La préservation de notre patrimoine
«Dans la rubrique Tribune libre de L’Express de Mont-Royal, Madame Pedneault (Ces maisons ostentatoires qui dénaturent Mont-Royal) se montre préoccupée par le nombre croissant de constructions de maisons de plus en plus grosses, la présence parmi nous de spéculateurs et la facilité, selon elle, d’obtenir un permis de démolition.»
J’estime que des précisions doivent être apportées. D’entrée de jeu, entendons-nous bien : nous souhaitons tous conserver le caractère patrimonial distinct qui contribue à la beauté de Mont-Royal. En ce sens, il est heureux qu’une citoyenne prenne la parole (et la plume) pour être rassurée.
Dans sa lettre, Mme Pedneault fait référence à la période de 2003 à 2005, pendant laquelle il n’y aurait eu que quelques démolitions. Dans les faits, il faut ajouter aux chiffres de l’époque ce que nous appelions les deemed demolitions ou, en français, démolitions partielles, un concept depuis révolu.
Quelques chiffres
À titre d’exemple, pour l’année 2005, dans le secteur résidentiel, nous avons accordé 2 permis de démolition et 4 permis de démolition partielle, pour un total de 6 permis. En comparaison, en 2008, le total de permis accordés fut de… 6, également.
Qu’en est-il pour l’année 2012 ? Tous types de démolitions confondus, le total de permis accordés n’est que de 2. Pour 2013 ? À ce jour, 3 permis ont été accordés.
En 2006, tel que le mentionne Mme Pedneault, le conseil adoptait effectivement le règlement n°1410, dans lequel toutes les formes de démolitions ont été amalgamées.
Depuis, quiconque veut démolir, en tout ou en partie, un immeuble à Mont-Royal, doit déposer une demande de permis auprès du Comité d’étude des demandes de permis de démolition.
Le processus d’analyse des demandes est rigoureux et s’effectue selon une liste de critères précis. Le Comité, à la suite de l’étude des détails d’une requête, rendra sa décision lors d’une séance publique, donc tenue en présence de citoyens.
Un PIIA dans la continuité de 1912
Question de se prémunir contre des projets de rénovation ou de construction qui ne respecteraient aucunement les caractéristiques locales en matière d’architecture, il faut savoir que la Ville est dotée d’un plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) qui s’inscrit dans la continuité de principes-clés de développement urbain de ses concepteurs en 1912.
Ensuite, un Comité consultatif d’urbanisme (CCU) étudie les demandes de permis et de certificats, qui seront évaluées en fonction notamment des objectifs et des critères prévus au PIIA. Avant que ne soient approuvés des travaux, une solide réflexion aura été menée.
Quant au concept de monster house, depuis 2010 le nouveau règlement de lotissement n°1313 limite davantage qu’auparavant la superficie d’une maison de Mont-Royal par rapport au terrain qu’elle occupe, et le chapitre 9 du règlement n°1310 sur le zonage oblige quant à lui, depuis 2011, la préservation de bandes vertes tout autour d’une résidence, ceci afin de conserver à Mont-Royal son caractère de cité jardin.
Question de goûts
Bien sûr, il y aura toujours des cas de rénovations ou de constructions controversées. L’architecture, comme l’art, est question de goûts et ne peut faire l’unanimité.
Nous pouvons toutefois, peut-être, faire mieux, je vous l’accorde. C’est pourquoi la Ville entamera au cours de l’année 2014 une nouvelle étude de sa règlementation concernant le zonage, ce qui pourrait conduire à une refonte des règlements qui régissent notamment l’emprise, les marges et hauteurs des édifices rénovés ou nouvellement construits.
Votre lettre, Madame Pedneault, contribue à faire avancer la réflexion sur ce sujet important et émotif. Je vous en remercie et souhaite vous assurer que la sauvegarde et la préservation de notre patrimoine demeure au cœur des préoccupations du conseil municipal.
Philippe Roy, maire de Mont-Royal