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Compressions : des CPE de Montréal-Est et PAT craignent le pire

Photo: Patrick Deschamps/TC Media

Les nouvelles compressions de l’ordre de 120 M$ qui seront imposées aux centres de la petite enfance (CPE) et les garderies privées subventionnées pour l’année 2016-2017 font bondir les intervenants d’établissements de Montréal-Est et de Pointe-aux-Trembles. Ceux-ci craignent des pertes d’emploi et une détérioration de la qualité des services offerts aux enfants.

Au CPE La flûte enchantée de Pointe-aux-Trembles, la directrice, Sylvie Bilodeau, prévoit que son budget sera réduit de 20 000 $ à 30 000 $ à la suite de ces nouvelles compressions annoncées par le gouvernement provincial.

«C’est à peu près ce que nous avons dû couper l’année dernière. Ces chiffres risquent d’être semblables en 2016-2017», confie-t-elle.

Elle craint que les activités éducatives offertes aux enfants soient affectées par ces coupes.

«Il est impossible de savoir où nous allons couper à la suite de l’annonce de ces nouvelles compressions, signale la directrice. Nous avons tellement étiré la sauce que, cette fois-ci, nous n’avons pas le choix que de nous mobiliser si nous voulons faire reculer le gouvernement.»

Une pétition a d’ailleurs été remise aux parents du secteur afin que ces derniers se mobilisent contre ces coupes.

«Il faut qu’on se lève et qu’on dise clairement “assez c’est assez” au gouvernement, renchérit Manon Brodeur, directrice du CPE Tante Michèle de Montréal-Est. Ces compressions mettent en péril la mission éducative des CPE et la qualité des services offerts aux enfants.»

Elle ajoute que si ces compressions ont bel et bien lieu, il sera difficile de garantir la sauvegarde des emplois dans son CPE dans les années à venir.

«Les CPE ont dû absorber des compressions de près d’un demi-milliard de dollars depuis 2006. Je ne sais pas si nous allons être en mesure de le refaire sans compromettre des emplois, dit-elle. Nous allons devoir revoir toute notre structure financière afin de réduire les dépenses, mais ce ne sera pas facile.»

La qualité des services compromise
Les deux directrices de CPE s’entendent pour dire que la qualité des services offerts aux enfants en pâtira.

«Que ce soit par la mise à pied d’employés, la réduction du nombre d’heures de travail des éducatrices, de coupes dans les achats de matériel éducatif ou même dans les sorties pédagogiques, les enfants n’auront pas la même offre de services. Leur avenir est compromis d’une certaine façon, car on sait que l’éducation commence à la petite enfance», souligne Mme Brodeur, du CPE Tante Michèle.

Mme Bilodeau indique pour sa part que c’est du côté des ressources humaines qu’elle devra faire des choix.

«Un budget aussi restreint nous force à penser à de nouvelles façons d’économiser, par exemple, en embauchant des éducateurs moins expérimentés afin de ne pas être forcés de les payer cher. C’est plate, mais nous sommes rendus là et si on y pense comme il faut, c’est les enfants qui en paient le prix», conclut-elle.

La pétition signée par les parents devrait être déposée devant l’Assemblée nationale en février.

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