« Ramener les gens à l’essentiel » – Fernand Beaulieu, curé
« Il y a un phénomène qui est encore présent. C’est le côté spécial de la fête de Noël, insiste M. Beaulieu. Il y a les gens que tu ne verras pas du reste de l’année, mais que tu vas rencontrer à Noël. »
Les raisons pour cette désaffection sont nombreuses. « Les gens ont mis de côté les valeurs spirituelles. On ne croit qu’en soi-même. On devient le centre. Ce qui fait qu’en ce moment, on perd le sens, indique-t-il. Tout ce qui est religieux, tout ce qui est spirituel, on le met de côté. »
En plus du scepticisme ambiant, qui est en parfois en porte à faux avec la foi, la multiplication des centres d’intérêt disperse l’attention des paroissiens. Ceux-ci ont donc moins de temps à consacrer à leur église.
« Avec la commercialisation, il y a les bébelles, les guirlandes, je dirais même le père Noël qui nous distraient, qui nous empêchent de faire silence.
« Malheureusement, on a commercialisé la fête de Noël, s’offusque-t-il. C’est ça que je trouve triste, parce qu’il y a des gens qui se sentent obligés de faire des cadeaux. »
Pourtant, selon lui, l’idée de Noël demeure de célébrer la naissance du Christ en famille. « On est tous et toutes les enfants du Père, dit-il. Noël en paroisse, c’est de se retrouver ensemble comme membres d’une même famille. »
Ce qui est malheureux dans tout ça, c’est que beaucoup de jeunes n’auront pas de souvenirs du Noël d’antan, signale-t-il. « Quand on sort de l’église, c’est plein d’autres choses. Ce qu’on essaie d’éviter, c’est que c’est “le plein d’autres choses” qui reste en mémoire. »
Au détriment, justement, des valeurs défendues par l’Église. « Est-ce que ça va durer et passer à travers les époques, on ne le sait pas. »
L’avent, une période de questionnement
M. Beaulieu croit qu’il faut prendre le temps de s’arrêter durant cette période. S’arrêter et songer à son cheminement spirituel.
« Je demandais aux enfants c’est quoi le sens de Noël, dit-il en parlant des jeunes qui suivent un parcours catéchétique à l’église. J’ai été agréablement surpris. […] La première réponse que j’ai eue c’est que Noël c’est la fête de naissance de Jésus. »
Comme chaque année, les quatre messes précédant Noël, celles en fait qui correspondent à la période de l’avent, ont toutes un thème différent. Ces quatre thèmes servent à réfléchir sur la naissance prochaine de Jésus.
« La première étape, ç’a été de dire aux gens que si on veut entendre la parole de Dieu, il faut accepter de faire silence. On n’est pas dans un monde où on privilégie le silence. Au contraire. Parce que silence veut dire réflexion, retour à l’intérieur de soi-même. On est plus dans un monde où on nous invite au superficiel. On évite de nous amener ou de nous faire vivre le silence. »
Le dimanche suivant a fait place au thème de la patience. « Nous sommes dans un monde où ça te prend quelque chose instantanément. »
Sauf que « le Seigneur prend son temps pour être certain que tout le monde ait le temps de comprendre et de se tourner vers lui, développe-t-il. Ce qui nous amène avec la patience à développer la tolérance. »
Le troisième dimanche a été consacré au thème de la joie. Ainsi, l’aspect festif de la naissance de Jésus devrait être comparable à celle provoquée par la naissance de son propre enfant.
Enfin, le dernier thème, qui revient d’ailleurs année après année, est celui de Marie, la mère de Jésus.
« C’est par elle que Jésus arrive dans notre monde, explique-t-il. Je trouve intéressant que Marie reçoive [Jésus] et qu’elle le donne au monde. »
Les quatre dimanches de l’avent étant passés, M. Beaulieu a accueilli ses fidèles, comme de juste, les 24 et 25 décembre, et les accueillera de nouveau le 31 décembre et le 1er janvier.