L’affaire Billette : à qui la faute?
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D’un côté, le maire Robert Coutu blâme l’administration précédente d’avoir pris une mauvaise décision. De l’autre, la conseillère Sylvie Dauphinais jette le blâme sur M. Coutu, qui aurait manigancé à l’insu des conseillers.
Le 11 novembre 2005, alors que Montréal-Est est en plein processus de défusion, l’ingénieur André Billette est nommé directeur général de la ville. « […] Il était le principal artisan de la reconstitution d’une ville laissée sans moyens et sans personnel d’encadrement suffisant et expérimenté. Bref, cela nécessitait de lui une charge immense de travail », peut-on lire dans le jugement de la CRT.
Rappelons que la maire de l’époque était Yvon Labrosse. Alain Dion, Monique Major, Roger Lachapelle, Gérard Blais, Mme Dauphinais et M. Coutu occupaient alors les postes de conseillers.
Le 8 mars 2006, les conseillers se réunissent dans un restaurant pour discuter du cas de M. Billette. « Les membres du conseil envoyaient des demandes et il n’y avait pas de suivit, se souvient le maire de Montréal-Est, M. Coutu. Nous avons effectivement eu une réunion pour aviser M. Billette de mieux travailler avec le conseil. »
En septembre 2006, M. Billette s’absente pour maladie jusqu’au 5 mars 2007. La conseillère Dauphinais raconte qu’en « novembre 2006, MM. Coutu et Lachapelle ont invité tous les conseillers, sauf le maire de l’époque, à une rencontre pour présenter un dossier de reproches sur M. Billette. Ils nous ont toujours dit que M. Billette n’avait pas d’allure, alors nous avons fini par les croire. C’est durant cette réunion que nous avons décidé de le congédier. »
La saga judiciaire
Dix mois plus tard, le conseil municipal adopte une résolution mettant fin à l’emploi de M. Billette. Deux conseillers votent contre ce départ, dont M. Coutu. « J’avais voté contre sa destitution, avec l’appui de M. Lachapelle, lorsque nous étions conseillers municipaux. Des rencontres auraient été souhaitées avec le directeur, mais l’ancien maire en a décidé autrement, préférant de plus que le tout se règle en justice. »
Le 8 août et le 19 septembre 2007, M. Billette dépose deux plaintes afin de contester la décision de la Ville puis commence une longue saga judiciaire.
En octobre 2008, M. Billette gagne une première manche, la Ville lui verse 14 001 $ en salaire, avantages sociaux et intérêts. Mais M. Billette ne veut pas que l’argent, il veut réintégrer ses fonctions.
Le cafouillage
À partir du 6 juillet 2011, c’est la débandade et l’histoire devient confuse. D’abord, le conseil, en l’absence de Mme Dauphinais, mandate ses avocats pour contester la décision de réintégrer M. Billette. Puis Mme Dauphinais accuse M. Dion de parjure à son sujet. Selon cette derniere, le conseiller aurait parlé en son nom, devant la CRT. Les conseillers Major, Bélisle et Bordeleau se rangent alors derrière Mme Dauphinais et changent leur capot de bord. Ils font parvenir une lettre à la CRT, l’avisant qu’ils sont maintenant favorable au retour de M. Billette.
En décembre, la CRT reçoit deux lettres contradictoires signées par Mme Dauphinais et une plainte est déposée au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour usage de prête-noms. Il semble qu’elle n’aurait pas écrit la première lettre qui demandait de ne pas réintégrer M. Billette.
Selon le jugement de la Comission, les tergiversations du conseil auront pesé dans la balance pour réintégrer M. Billette à ses fonctions.