Ça roule pour la popote
Lundi matin, 6 h, le son des lames qui coupent des légumes résonne dans les cuisines du centre Roussin. Fidèles au poste, les trois cuisiniers de la popote roulante s’activent pour préparer la soupe. Ils s’attaqueront ensuite au plat principal – au menu : de la tourtière –, à l’accompagnement et au dessert.
Depuis 1984, la même routine reprend, deux fois par semaine, les lundis et les jeudis. Une quinzaine de bénévoles viennent donner un peu de leur temps pour nourrir les résidents de Pointe-aux-Trembles et de Montréal-Est qui ont de la difficulté à se déplacer.
Pour la responsable de l’organisme, Louise Côté, la popote roulante contribue à désengorger les hôpitaux en permettant à des personnes handicapées ou en perte d’autonomie de demeurer chez eux plus longtemps. « Si on veut que les gens restent à la maison, il faut les aider. »
Une trentaine de personnes bénéficient du service. Certains sont recommandés par le CLSC. « Notre nombre idéal est 30. Parfois on dépasse un peu, mais je me dis que s’ils nous les recommandent, c’est parce que ces gens ont besoin de manger », estime Mme Côté.
Les bénévoles des Bons mangeurs, quant à eux, sont âgés de 40 à 80 ans. Ils sont retraités, employés ou à la recherche d’emploi. Certains sont affectés aux cuisines alors que d’autres prennent la route comme chauffeur ou comme baladeurs.
À 8 h 30, la soupe est prête et c’est ce second groupe de bénévoles qui prend la relève. Les repas sont emballés et chargés dans les voitures. Une demie-heure plus tard, les voitures partent vers leurs premiers points de chute. Deux par deux, les six baladeurs commencent à sonner aux portes et à distribuer les repas.
En échange de 5 $, les personnes recevront un repas chaud et un peu de compagnie. « La plupart des gens ont très hâte de voir quelqu’un. Certains nous disent que c’est la seule visite qu’ils reçoivent dans la semaine. Pour eux, le repas, ce n’est pas la principale. Les bénévoles prennent un peu de temps pour jaser », raconte Mme Côté.
Être baladeur, c’est aussi une façon de se tenir en forme puisqu’une tournée représente 222 marches à monter puis à descendre. Les participants à la popote ne sont pas rémunérés pour leur travail, seuls les chauffeurs reçoivent une compensation pour leurs dépenses.
« La popote permet aux bénévoles de se réaliser. C’est une forme d’entraide et c’est valorisant de se dire que, grâce à son bénévolat, il y a 30 personnes qui mangent bien », conclut Mme Côté, quelques minutes avant que ne reviennent les bénévoles. Vers 12 h 30, après un petit ménage, les cuisines seront silencieuses à nouveau, du moins jusqu’à jeudi.
Les fonds amassés lors de la prochaine escapade musicale de la pianiste Ghislaine Giroux seront remis à la popote roulante. Le concert « Apéros pour concertos solos » aura lieu le 28 avril, à 10 h 30, à la maison de la culture de Pointe-aux-Trembles.