2012 : une année déterminante pour une coop d’habitation
Depuis trois ans, M. Ndayishimiye et les organismes du quartier essaient de trouver du soutien dans leur projet de construction de 60 logements sur le boulevard Rodolphe-Forget, entre les boulevards Maurice-Duplessis et Perras.
« Il y a un déficit en matière de logement social dans le quartier Rivière-des-Prairies comparativement aux autres quartiers de Montréal », répète-t-il inlassablement.
Il rappelle que la Ville de Montréal, qui dit pourtant se préoccuper de bien loger les ménages, néglige le quartier.
« Ç’a pas de bon sens quand même qu’il y ait deux opérations de 5000 logements et que rien n’a été fait à Rivière-des-Prairies », rappelle-t-il en référence au programme Opération 5000 logements de la Ville-centre visant à construire, en trois ans, des logements sociaux ou coopératifs à moindres coûts.
Si le terrain qu’il convoite appartient à la Ville, c’est par l’arrondissement qu’il a essayé d’aller chercher ses appuis. Mais en vain. Du moins, pas avant l’arrivée en place de la mairesse de l’arrondissement Chantal Rouleau
« Le maire de l’époque, M. [Cosmo] Maciocia, était sur le comité exécutif à la Ville de Montréal. C’est lui qui était responsable de l’habitation à la Ville-centre, relate-t-il. Lui, il nous disait que s’il n’y a pas eu de développement dans Rivière-des-Prairies, c’est parce qu’il n’y a jamais eu de demandes. » Or, c’est totalement faux, réplique M. Ndayishimiye.
Selon ce qu’il soutenait dans une proposition soumise au conseil d’arrondissement de juin 2011, 653 ménages de Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles étaient inscrits sur la liste d’attente pour accéder à une habitation à loyer modique (HLM) en 2010.
Le vent a tourné avec l’arrivée de Mme Rouleau, après la démission de Joe Magri, le 6 juin 2010. Dans une lettre envoyée à la Direction de l’habitation le 8 juillet 2011, elle rappelle que l’objectif de son plan d’action familiale est « D’Établir (sic) une stratégie de développement résidentiel des terrains appartenant à la Ville en prenant en compte la préoccupation familiale et pour les parents ».
Elle s’engage donc à appuyer la vente par la Ville du terrain convoité. « L’arrondissement a adopté une proposition demandant à la Ville-centre de faire des réserves foncières pour le développement de logement social », mentionne-t-il.
M. Ndayishimiye soutient que Montréal devrait le vendre à 75 % de sa valeur réelle et non selon la valeur marchande.
CPE et coop d’habitation : un partenariat nécessaire
Le projet, qui a été rejeté une première fois par la Ville-centre, sera représenté en 2012. Une année critique, selon M. Ndayishimiye.
En effet, le comité logement de Rivière-des-Prairies désire établir un partenariat avec un centre de la petite enfance (CPE) afin d’obtenir plus de chances de concrétiser son projet.
Sauf qu’un CPE qui voudrait accroître son nombre de places disponibles pour les enfants et ainsi annexer de nouveaux locaux doit en faire la demande tous les cinq ans.
« Le gouvernement privilégie les CPE existants, qui veulent une deuxième phase, une troisième phase, dit-il. Alors, nous, la pression qu’on essaie de faire actuellement, on dit c’est maintenant ou jamais.
Ce type d’association pourrait aussi favoriser les familles qui désirent trouver des places en garderie pour leur progéniture.
Le comité logement, formé d’organismes du quartier, veut aussi prendre part au programme AccèsLogis Québec de la Société d’habitation du Québec (SHQ). Favorisant le concept de « mixité sociale », le programme offre de subventionner 50 % des logements construits, en fonction de revenu de ses occupants.
Mais le temps presse. « Le CPE est actuellement en appel d’offres, prévient M. Ndayishimiye. Ils ont jusqu’au mois de février. »