De l'international à l'est de la métropole
« J’ai reçu mon bac, hier. J’ai fini mon bac », scande Mme Péclet. Élue le 2 mai 2011 alors qu’elle était étudiante en droit à l’Université de Montréal, la jeune députée représente bien les quelques élus néodémocrates encore aux études à leur entrée à la Chambre des communes.
Cela n’a toutefois pas empêché son parti, à la fin du mois d’avril, de la nommer porte-parole adjointe de l’Opposition officielle en matière d’affaires étrangères. Une nomination qui semble flatter la principale intéressée.
« On est capables de montrer à tous les autres États, à tout le monde, que ce soit aux Amériques ou partout dans le monde, qu’on a de l’ambition, que lorsque nous serons au gouvernement, les relations vont rester les mêmes. Elles vont juste être empreintes des droits de la personne », promet-elle.
D’une certaine façon, Mme Ayala représente aussi une certaine frange des élus néodémocrates. Native de Santiago, la capitale du Chili, elle est arrivée au Canada dans les années 1990. Elle fait partie des nombreux députés issus des milieux multiculturels.
Son expérience comme immigrée l’a naturellement poussée à être membre du comité permanent des affaires étrangères et du développement international, en 2011. Celle qui a connu la dictature d’Augusto Pinochet a fait de la relation du Canada avec le reste de l’Amérique son cheval de bataille.
« Mon défi, c’est de changer la vision des relations du Canada avec le reste de l’Amérique, professe-t-elle. Ce n’est pas de voir l’Amérique juste comme un terrain des ressources naturelles. »
Les défis locaux
Les dossiers internationaux ne sont pas que des concepts abstraits pour l’électeur moyen. Au contraire, les deux députées estiment que ce qui se passe à l’étranger touche souvent directement tout un chacun.
Le traité commercial avec l’Union européenne qui se prépare actuellement risque de nuire aux entreprises canadiennes. Celles-ci auront de la difficulté à demeurer concurrentielles avec leurs vis-à-vis européens, croit Mme Péclet.
Les entreprises de l’est de Montréal sont d’ailleurs très chères aux yeux de Mme Péclet, qui répète à qui veut l’entendre que son parti travaille de concert avec les différents niveaux de gouvernement pour développer l’économie locale.
« L’est de la Ville de Montréal a vraiment des “problématiques” et je pense que tous les élus s’entendent pour dire qu’on croit en l’est de Montréal, mentionne-t-elle. On a besoin de travailler ensemble pour l’industrie, le transport en commun, le logement social, etc. »
Pour Mme Ayala, s’engager auprès des citoyens est absolument nécessaire lorsque l’on occupe le poste de député. Par exemple, elle se préoccupe beaucoup du sort des nouveaux arrivants, et c’est à Ottawa qu’elle pense pouvoir influer sur des politiques qui touchent tout particulièrement sa circonscription multiethnique.
« On doit être capables d’être la voix des citoyens, dit-elle. Il faut être efficace. » Selon la représentante des quartiers montréalais d’Anjou et de Rivière-des-Prairies, les Québécois sont satisfaits du travail des néodémocrates, car ce sont eux-mêmes des « des sociodémocrates dans leur cœur ».
La députée de la Pointe-de-l’Île a la même vision de ses électeurs. Ceux-ci apprennent tranquillement à connaître leur députée, à comprendre son travail et à lui poser des questions. « Les gens, surtout les Québécois, sont très politisés. Ils viennent vraiment directement à toi », insiste Mme Péclet.
Les deux femmes verront encore beaucoup de dossiers leur passer entre les mains, puisque le gouvernement conservateur sera au pouvoir au moins pour les trois prochaines années.
Avec la collaboration d’Améli Pineda