La porte entrouverte pour la défusion
Marie-Pier Gagné
Lors de la séance du conseil du 2 septembre, les cinq élues de l’arrondissement ont voté une résolution pour s’opposer à cette réforme «par tous les moyens», dénonçant une réforme injuste et inéquitable.
Si le plan de Denis Coderre de centraliser certains services à la ville centre se concrétisait, Outremont deviendrait l’arrondissement le plus durement touché par la réforme du financement. Son budget serait amputé de 20%, passant de 20 millions à 16,4 millions.
Bris de contrat
La mairesse d’Outremont, Marie Cinq-Mars, n’a pas mâché ses mots lors de la séance du conseil. Selon elle, les services publics offerts par Outremont créent une proximité avec les citoyens comme on en voit rarement ailleurs. «Ça fait toute la différence, c’est totalement inacceptable de nous enlever ces services. C’est rire de nous», défend-elle.
Mme Cinq-Mars a mentionné qu’elle s’est sentie trahie par Denis Coderre. «Je trouve qu’il a manqué de respect envers un arrondissement qui a fait le choix démocratique de demeurer lié à la Ville de Montréal au milieu des années 2000, souligne-t-elle. Les services publics faisaient partie des conditions qu’on avait imposées à la ville centre et qui avaient été acceptées. Aujourd’hui, ce pacte est unilatéralement rompu. C’est un bris de contrat. On nous a trahit.»
Alerter les citoyens
Mme Cinq-Mars est même allée jusqu’à dire que les élues outremontaises «informeraient les citoyens et les alerteraient sur les conséquences néfastes de cette réforme.»
D’ailleurs, la résolution adoptée par le conseil mentionnait que «l’arrondissement d’Outremont n’exclut pas le fait d’inviter sa population à se prononcer sur sa volonté de défusionner.» À terme, Outremont pourrait donc imiter Anjou en lançant une pétition pour demander de retrouver son indépendance par rapport à Montréal.
Les conseillères d’arrondissement se sont montrées en accord avec les dires de la mairesse.
«Je suis prête à me battre pour ne pas qu’Outremont perde d’acquis, affirme la conseillère d’arrondissement Jacqueline Gremaud. C’était ma motivation lorsque je me suis engagée en politique et c’est encore une de mes grandes priorités.»
La conseillère Lucie Cardyn, elle, a appuyé la mairesse, ajoutant «qu’elle fera tout ce qu’il faut pour préserver Outremont telle qu’elle est en ce moment.»
De son côté, Mindy Pollack, la conseillère du district Claude-Ryan, a aussi supporté Mme Cinq-Mars, mentionnant toutefois que Projet Montréal, son parti, n’avait jamais été pour la défusion. «Mais j’appuie quand même», a-t-elle confirmé.
La conseillère Céline Forget, pour sa part, estime qu’une collaboration et qu’un consensus entre Montréal et Outremont serait la meilleure option. «Disons que j’ai des doutes que la défusion soit la meilleure solution, mais je suis d’accord avec le fait qu’on ne peut pas accepter un tel projet de réforme.»
Pas de défusion
Appelé à commenter la décision des élues, le premier ministre, Philippe Couillard a refusé d’ouvrir le débat sur la question des défusions. «On ne reviendra pas là-dessus, la question de l’organisation de Montréal, elle est derrière nous», a-t-il dit, le 28 août.
Du côté de l’administration Coderre, on affirme simplement que «le gouvernement a été très clair et il n’y aura pas de défusion». Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a aussi fermé la porte à toute demande de défusion.
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