Soutenez

Renversement de la ligne 9 : les environnementalistes sonnent l’alarme

Velandia Samantha - TC Media
Si la décision est motif de célébration et de joie pour les intervenants dans l’industrie de la pétrochimie, les groupes environnementalistes dénoncent le manque de rigueur et de sévérité en ce qui concerne le rapport présenté par l’Office national de l’énergie (ONÉ) et mettent en garde la population contre le projet d’Enbridge.

Steven Guilbeault, membre fondateur et directeur principal d’Équiterre, s’est dit déçu de la décision qui selon lui « va à l’encontre des objectifs environnementaux mis en place au Québec. » (lisez aussi: Feu vert à la ligne 9B d’Enbridge)

« Je suis déçu, mais pas surpris. Depuis quelque temps, l’ONÉ joue très mal son rôle de protéger la sécurité et les intérêts environnementaux des citoyens, dit-il. Sur la question de l’état du pipeline, le Bureau sur la sécurité de transport des États-Unis recommande que la compagnie fasse des tests hydrostatiques pour déceler les problèmes, la commission parlementaire qui a eu lieu à Québec l’a également recommandé et c’est à peine si l’office en parle. Ça ne fait même pas partie des conditions imposées à Enbridge. »

Il indique qu’il s’attendait à des « conditions plus rigoureuses » et insiste sur le fait que l’ONÉ n’a pas respecté son mandat.

Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie pour Greenpeace déplore le manque de jugement et le peu de sévérité des conditions imposées au projet d’Enbridge.

« L’ONÉ n’a pas mis la barre haute pour ce projet, dit-il. Surtout en ce qui concerne la responsabilité d’Enbridge en cas de déversement. Ils n’ont qu’un mince budget de 695 M $ alors que des études prouvent qu’il en faut de 5 à 10 milliards $ pour être en mesure de répondre à une municipalité avec une densité comme Montréal ou Toronto. »

Il indique que les municipalités doivent exiger non seulement de voir le plan d’urgence proposé par l’entreprise, mais l’approuver avant que le pipeline commence à transporter du pétrole.

 

« Je ne pense pas que les citoyens seront d’accord lorsqu’ils apprendront que du pétrole lourd, très polluant et du pétrole de schiste très inflammable seront transportés dans un vieux pipeline conçu dans les années 70 et que ce pipeline traverse leur cour », commente M. Bonin.

La sécurité : priorité d’Enbridge

De son côté, Enbridge assure que la sécurité du pipeline, de la population ainsi que de l’environnement sont prioritaires.

« Nous nous sommes engagés à 100 % à faire les ajustements nécessaires pour répondre aux exigences de l’ONÉ, explique Ken Hall représentant d’Enbridge. C’est prioritaire que les Québécois et Ontariens sachent que leur sécurité est l’une des choses le plus importantes pour notre compagnie. »

Il signale que des travaux de mise à jour du pipeline ont été effectués tout au long de l’année et que les ingénieurs suivent le tout de près.

« Nous voulons que ce projet soit socialement acceptable et pour cela nous allons répondre à toutes les questions qui peuvent être soulevées par les citoyens », conclut M. Hall.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.