Soutenez

Qui est la « vraie » Marie-Ève Aubry?

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Qui porte mon chapeau? C’est la question que pose Marie-Ève Aubry, qui affirme être victime d’un vol d’identité. Depuis maintenant huit ans, cette Rosemontoise de 37 ans se bat pour prouver qu’elle n’est pas celle qu’une autre prétend être.

La saga commence en 2006. Alors qu’elle tente d’obtenir une soumission auprès d’un assureur, Mme Aubry découvre avec consternation qu’une inconnue utilise ses données personnelles.

« J’ai voulu contracter une assurance habitation. Lorsque j’ai contacté la SSQ, la personne au téléphone m’a demandé si j’avais un dossier, ce à quoi j’ai répondu non. Elle m’a dit que, selon ses dossiers, j’avais une voiture assurée avec eux et j’avais fait une réclamation d’accident non responsable de l’ordre de 10 000 $ », relate Mme Aubry.

Elle soupçonne alors avoir été victime d’un vol d’identité; son portefeuille – où se trouvait notamment son numéro d’assurance sociale – ayant été dérobé quelques mois plus tôt. À l’époque, elle avait d’ailleurs dû remplacer toutes ses cartes et changer ses mots de passe, estimant avoir fait tout en son pouvoir pour limiter les dégâts.

Les 12 travaux d’Astérix

C’est alors que débutent les « 12 travaux d’Astérix », comme elle les surnomme. Elle signale le crime aux policiers, puis multiplie les appels à la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) pour obtenir un nouveau numéro de permis de conduire, qui visiblement, a été utilisé par la fraudeuse pour contracter un prêt-auto et une assurance.

Or, ce que Mme Aubry ignore à ce moment, c’est qu’il ne s’agit que de la pointe de l’iceberg.

En fouillant, elle découvre l’ampleur et les différentes ramifications de l’escroquerie. Sa doublure aurait, à de nombreuses reprises, vidé son compte bancaire, détourné ses allocations au logement et à la famille ainsi que ses crédits de solidarité. Elle aurait aussi modifié son statut auprès de Revenus Canada et Revenus Québec, en plus d’accumuler les factures (cellulaire, électricité, Internet, câble, carte de crédit, etc.) et les contraventions. Si bien qu’un mandat d’arrestation pèse désormais sur Mme Aubry, qui craint d’être emprisonnée à tout moment.

« Je suis hyper stressée, je ne dors plus la nuit. Je ne fais que travailler à rétablir les faits. J’ai beau être une femme positive, là, mon sac à dos commence à être plein. Ç’a aussi des répercussions sur ma fille, qui s’inquiète pour moi. Heureusement, j’ai des gens pour me soutenir; ils veillent sur moi en me rappelant de me reposer et de manger. [Le vol d’identité] c’est hyper invasif.

« Même moi j’ai de la difficulté à avoir accès à mon propre dossier et à y faire changer les données. Comment l’autre y arrive-t-elle », questionne celle qui a placé sa fille chez des proches, pour lui éviter ce tourbillon.

Au fil des démarches entreprises, Mme Aubry est parvenue à récolter certains renseignements sur la prétendue usurpatrice, qu’elle a transmis aux policiers.

« Ce qu’ils nous disent, c’est que tant qu’il n’y a pas de grande perte financière, ce n’est pas un dossier prioritaire. Ma vie n’est pas en danger. Par contre, là j’ai des mandats d’arrestation qui ont été émis contre moi. Ça commence à être urgent. Comment ça se fait qu’il n’y ait rien qui bouge, rien qui se passe? », demande-t-elle, visiblement excédée, par les longues heures passées à tenter de démêler cette histoire.

Une identité à réhabiliter

Devant l’urgence de la situation, Mme Aubry cherche comment parvenir à se réapproprier son nom et à le laver des accusations qui pèsent contre lui. Une tâche particulièrement complexe, puisqu’il ne s’agit pas d’un crime tangible.

La Rosemontoise affirme avoir beaucoup de difficulté à s’y retrouver dans les dédales juridique et administratif.

« Le problème, c’est que les gens se relancent la balle. Le Service de police de la Ville de Montréal me renvoie à la Sûreté du Québec et vice-versa. Même chose auprès de l’aide juridique; on ne sait pas où me diriger », déplore-t-elle.

Le 29 juillet, elle a rencontré un lieutenant-détective du SPVM pour lui exposer son cas. Sa description physique a été consignée dans un registre, permettant ainsi aux agents de reconnaître la « vraie » Marie-Ève Aubry.

En attendant que les choses se tassent, la Rosemontoise a lancé la page Facebook « Qui porte mon chapeau? » pour sensibiliser la population, mais aussi les institutions et les élus, aux ravages du vol d’identité.

On peut consulter sa page au http://on.fb.me/1pqrew7.

 

À lire aussi:

Vol d’identité : un crime de plus en plus courant

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.