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Tomassi finalement accusé

Leduc-Frenette Samuel - TC Media
Le député de LaFontaine et ancien ministre libéral de la Famille Tony Tomassi a été formellement accusé de fraude et d’abus de confiance envers le gouvernement au palais de justice de Québec le lundi 14 novembre en matinée. Un communiqué émis par le bureau du député immédiatement après cette comparution annonce que M. Tomassi entend demeurer député de sa circonscription.

Ce dernier étant absent, une avocate mandatée par ses avocats Pierre Poupart et Joseph La Leggia est allée le représenter. La Couronne lui a transmis la preuve qu’elle détient contre lui. Les deux parties devront se retrouver devant le juge le 10 janvier prochain afin de déterminer si l’accusé désire subir un procès devant le juge uniquement ou avec jury.

Rappelons que le député, élu une première fois le 14 avril 2003, a été ministre de la Famille de décembre 2008 jusqu’à son expulsion du caucus le 5 mai 2010. Le premier ministre Jean Charest avait renvoyé M. Tomassi après avoir découvert qu’il avait utilisé une carte de crédit d’une agence de sécurité (BCIA) appartenant à un ami, Luigi Coretti, alors qu’il occupait une fonction ministérielle.

Le 11 octobre dernier, après une plainte formulée par l’Unité permanente anticorruption (UPAC), le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a déposé trois chefs d’accusation contre M. Tomassi.

Un premier chef vise des gestes posés entre le 1er novembre 2007 et le 18 décembre 2008, alors que M. Tomassi aurait accepté une récompense, un avantage ou un bénéfice provenant d’une personne faisant affaire avec le gouvernement.

Un deuxième vise des gestes commis entre le 1er juillet 2006 et le 18 décembre 2008, alors qu’il aurait reçu un prêt, une récompense, un avantage ou un bénéfice de la part de M. Coretti en échange de son influence ou de sa collaboration dans le cadre d’une affaire conclue entre le gouvernement et l’homme d’affaires.

Enfin, un troisième chef d’accusation a été déposé relativement à l’abus de confiance dont se serait rendu coupable M. Tomassi en raison de la fonction qu’il occupait.

Il risque jusqu’à cinq d’emprisonnement s’il est reconnu coupable à au moins l’une de ces accusations.

Tomassi reste en poste

En dépit du fait qu’il ne s’est pas présenté à l’Assemblée nationale—sauf en de très rares occasions—depuis plus d’un an, M. Tomassi dit vouloir conserver ses fonctions de député indépendant.

« Comme je le fais depuis 2003, je travaille tous les jours pour traiter les demandes la [sic] population de LaFontaine et j’ai l’intention de poursuivre à remplir [sic] ce rôle », a affirmé le député dans un communiqué intitulé « La présomption d’innocence est un principe fondamental de notre système judiciaire ».

« Je demande à la population de mon comté et mes collègues de l’Assemblée nationale de faire confiance au système judiciaire qui nous gouverne, qui prévoit que toute personne a droit à une défense juste et équitable.

« Nous vivons dans une société de droit où la présomption d’innocence existe et j’entends faire respecter mes droits », a aussi indiqué M. Tomassi.

Depuis qu’il a été expulsé du caucus, M. Tomassi fait affaire avec un cabinet de relations publiques. Le gestionnaire d’affaires et de relations publiques Luc Tremblay, qui a rédigé le communiqué en question, confirme que M. Tomassi n’émettra aucun commentaire sur l’affaire.

« Effectivement, il ne fera pas d’autres commentaires tant et aussi longtemps que la procédure sera en cours, dit-il. Il est à faire l’analyse des preuves déposées pour les procureurs du gouvernement. »

Selon lui, la « première » priorité de M. Tomassi demeure ses commettants. Il demeure toutefois disponible pour se prononcer sur tout sujet ne concernant pas la procédure judiciaire.

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