prostituées en état de crise, afin qu’elles reçoivent les services que requiert leur condition », précise le magistrat.
Ce dernier croit qu’il est également impératif d’offrir aux prostituées des appartements supervisés qui leur offriront stabilité et sécurité.
« Il n’y a pas de sortie de la prostitution de rue sans la disponibilité de logements pour les prostituées. La Société d’habitation du Québec et la Ville de Montréal doivent réserver des unités dédiées à cette clientèle. »
Les demandes du maire sont ambitieuses. Elles font toutefois consensus auprès des intervenants du milieu.
Dans les prochains mois, les édiles municipaux travailleront avec leurs partenaires pour que cette équipe multidisciplinaire soit en place dès le printemps 2013.