Rivière-des-Prairies
17:43 30 mars 2020 | mise à jour le: 30 mars 2020 à 17:43

Éducation : Québec lance sa plateforme en ligne

Éducation : Québec lance sa plateforme en ligne
Photo: Internet

Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur a mis en ligne L’école ouverte, la nouvelle plateforme qui répertorie les ressources éducatives pour les élèves du Québec. Des experts déplorent toutefois une absence de directions pour guider les jeunes utilisateurs.

Depuis lundi matin, Québec offre des milliers d’activités en ligne pour les élèves de la province, allant du préscolaire jusqu’au secondaire.

«C’est un premier jet intéressant, mais qui manque d’accompagnement», souligne Stéphane Villeneuve, professeur au département de didactique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et spécialiste de l’intégration du numérique en éducation.

«On essaie de faire quelque chose d’uniforme pour tout le monde, alors que chaque classe est unique», ajoute-t-il.

Conçu «dans un esprit ludique», le nouveau site permet de donner accès à des activités différentes dans plusieurs matières, comme le français, les mathématiques, les arts et les langues, et à tous les niveaux scolaires.

Selon Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES), du nouveau contenu sera ajouté régulièrement.

Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), rappelle que «l’on s’en va dans de la consolidation et non dans de l’apprentissage; on ne demande pas aux parents de faire le travail d’enseignant».

Garder les enfants actifs intellectuellement

Les nombreuses ressources numériques répertoriées permettent de garder les enfants actifs intellectuellement, tout en soutenant ce qu’ils ont déjà appris, selon Stéphane Villeneuve.

Toutefois, il déplore le manque d’indications pour le parcours à suivre par les élèves. «Par exemple, moi j’ai trois enfants, je ne sais pas où ils sont rendus dans leur apprentissage», ajoute-t-il.

Pour Catherine Turcotte, professeure au département d’éducation et formation spécialisées de l’UQAM, «il faut prendre cette plateforme pour ce qu’elle est, c’est-à-dire un répertoire».

«L’avantage avec [cette plateforme], c’est que nous avons l’impression que les ressources ont été approuvées par le Ministère», explique Mme Turcotte.

Toutefois, elle ajoute que «ce répertoire propose des activités, jeux, ressources, mais qu’il ne s’agit pas de l’extension ou de la poursuite du programme scolaire des élèves», indique-t-elle.

Les enseignants se préparent

Dans une lettre envoyée aux dirigeants et aux partenaires des réseaux de l’Éducation, Jean-François Roberge demande aux nouvelles équipes-écoles d’adopter sa plateforme «dans l’accompagnement à distance qu’elles offrent à leurs élèves».

Le 6 avril, une «trousse d’activités clé en main» doit être transmise par le MEES aux nouveaux centres de services scolaires. Ces derniers devront les faire suivre aux directions d’écoles et aux enseignants qui pourront adapter et bonifier les activités proposées avant d’être envoyées aux parents.

Josée Scalabrini ajoute qu’il va y avoir un grand exercice «d’orchestration» à faire au sein des équipes-école.

Une fois que les directions d’écoles auront établi une «manière de travailler, les enseignants pourront aider les parents et élèves pour leur dire comment se retrouver sur ce site, dans tout ce matériel et dans les émissions de télévision qui doivent être diffusées», explique Mme Scalabrini.

«C’est un défi, mais c’est un défi que les enseignants sont prêts à relever si les balises et les attentes sont claires», affirme la présidente de la FSE-CSQ.

Des activités spécifiques destinées aux élèves ayant des besoins particuliers seront également disponibles prochainement.

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