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Mères monoparentales: des « héroïnes » nouveau genre

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Depuis les années 1970, beaucoup de chemin a été parcouru dans la lutte pour l’égalité des sexes. Malgré tout, certains préjugés à l’égard des femmes ont la couenne dure, notamment envers les mères de famille monoparentales.

Oubliez le stéréotype de la fille-mère, la Petite maison de la Miséricorde – organisme qui, depuis maintenant 36 ans, accueille et soutient les futures et les jeunes mamans monoparentales en difficulté –, est principalement fréquentée par de jeunes trentenaires qui se sont retrouvées seules avec leur enfant dès la grossesse ou lors de la première année de vie du bébé. Le père est souvent absent et leur situation financière s’en trouve affectée.

« La condition des femmes a changé au Québec. Ces mères n’ont pas le goût d’être prisonnières du cycle de la pauvreté. Elles le disent souvent: elles veulent être un exemple pour leur enfant. On n’est plus dans le modèle où on se retrouve sur l’aide sociale, de génération en génération. Elles savent que la monoparentalité est une période difficile, mais qu’elles vont s’en sortir », fait valoir la Pointelière Michelle Pelletier, qui dirige l’organisme.

« Dans la société, on les juge encore beaucoup. Certains employeurs hésitent à embaucher une mère qui est seule avec son enfant, car elle risque de s’absenter plus souvent. Quand c’est le temps de louer un appartement, les propriétaires se disent qu’elle aura probablement plus de difficulté à payer. Pour plusieurs, l’absence d’un papa dans le décor signifie que l’enfant aura nécessairement des problèmes », rapporte la directrice.

Elle estime que cette image négative ne rend pas justice aux femmes qu’elle côtoie au quotidien. Selon Mme Pelletier, il s’agit de véritables « héroïnes », fortes et courageuses, qui travaillent d’arrache-pied pour améliorer leur sort.

L’organisme offre plusieurs services – notamment une halte-garderie, de l’accompagnement, des activités et des sorties pour permettre aux membres de se tisser un réseau de contacts et socialiser –, afin de les aider à retourner aux études, sur le marché du travail, ou tout simplement à se refaire une santé, physique, mais aussi mentale.

« Ici, on accueille des chefs de famille. Oui, ce sont des mères, mais ce sont aussi des femmes. On travaille donc avec elles pour qu’elles soient plus heureuses, et par ricochet, c’est leur enfant qui en bénéficie. »

Valoriser le milieu communautaire

Mme Pelletier estime que l’apport des organismes communautaires est essentiel pour aider les gens dans le besoin. Toutefois, faute de moyens et de ressources, ceux-ci peinent souvent à accomplir leur mandat.

« Ce qui se fait dans les organismes communautaires est super important. Ça remplace beaucoup de travailleurs sociaux et ça évite d’engorger les CLSC et les services sociaux et de santé. Malheureusement, le milieu communautaire, c’est encore sous-estimé et sous financé », déplore-t-elle.

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