Retour en classe au collège de Rosemont pour une étudiante
La Direction du collège de Rosemont indique qu’elle a l’obligation de faire respecter l’injonction obtenue par l’étudiante. « On n’a pas le choix; la communauté collégiale, les professeurs comme l’association étudiante, doit se plier à l’injonction. On va donc lui enseigner les cours et espérer que tout se déroule dans le bon ordre », dit Anne-Marie Lacombe, coordonnatrice aux communications au Collège de Rosemont.
Du côté de l’Association générale des étudiants du collège de Rosemont (AGECRO), on estime que l’injonction et la reprise des cours pour Mme Lavoie est « un moindre mal ».
« La décision de la cour a été rendue et on doit la respecter, même si pour nous, la démocratie et le droit de grève ont été brisés par l’injonction de cette étudiante. Mais, en même temps, la reprise des cours aurait pu être totale; le collège avait fait une demande en ce sens, faisant valoir que si on ouvrait les portes pour une étudiante, on pourrait le faire pour tous. On s’y est opposé vigoureusement et on est maintenant aux prises avec une injonction partielle de 10 jours visant les sept cours suivis par Mme Lavoie », laisse entendre le président de l’association, Philippe Beaudoin-Martin.
Les professeurs
Les cours reprennent donc pour l’étudiante, les autres élèves des mêmes cours et, par le fait même, des professeurs.
« On sait que certains professeurs ne sont pas enchantés, mais ils comprennent la teneur de l’injonction et ils iront donner les cours », explique Mme Lacombe.
Du côté de l’AGECRO, on déplore le fait que les professeurs se retrouvent « en sandwich » dans cette histoire.
« Beaucoup se sentent inconfortable, on le sait. On sait aussi qu’ils rempliront tout de même leur mandat d’enseignement. C’est une situation difficile pour eux », affirme M. Beaudoin-Martin.
Ce dernier laisse savoir que le retour en classe de Mme Lavoie se déroulera « dans l’ordre et le respect. »
« Nous l’attendrons pas, nous l’intimiderons pas, affirme-t-il. La cible n’est pas Mme Lavoie dans cette grève, rappelons-le, mais bien le gouvernement du Québec. »
Le président avoue que les étudiants, en grève depuis le 5 mars dernier, « sont fatigués mais comprennent l’importance démocratique de leur décision. »