Le marché des maisons neuves se maintient
Cette réalité montréalaise n’est pas sans rappeler l’augmentation de la valeur foncière des propriétés des quartiers centraux de Montréal, alors même que l’administration du maire Gérald Tremblay prévoit une augmentation moyenne des taxes de 3 % en 2012.
Cette réalité favorise donc la densification par les promoteurs du cadre bâti et la construction de logements en copropriété. De condos, en d’autres termes.
« Quasiment 80 % de tout ce qui se construit sur l’île est de la copropriété, soutient Geneviève Lapointe, analyste de marché à la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Ça se vend bien, ça s’écoule bien. […] Ça permet de mieux rentabiliser les terrains. »
Les promoteurs savent aussi flairer la bonne affaire : beaucoup de jeunes familles ne peuvent pas se permettre d’acheter de grosses maisons à vocation locative comme des « plex ». Alors les classiques duplex, triplex, quadruplex et autres s’échangent uniquement sur le terrain de la revente.
« Depuis 2011, sur l’île de Montréal, il s’en est construit 12, dit Mme Lapointe. Les gens se tournent vers les options les plus abordables dans leurs marchés. »
Les maisons unifamiliales, qui doivent être construites sur des terrains souvent au moins deux fois plus grands en termes de superficie que les maisons elles-mêmes, sont donc beaucoup moins souvent mises en chantier depuis quelques années.
« Sur l’île de Montréal, c’est seulement le tiers des maisons vendues qui sont unifamiliales, affirme-t-elle. On construit beaucoup de maisons individuelles et en rangée en banlieue. »
En comparaison, dans la « très » grande région de Montréal, « plus de la moitié des copropriétés sont construites sur l’île de Montréal ».
« C’est normal aussi, les terrains sont plus rares, assure-t-elle. Ce qui reste à développer se développe en temps et lieu. »
Qu’en est-il donc de la situation à Rivière-des-Prairies? Sa position excentrée par rapport aux quartiers centraux et la plus grande disponibilité de ses terrains vacants constituent un avantage.
À Rivière-des-Prairies, on observe tout le temps des constructions relativement plus importantes que dans le reste de Montréal, indique l’analyste.
En date du mois d’octobre cette année, il s’était construit 5625 condos dans l’île de Montréal et… aucun à Rivière-des-Prairies.
Quant aux maisons unifamiliales individuelles ainsi que jumelées et en rangée, il s’en est construites respectivement 235 et 477 dans l’île et 70 et 82 à Rivière-des-Prairies.
Il s’agit dans un cas de 30 % et dans l’autre de 17 % de tout ce qui s’est construit dans l’île.
La revente aussi se porte bien
Le coût élevé des maisons neuves décourage plusieurs acheteurs à emprunter cette voie. D’où l’intérêt pour la revente, qui se fait aussi sentir dans Rivière-des-Prairies.
Selon la Fédération des chambres immobilières du Québec, il s’est vendu depuis janvier 2011 316 maisons unifamiliales dans le quartier, des maisons dont le prix médian était de 282 000 $.
En ce qui a trait aux copropriétés, 137 ont été vendues durant la même période au prix médian de 185 000 $.
À titre comparatif, les maisons neuves individuelles prairivoises se sont vendus en 2011 au prix moyen—et non médian—de 376 831 $ et les maisons jumelées au prix moyen de 331 197 $.