Des films en français dans les cinémas de l'Ouest-de-l'Île?
Deux multiplexes de l’Ouest-de-l’Île, soit le Colisée Kirkland et le Cinéma des Sources 10, présentent seulement les films à l’affiche dans leur version originale anglaise.
Ainsi, dans ses dix salles, le cinéma de Dollard-des-Ormeaux, qui fait partie de la chaîne Guzzo, ne projette aucun film dans la langue de Molière, même si des versions françaises sont disponibles. Même chose pour le cinéma de Kirkland, appartenant à Cineplex, où le public ne peut voir de films en français dans aucune des 12 salles.
«C’est déplorable», dénonce Mario Beaulieu, le président de la Société Saint-Jean-Baptiste. «Des gens doivent aller à Vaudreuil et ailleurs à l’extérieur de l’île pour voir des films en français.»
M. Beaulieu soutient également que ce problème n’est pas seulement l’apanage des salles obscures, mais également d’autres services. Selon lui, les francophones habitant dans le secteur auraient de la difficulté à se faire servir dans leur langue maternelle dans leur vie quotidienne, ce qu’il trouve inacceptable.
Aucune plainte à ce jour
Vincent Guzzo, propriétaire de la chaine qui porte son nom, voit les choses d’un autre œil.
«Je ne crois pas qu’il y ait un problème, répond-il d’emblée. Il faut reconnaitre que la majorité des francophones qui habitent dans l’Ouest-de-l’Île sont bilingues et veulent voir les films dans leur version originale.»
Celui-ci affirme également ne jamais avoir reçu de plaintes quant à la programmation offerte dans son établissement de Dollard-des-Ormeaux et croit qu’il ne s’agit que d’une question d’offre et de demande.
«Par exemple, on ne présentera pas une majorité de films seulement en anglais dans notre cinéma de Terrebonne», offre-t-il à titre de comparaison.
En effet, les films présentement à l’affiche de ce cinéma de la chaîne Guzzo sont tous présentés seulement en version française.
Même son de cloche du côté de Cineplex qui, par l’entremise de l’agence responsable de ses relations de presse au Québec, explique que la programmation de chacun de ses cinémas est établie selon la demande de la clientèle de chaque territoire.
«Si les propriétaires ne font pas l’effort de réserver quelques salles pour les films en français, c’est tout simplement qu’ils ne veulent pas en faire l’effort», croit de son côté Yves Petit, résident de Dollard-des-Ormeaux. «On pourrait même croire qu’ils se foutent de l’essor de la population francophone, tant il est évident que les gens comme moi, mon épouse et mes enfants préféreraient de beaucoup aller voir un film à proximité au lieu d’aller à Laval ou au centre-ville.»
En faire la demande
S’il y a un point sur lequel Mario Beaulieu et Vincent Guzzo sont partiellement en accord, c’est que si les gens désirent voir des films en français, ils doivent en faire la demande.
«Il ne faut pas se gêner pour demander des films en français s’il n’y en a pas à l’affiche», martèle M. Beaulieu.
«Je n’ai aucun problème à montrer des films en français s’il y a une demande de la part des gens du secteur et que c’est rentable», explique de son côté Vincent Guzzo. «Dans ce cas-là, c’est sûr qu’on passerait des films en français. Par exemple, nous allons sûrement diffuser des films québécois grand public, comme Louis Cyr, durant l’été, qui est une période très achalandé.»
Yves Petit, quant à lui, désire que les exploitants de salle ne diffusent pas seulement des versions françaises des blockbusters américains, mais fassent également la promotion du cinéma francophone, qu’il soit québécois, belge, français ou de toute autre origine.
Rappelons que l’an dernier, une autre succursale de Cineplex, Le Colossus de Laval, avait fait les manchettes pour son manque de films présentés en français. Une cliente avait d’ailleurs exprimé son insatisfaction sur la page Facebook du cinéma. Ironiquement, le gestionnaire du compte lui avait ensuite répondu, en anglais, d’aller chez Guzzo si elle n’était pas satisfaite.
Cineplex Divertissement s’était par la suite dissocié de ces propos, en plus de demander le retrait de la page.