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Les livres que lisent les élus

Leduc-Frenette Samuel - TC Media
Les vacances des fêtes—pour ceux qui en ont—se prêtent bien aux découvertes. Les livres, par leur diversité quasi illimitée, font partie de ces plaisirs. Les élus, peu importe l’endroit où ils siègent, lisent beaucoup pour le travail. Trouvent-ils le temps de lire autre chose que de la paperasse officielle? Certains oui, d’autres, plus ou moins.

La mairesse de l’arrondissement Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, assure lire tous les jours. Ces temps-ci, avant de se coucher, elle lit De l’eau pour les éléphants, de la romancière d’origine vacouveroise Sara Gruen. « Il y a beaucoup d’émotions », mentionne la mairesse. Sur fond de grande dépression, le livre raconte les déboires d’un jeune homme qui trouve un emploi dans un cirque ambulant.

L’édile relit en même temps le roman L’obéissance, de la Québécoise Suzanne Jacob. Celle-ci est une source d’inspiration pour Mme Rouleau, qui voit en elle une plume extraordinaire.

« J’aime apprendre des choses dans un livre, indique-t-elle. Si j’avais été écrivaine, j’aurais voulu écrire comme Suzanne Jacob. »

Comme sa chef, le conseiller d’arrondissement Mario Blanchet dit s’accorder beaucoup de temps pour la lecture, un bon moyen de se cultiver.

En ce moment, il lit Destruction massive, du spécialiste suisse des questions humanitaires Jean Ziegler. Ce dernier y décortique les mécanismes derrière la mauvaise répartition de la nourriture sur une planète qui pourrait, selon plusieurs experts, nourrir jusqu’à 12 milliards d’êtres humains.

M. Blanchet lit beaucoup de choses différentes. Il compte bien lire la biographie du joueur de baseball Éric Gagné, Game over, pendant les fêtes. Ce livre est pourtant loin de ce qu’écrivent ses auteurs préférés, comme Maurice Druon (Les rois maudits), Patrick Süskind (Le parfum) ou Yves Beauchemin (Le second violon).

Sa collègue dans le district électoral de la Pointe-aux-Prairies, la conseillère de la Ville Caroline Bourgeois, se dit débordée de travail. Elle a hérité depuis peu d’un rôle important par rapport au comité exécutif de la Ville-centre.

La jeune politicienne aime beaucoup les biographies politiques, comme Lettre à un jeune politicien, qu’elle lira prochainement. Le livre écrit par l’ancien premier ministre et avocat Lucien Bouchard (avec l’aide du journaliste Pierre Cayouette) est en fait un livre-conseil destiné, comme son titre l’indique, à un politicien en devenir. Il peut également intéresser tout mordu de la politique.

Précédemment, Mme Bourgeois a terminé Ma vie, l’autobiographie de l’ancien président des États-Unis William (Bill) Clinton. « La politique américaine me fascine, donc de voir le parcours d’un président, comment se rendre jusqu’à la présidence des États-Unis, c’est quand même assez impressionnant », dit-elle.

Elle aime d’autres types de livres, comme les romans. « J’ai beaucoup aimé Cent ans de solitude [Gabriel Garcia Marquez] [ou] Les cerfs-volants de Kaboul [Khaled Hosseini]. ».

Dans l’équipe de la mairesse, du parti Vision Montréal, seuls Suzanne Décarie et Gilles Déziel s’accordent moins de temps pour lire. « Je travaille 80 heures par semaine, je n’ai pas le temps de me détendre », plaide Mme Décarie. Celle qui aime beaucoup les livres de psychologie n’a pas tenu un livre depuis qu’elle a reçu Mafia inc., des journalistes André Noël et André Cédilot, à Noël passé. Livre qu’elle n’a finalement pas eu le temps d’entamer.

De son côté, M. Déziel lit seulement des livres techniques en lien avec l’électronique. « Lire un roman ou des choses comme ça, ça ne me détend pas trop. Je risque plus de m’endormir », confie-t-il.

Enfin, le conseiller indépendant Giovanni Rapanà lit un peu, mais surtout en italien. Il lit présentement Les fiancés, de l’auteur milanais décédé il y a 140 ans Alessandro Manzoni. « C’est intéressant parce que c’est une des icônes de la littérature italienne, lance M. Rapanà. Il me rappelle beaucoup de choses de ma jeunesse. »

À Québec ou à Ottawa

Que ce soit sur la colline parlementaire à Québec ou chez lui sur la Rive-Sud, le député de LaFontaine, Marc Tanguay, est un fervent lecteur.

« Je suis en train de terminer Les racines du ciel, de Romain Gary, dit le politicien. J’ai toujours particulièrement aimé Romain Gary et son écriture qui est […] assez condensée, qui est intelligente, qui est plaisante à lire. »

Comme il parle anglais, M. Tanguay lit du même coup Winter of the World, du romancier gallois Ken Follett. Ce dernier fait le récit de plusieurs familles qui vont traverser le nazisme chacune à leur façon.

« J’ai toujours plusieurs livres en marche en même temps. J’ai comme approche qu’un livre, il faut le laisser mûrir, raconte le député libéral. Souvent, je vais acheter un livre, et je ne commencerai pas à le lire tout de suite. »

Quant à Paulina Ayala, la députée de la circonscription fédérale d’Honoré-Mercier, le temps lui manque. Elle trouve quand même le temps de lire un livre sur l’économie. Elle est toutefois incapable de le nommer au moment de l’entrevue.

Généralement, elle aime beaucoup les livres politiques ou philosophiques. Par exemple, elle a été marquée par le Léviathan du philosophe anglais Thomas Hobbes ou l’œuvre du philosophe italien Nicolas Machiavel.

« Dans la politique, il y a des gens qui vont faire n’importe quoi, l’important c’est l’objectif, les moyens importent peu, dit-elle. Évidemment ça m’a choqué, ce n’est pas ça que je veux. » La députée néodémocrate d’origine chilienne y voit un contraste fort entre cette vision immorale de la politique et celle de son ancien chef, Jack Layton, décédé l’an dernier.

Pour ce qui est de la conseillère Cindy Leclerc, nous n’avons pas été en mesure de la joindre avant de mettre sous presse.

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