Rivière-des-Prairies
12:17 11 novembre 2019 | mise à jour le: 13 novembre 2019 à 09:44 temps de lecture: 4 minutes

Accident tragique : « On attend qu’il y ait une collision mortelle pour faire quelque chose »

Accident tragique : « On attend qu’il y ait une collision mortelle pour faire quelque chose »
Photo: Clara Loiseau/Métro

Le décès d’une jeune femme happée par une voiture au coin des boulevards Maurice-Duplessis et Armand-Bombardier ravive les inquiétudes concernant la sécurité des piétons dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies – Pointe-aux-Trembles.

La collision mortelle survenue le 31 octobre dans Rivière-des-Prairies est la 19e survenue sur l’île de Montréal en 2019.

Selon Roxanne Millette, conseillère pour l’organisme Prévention Pointe-de-l’Île, des accidents du genre sont évitables. Car, « pour le moment, les piétons traversent cette intersection en même temps que les voitures qui ont la lumière verte pour tourner », explique-t-elle. Les marcheurs n’ont également aucun minuteur pour indiquer le temps dont ils disposent pour traverser la rue.

Mais il n’y a pas que l’intersection Maurice-Duplessis et Armand-Bombardier qui est dangereuse. Les intersections des boulevards Maurice-Duplessis et Rodolphe-Forget, ainsi que du boulevard Henri-Bourassa et de la rue Renaude-Lapointe sont aussi à revoir pour assurer la sécurité des piétons, selon elle.

« Ce sont des intersections majeures, il y a beaucoup de commerces, de bus, de piétons et de voitures », soutient-elle. Or, elle constate qu’il n’y a pas de signalisations spécifiques pour ceux qui choisissent de marcher. L’implantation de feux de signalisation avec une protection pour les piétons est un dossier qui est poussé depuis plusieurs années, tant par les organismes et les citoyens que par des élus du quartier.

Mme Millette déplore que des mesures n’aient pas été prises plus tôt. « On attend qu’il y ait une collision mortelle pour faire quelque chose », explique-t-elle. Aujourd’hui, la conseillère assure que cette intersection sera sa priorité.

« On demande ces signalisations depuis plusieurs années déjà, il faut que les choses changent.»

Giovanni Rapanà, conseiller de la Ville

Giovanni Rapanà, conseiller de la Ville du district de Rivière-des-Prairies, regrette que la Ville de Montréal, responsable des signalisations sur les rues artérielles comme Maurice-Duplessis, n’ai pas pris au sérieux les recommandations citoyennes. « On demande ces signalisations depuis plusieurs années déjà, il faut que les choses changent », affirme-t-il.

De son côté, la Ville de Montréal indique que des travaux sur l’intersection où la jeune femme a été happée sont prévus en 2020. Des feux pour piétons seront notamment installés.  Ces réaménagements comprendront aussi « la reconstruction complète du souterrain, ainsi que le remplacement du mobilier hors chaussée comprenant le poteau, têtes véhiculaires et piétonnes ».

L’angoisse de traverser

Durant l’été 2019, Prévention Pointe-de-l’Île a réalisé plusieurs audits piétonniers. Au total, 39 intersections et 30 tronçons de l’arrondissement ont été étudiés. Cela a permis à l’organisme de démontrer que beaucoup d’intersections dans le quartier ne comportent pas de passages piétons, pas de mesures d’apaisement ou même de panneau de vitesse. Comme l’explique Mme Milette, le sentiment d’insécurité grandit chez les marcheurs de Rivière-des-Prairies.

C’est le cas d’Hernande Jacques Claude, qui était proche de la femme qui a perdu la vie le 31 octobre et de sa famille. « Je la voyais faire les allers-retours quotidiens, je l’ai vue grandir », raconte l’homme qui réside au coin de la 54e avenue et du boulevard Maurice-Duplessis.

Depuis 32 ans, M. Jacques Claude est très au courant de la dangerosité de l’artère. Il dit avoir été témoin au coin de sa rue « d’une vingtaine d’accidents avec ou sans piétons », dont un mortel. Lors de ce dernier incident, en mai 2018, la voiture avait terminé sa course sur sa propriété.

Depuis cet événement, M. Jacques Claude demande à l’arrondissement de mettre un feu de signalisation au lieu du panneau d’arrêt actuel « qui n’est pas respecté ». Il souhaite également voir la mise en place de mesures pour apaiser la circulation sur sa rue. Des requêtes auxquelles il n’a jamais eu de réponse formelle, affirme-t-il. Un an plus tard, c’est avec une pétition de plus de 150 signatures que le citoyen octogénaire et l’un de ses voisins renouvellent ces demandes.

L’arrondissement assure que l’installation de feu de signalisation pour les piétons est prévue très prochainement.

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