Droit de vote : inquiétude chez les personnes handicapées
En ce matin 28 août, soit au lendemain des jours de vote par anticipation, devant l’école Saint-Émile, située à la limite de Hochelaga et de Rosemont, des organismes de défense des droits des personnes ayant un handicap sont venus démontrer que certains lieux de votation ne sont tout simplement pas accessibles.
« Cette école sera un bureau de vote le 4 septembre. Selon le Directeur général des élections (DGE), c’est un lieu accessible pour les personnes handicapées. Pourtant, ce n’est pas le cas; il y a des marches à toutes les entrées de l’école et aucune rampe d’accès. Il est maintenant facile d’imaginer que d’autres bureaux de vote sont tout aussi problématiques, et ce, malgré les avis contraires des responsables de l’élection », souligne Linda Gauthier, présidente du RAPLIQ.
Liste des bureaux non-accessibles
Selon une compilation que nous a remise l’organisme, une soixantaine de bureaux de vote ne seraient pas accessibles aux personnes handicapées au Québec, dont plus d’une dizaine à Montréal.
C’est ainsi que, dans Hochelaga, en plus de l’école Saint-Émile, les églises Sainte-Jeanne-d’Arc (2351, rue De Chambly) et Très-Saint-Rédempteur (1550, rue Joliette), de même que la polyvalente Eulalie-Durocher, ne seraient pas accessibles à tous pour aller exercer leur droit de vote le 4 septembre.
Toujours selon le RAPLIQ, ce même problème de non-accessibilité se retrouve également dans les circonscriptions de:
-Rosemont, (écoles Saint-Jean-de-la-Lande, 5050, 9e avenue; école Sainte-Bibiane, 5755, 13e Avenue)
-Gouin (école Saint-Marc, 6365, 1ere Avenue)
-Bourget (école Armand-Lavergne, 2600, rue Fletcher; salle paroissiale Saint-Victor, 2515, avenue Hector)
-Laurier-Dorion (église Notre-Dame-du-Rosaire, 950, rue du Rosaire)
-Saint-Henri-Saint-Anne (école Notre-Dame-Porte-de-l’Aurore, 1465, rue De Sève)
-Viau (école J.-François-Perrault, 7450C, rue François-Perrault; école Saint-Barthélémy, 7081, avenue des Érables et 7400, rue Sagard)
-D’Arcy-Mc-Gee (école internationale de Montréal, 5010, avenue Coolbrook).
-Autre problème rapporté : les travaux à l’école Louis-Riel, située au coin de l’avenue de Carignan et du boulevard Rosemont, entravent le stationnement à ce lieu de votation.
Une membre du RAPLIQ, Laurence Parent, mentionne que « la situation est grave et inacceptable. On tente de minimiser notre droit de vote. Nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone. Il faut que ça change et on invite les gens à appeler le DGE pour se plaindre. »
Du côté du DGE, ont laisse entendre que « 99 % de nos locaux sont adéquats et accessibles », tout en admettant que « oui, il se peut que l’accessibilité ne soit pas partout (à tous les bureaux de vote) actuellement ».
« On prévoit des installations temporaires pour certains de ces endroit lors de la journée du 4 septembre. En général, tous les bureaux seront accessibles. C’est d’ailleurs un des critères de sélection de ces lieux de votation », souligne Caroline Paquin, agente d’information auprès du DGE.
Manque de formation?
Au DGE, on rappelle également que des efforts ont été fait en cette période électorale pour faciliter la votation de tous les électeurs, peu importe leur handicap.
« Sur les bulletins, on a grossit les caractères utilisés et le rond de vote pour les rendre plus accessibles, visuellement. On a également ajouté la photo des candidats. Les gens qui ont des problèmes visuels peuvent également utiliser un gabarit pour les aider à mettre leur « X » au bon endroit; ceux qui ont des problèmes auditifs, au service d’une personne spécialisées dans le langage des signes. On veut faciliter la vie à un maximum de gens qui viendront voter. »
Mme Paquin ajoute ne pas « avoir eu vent d’incident lors du vote par anticipation » qui s’est déroulé les 26 et 27 août.
Pourtant, Diane Bouthillier, directrice générale du RAAMM et non-voyante, dit qu’elle a dû elle-même, lors de son passage, « enseigner aux responsables du bureau de vote la procédure pour les personnes aveugles qui veulent voter. Ils ne savent pas quoi faire. Ils n’ont pas la formation requise pour nous aider à exercer notre droit de vote. On a des membres qui ont eu des problèmes un peu partout. »