Avantage aux garderies privées
Selon les chiffres fournis par le Centre local de services communautaires (CLSC) de RDP, il y a dans le quartier six CPE, 13 garderies subventionnées et quatre garderies non subventionnées. Au total, 17 lieux se proposent d’accueillir les petits de zéro à cinq ans. Ces chiffres incluent un bureau coordonnateur, qui se trouve au CPE La Grenouille rose, qui gère 816 places en milieu familial réparties dans RDP et Anjou.
« Moi, ça fait 21 ans que je travaille ici, et on a toujours eu une majorité de garderies privées », dit Isabelle Léger, une agente de relations humaines qui soutient les enfants en difficulté à travers le réseau.
« À Montréal, il y a plus de garderies privées qui ont ouvert au cours des dernières années, estime-t-elle. Je pense que le gouvernement péquiste avait plus à cœur d’ouvrir des CPE que le gouvernement actuel. »
Au ministère de la Famille et des Aînés (MFA), cette différence ne s’explique pas autrement que par une demande plus forte pour des permis de garderie privée.
« Au fil des ans, il y a eu plus de demandes de garderies que de CPE, laisse entendre Mario Vaillancourt, responsable des relations avec les médias au MFA. Donc c’est la raison pour laquelle vous avez des chiffres un peu différents. »
Cette marge entre les deux entités est d’autant plus surprenante que dans les quartiers d’Anjou, de Mercier-Est et de Pointe-aux-Trembles ainsi qu’à Montréal-Est, qui sont, comme RDP, sous la juridiction du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Pointe-de-l’Île, les ratios sont inversés. Seulement à Pointe-aux-Trembles et à Montréal-Est, il y huit CPE sur un total de 10 services de garde.
Des besoins difficiles à chiffrer
Étant donné que les CPE et les garderies ne sont pas tenus de divulguer leur liste d’attente, le MFA n’a pas d’idée précise quant aux besoins réels du quartier.
Le CLSC ignore également le nombre de places en garderie à pourvoir. « C’est extrêmement difficile à dire. Certaines garderies font affaire avec des listes centralisées, indique Mme Léger. Certains parents s’inscrivent sur plus d’une liste, et je les comprends. »
A la Coopérative Enfance Famille, on dit ne pas divulguer de tels chiffres. L’organisme, qui gère une liste d’attente centralisée, fait affaire avec 20 % des services de garde subventionnés uniquement, dont trois à Rivière-des-Prairies. Ils ne peuvent donc pas faire d’estimations exactes de la pénurie.
Plus on va avoir de membres de services de garde qui utilisent nos services, plus les chiffres vont être représentatifs, évalue Marie-Claude Sévigny, la directrice générale de l’organisme.
Mais même en l’absence de chiffres réels, Mme Léger est convaincue qu’il y a une réelle pénurie. « Nous, on a certains enfants pour lesquels on veut trouver des places en milieu de garde, et c’est difficile », mentionne-t-elle au passage.
Selon elle, il y a un retard de plusieurs années à combler. « Les derniers CPE qui ont ouvert, c’était des deuxième installations. » Comme cette antenne du CPE de l’Hôpital Rivière-des-Prairies, qui a ouvert ses portes au cégep Marie-Victorin en 2005.
Au cours des années passées, de nombreux projets n’ont pas été retenus, soit par manque de réalisme, soit par manque de rigueur. Le gouvernement québécois, qui a rejeté quantité de ceux-ci, se voit aujourd’hui contraint d’accélérer le pas pour rattraper le temps perdu, croit Mme Léger.
Un peu d’espoir
Il est difficile de déterminer le nombre de projets qui seront déposés d’ici le 24 février au MFA dans le cadre de son plan d’offre de 15000 places.
« Je sais qu’il y a des projets, mais je ne suis pas dans le secret des dieux », admet Mme Léger.
Par contre, un projet de réaffectations de places en service de garde qui n’ont pu être conservés ou attribuées touchera Rivière-des-Prairies. Ainsi, les garderies privées Arc-en-ciel et Rosette auront respectivement droit à 21 et à 29 places d’ici le mois de mars.