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HMR: «L’annonce d’un nouvel hôpital ne suffit pas à avoir un nouvel hôpital»

Vincent Marissal, député de Rosemont Photo: Josie Desmarais

Vincent Marissal est le nouveau porte-parole des questions de santé pour Québec solidaire. Ses priorités? Demander un échéancier pour la reconstruction de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont et mettre fin aux agences de placement.

Que pensez-vous de l’annonce au sujet de la reconstruction de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont sur le site actuel?

Quand la conférence de presse a pris fin, je suis allé voir quelqu’un qui travaille avec le ministre et quelqu’un du CIUSSS et je leur ai demandé: je n’ai pas compris, on démolit pour reconstruire à neuf? Ou on fait du neuf avec du vieux? Et si c’est avec du vieux, à supposer que c’est possible, avec quel vieux? Et les gens à qui j’ai posé la question n’avaient pas la réponse. […] Je pense que le ministre voulait envoyer le message que le projet est sur les rails et qu’on appuie sur le bouton, ce qui est une bonne chose. Tous les grands projets commencent par une annonce, mais ce n’est pas la fin, ce n’est que le début. La preuve en est que le précédent gouvernement libéral avait annoncé un nouvel hôpital en 2018. Nous sommes trois ans plus tard et il n’y a ni pelletée ni plan qui a été fait. Donc, on reprend essentiellement à zéro. L’annonce qu’on aura un nouvel hôpital ne suffit pas à avoir un nouvel hôpital.

Vous aviez confié en mai au journal Métro que la solution envisagée était de reconstruire sur un terrain vague quelques centaines de mètres plus loin. Comment expliquez-vous ce changement de plan?

On m’avait dit en interne qu’il était plus simple de reconstruire sur un nouveau terrain vague. Là, c’est comme rénover sa cuisine sans sortir ses électroménagers, ça se fait, mais c’est compliqué. […] Quiconque est déjà entré dans l’hôpital voit bien que ce n’est pas tenable. […] Nous n’avons pas l’échéancier des travaux ni de plans. Le projet est aujourd’hui évalué à 2,5 milliards de dollars. Le CIUSSS m’avait parlé d’un projet de 3, voire 4 milliards de dollars. Alors je ne sais pas par quel miracle on a réussi à faire un projet moins cher dans le contexte de rareté de la main-d’œuvre et d’inflation. Est-ce qu’on tourne les coins ronds? Est-ce qu’on fait du neuf avec du vieux? Moi je dis, ça prend un nouvel hôpital. Puisqu’on construit pour 50 à 70 ans, est-ce qu’on peut le faire avec la rigueur nécessaire? Oui, ça va coûter cher, mais ce n’est pas comme si on avait le choix. Un nouvel hôpital à la fine pointe de la technologie dans l’Est, ce n’est pas une coquetterie, on en a besoin.

Quel est votre autre priorité en tant que porte-parole en santé?

La fin des agences de placement d’infirmières. Elles font actuellement la pluie et le beau temps dans le réseau. […] C’est un cercle vicieux. On n’a pas assez d’infirmières avec un poste régulier parce que les conditions sont mauvaises, donc nous sommes obligés de recourir à des agences de placement. Les agences viennent débaucher des infirmières du réseau public pour les réintroduire par la porte du privé en chargeant plus cher au gouvernement. Ça coûte parfois deux fois le prix. On a créé un monstre. Ça prend un plan du ministre pour se débarrasser des agences en trois ans.

Comment se «débarrasser» des agences de placement?

C’est difficile d’interdire une entreprise, mais on peut rendre ça tellement compliqué qu’elles ne seront pas capables de se qualifier. C’est-à-dire, dire aux agences que vous pouvez offrir vos services dans des cas tellement minimes et rares qu’elles n’auront plus d’intérêts et ne feraient plus d’argent.

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