Montréal-Nord
15:43 4 août 2016 | mise à jour le: 4 août 2016 à 15:43 temps de lecture: 4 minutes

Dépaysement total sur la méconnue rivière des Prairies

Dépaysement total sur la méconnue rivière des Prairies
Photo: Romain Schué/TC Media

Longtemps méconnue, voire délaissée, la paisible rivière des Prairies retrouve petit à petit une image positive. Exploitée depuis le début de l’été par la Route de Champlain, un organisme qui propose des balades historiques à bateau, ce cours d’eau qui longe le nord de l’île se redécouvre.

À la barre de son bateau électrique, Christian Desautels navigue tranquillement au milieu de la rivière des Prairies. «Je ne prends aucun risque, il y a beaucoup de roches au bord des rives, explique le fondateur de la Route de Champlain.

«C’est pour ça notamment qu’elle avait une mauvaise réputation. Beaucoup de navires se sont cassés et il faut vraiment la connaître pour la naviguer.»

Ancien «dépotoir dans les années 70 et 80», ce cours d’eau «avait une mauvaise odeur», assure le guide, natif de l’arrondissement de RDP-PAT.

«C’était un moment noir pour l’environnement. On jetait les déchets dans cette rivière, tout comme des blocs de béton détruits pour la construction du métro», explique ce guide, qui raconte l’histoire de cette rivière lors de balades quotidiennes au départ d’une jetée à Montréal-Nord.

Une biodiversité variée
Baptisée ainsi par Samuel Champlain au début du 17e siècle en hommage à l’un de ses amis, François des Prairies, «qui s’est trompé de voie, pensant que le fleuve était par-là», explique Christian Desautels, cette rivière des Prairies retrouve petit à petit son charme oublié.

De chaque côté des rives, une foisonnante verdure, quelques belles bâtisses au bord de l’eau, une vision bien différente des ponts reliant Montréal et Laval, et surtout, un calme apaisant, confirmant un dépaysement total.

Alors que des tortues, outardes, canards, castors, goélands et de multiples espèces de poissons peuplent les lieux, «cette biodiversité et cette variété montrent que la rivière se porte de mieux en mieux», explique ce résident de Montréal-Nord.

«La nature a repris le dessus et à présent, tout le monde en prend soin. Quand on s’approprie un tel coin, on a envie de le protéger. C’est notre cour, c’est chez nous.»

«Le plus beau plan d’eau de Montréal»
Même s’il vante volontiers les charmes «extraordinaires» du fjord du Saguenay et de la rivière Bonaventure en Gaspésie, Christian Desautels estime «que notre rivière n’a pas grand-chose à reprocher à d’autres coins du Québec.»

«On est en plein contact avec la nature. Avec le silence, le calme, la beauté et la richesse historique des lieux, je pense qu’on a le plus beau plan d’eau de Montréal», assure-t-il, d’un ton convaincant.

Conscient des attraits également du fleuve Saint-Laurent, le patron de la Route de Champlain espère convaincre les touristes de visiter le nord de l’île.

«À Montréal-Nord, il n’y a pas que des histoires dramatiques, clame-t-il. Au nord de l’autoroute métropolitaine, le tourisme n’est pas mis en avant. Mais ça ne veut pas dire que le potentiel n’existe pas. Pendant longtemps, nous étions des insulaires qui oubliaient que l’on habitait sur une île.»

Un projet de bateau-taxi
Alors qu’il propose déjà des sorties en bateaux, en rabaska et en kayak, Christian Desautels fourmille d’idées. Ses prochains défis ? Mettre en place des bateaux-taxi pour relier Montréal-Nord et Rivière-des-Prairies à Laval ou encore une navette fluviale pour visiter la centrale hydroélectrique qui coupe la rivière en deux au nord du boulevard Saint-Michel.

«Sur cette rivière, il y a une réelle demande. Ce serait fou de ne pas essayer de l’exploiter au maximum. Je ne veux pas créer un produit de luxe, onéreux, précise-t-il. L’eau appartient à tout le monde et je veux rendre accessible ce cours d’eau à un maximum de gens.»

La Route de Champlain propose des sorties en bateaux électriques à partir de 10$/h. Renseignements: (514) 770-0267

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